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Liban

Des bâtiments datant du mandat menacés par un promoteur à la rue Abdel Wahab el-Inglizi

Beyrouth

Ghattas Khoury a émis un nouveau décret accordant au propriétaire foncier, un homme d’affaires irakien, le permis de démolir un complexe de trois immeubles.

May MAKAREM | OLJ
01/06/2018

En juillet dernier, devant le Premier ministre Saad Hariri et une pléthore de responsables, dont des députés, des ambassadeurs, des directeurs généraux et des responsables d’associations, le ministre de la Culture Ghattas Khoury a tenu une conférence de presse au Grand Sérail, au cours de laquelle il a annoncé un plan quinquennal pour la culture dans toutes ses composantes. Ce jour-là, il avait réclamé au gouvernement une enveloppe de 180 millions de dollars pour financer une politique de préservation et de mise en valeur de l’héritage historique.
Quelques mois plus tard, un projet de loi relatif à la sauvegarde des biens-fonds immobiliers à caractère patrimonial est adopté en Conseil des ministres. Le texte donne la prérogative au ministère de la Culture de décider, au cas par cas, quels sont les édifices qui revêtent une importance architecturale, et sont par conséquent interdits de démolition.
Depuis, le ministre Khoury s’est particulièrement battu pour la réhabilitation du théâtre Piccadilly, « symbole de l’âge d’or culturel de Beyrouth ». C’est bien.


(Lire aussi : Beyrouth, au fil des destructions et relookings)


Cependant, le triomphe du patrimoine ne semble pas aller plus loin… Puisque M. Khoury ignore ou feint d’ignorer que les rues Monnot et Abdel Wahab el-Inglizi, à Achrafieh, sont parmi les plus représentatives de la catégorie des tissus urbains continus, dont l’intégrité urbaine est à protéger. Et qu’à l’angle de ces deux rues, face au restaurant l’Entrecôte, le lot 1231 a été placé sur la liste des bâtiments à préserver par l’ancien ministre de la Culture Rony Araïji (décret n°116/2016). M. Khoury a émis un nouveau décret abolissant le premier, accordant ainsi au propriétaire foncier, un homme d’affaires irakien, le permis de démolir un complexe de trois immeubles. Connus sous le nom de bloc Dergham, deux datent du mandat français et le troisième remonte à plus loin dans le temps. Selon certaines sources, les architectes commissionnés par le ministre Khoury considèrent que ces constructions ne présentent aucun intérêt architectural et leurs fondations branlantes constituent un danger public.
 « L’ayant vu récemment, il me semble que ce bâtiment est en parfaite santé », ironise le vice-président de Save Beirut Heritage, Antoine Atallah, ajoutant que le décret Araïji s’est appuyé sur des critères sérieux pour inscrire le lot sur la liste du patrimoine. « Allez voir qui a fait la contre-expertise. »
En attendant, on a vu hier les ouvriers s’atteler au « curage » de l’intérieur d’un des édifices. Quelle serait la prochaine étape ? Balafrer encore ce secteur pour faire place à une architecture en majorité ennuyeuse et au délire peu créatif, avec comme point d’orgue « Sama Beyrouth », qui témoigne de ce gigantisme cher à certains promoteurs ?


Pour mémoire

Non, le patrimoine historique n'est pas à vendre !

Le World Monument Watch à la rescousse de Dalieh et du palais Hneiné, à Beyrouth

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Irene Said

Quand les plus hauts responsables de notre pays n'hésitent pas à vendre la nationalité libanaise au plus offrant...comment s'étonner que quelques "vieilles pierres historiques" ne présentent aucune valeur à leurs yeux aveuglés par les lumières du "dieu dollar" ?
Irène Saïd

gaby sioufi

notez bien ,le serieux de cette affaire :
je cite mr atallah : ""L’ayant vu récemment, il me semble que ce bâtiment est en parfaite santé », ironise le vice-président de Save Beirut Heritage, Antoine Atallah,""
EN IRONISANT aussi ........

Wlek Sanferlou

on amène 360 naturalisés et expédi hors du pays les libanais, et hors de la ville ses bijoux rachitecturaux pour qu'elle deviennent un Supermarché Carrefour de tours et de grattes ciel qui ne grattent et liment que nos mémoires pour les vider de beaux souvenirs de cette ville millénaires transformées en légo absurde...

akh ya baladna... ou plutôt Ya baldoun???...

Antoine Sabbagha

L'argent fait tout on ne respecte aucune loi et la nouvelle loi des loyers en est l'exemple .

Saliba Nouhad

Quand on connaît le cheminement du Ministre Khoury, de chirurgien peu renommé à la présidence de l’ordre des Médecins, au scandale financier du Beit al Tabib il y a plus de vingt ans vite camouflé et qui lui avait ouvert la porte de la dynastie Hariri, se retrouvant des dons de conseiller politique bien plus rentable que la carrière médicale ayant culminé dans son poste ministériel de la culture....
On comprend donc les petites enfreintes aux promesses de préservation de l’héritage historique lorsqu’un richissime homme d’affaires Irakien présente un projet immobilier bien juteux: il a plein pouvoirs de renverser les décrets de son prédécesseur en prétextant des causes bidon..
On se pose toujours la question: « à qui profite le crime? »
Mais au fond, d’ici quelques mois, on oubliera toute cette histoire, et vogue la galère!
On n’en est plus à un scandale près.

Lourdelle Bernard

quel gachis ces destructions !!! que restera-t-il à nos jeunes du beau patrimoine libanais datant du mandat ? auront-ils recours aux archives ? encore faut-il qu'elles soient sauvegardées !! pouvons-nous garder un petit espoir ? de toute façon que pouvons-nous faire face aux financiers et aux promoteurs? ce n'est que l'argent qui mène tout .... le Liban que j'aime tant, ressemblera à toutes ces nouvelles cités "identiques" avec leurs tours etc .... "L'ennui naquit de l'uniformité" ...

Stes David

En termes d'esthetique je trouve ce batiment Dergham beaucoup plus joli que la tour Sama Beirut ... et probablement c'est mieux vivre aussi en termes de fonctionalité dans l'immeuble Dergham ... on ne peut qu'éspèrer que les architectes modernes vont construire un beau bâtiment nouveau s'ils vont démolir l'ancien immeuble.

Le Faucon Pèlerin

Etabli en France depuis 1975, j'ai effectué plus de 150 voyages au Liban. Depuis cette date, je n'ai jamais voulu visiter le centre de Beyrouth afin de garder dans ma mémoire le Beyrouth où j'ai vécu heureux comme tous les Libanais de mon âge. J'ai travaillé 4 ans (1948-1951) à Souk-Sursock, côté "Automatique' puis 23 ans (1951-1974) à l'avenue des Français côté "Ahwet-el-Hamara). Depuis, je ne les avais jamais revus.
Lorsque je lis la destruction de ou tel morceau du patrimoine architectural démoli, me coeur s'emballe de regret.

George Khoury

il a du empocher une belle somme

gaby sioufi

je souhaiterais voir quelqu'un , une partie quelconque soulever l'affaire d'un crime BCP + grave :
la BETISE CRIMINELLE qu'ont la municipalite de Bey et tt autre departement concerne a donner des permis de construire dans des quartiers d'anciennes constructions , a batir des immeubles de tt genre etages eleves, superficie variee EN GARDANT telles quelles les ruelles a peine assez larges pour permettre le passage d'une seule voiture avec pr consequence un quartier de tours ou seules les bicyclettes pourraient encore vehiculer.
l'aveuglement dans leur devoir et/ou leur capacite a gerer ????
je dirais les 2 a la fois .



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