X

Liban

Le patriarche Raï préside une « rencontre de civilisations » à Issy-les-Moulineaux

Communautés

Messe patriarcale dans une église désaffectée acquise et dédicacée à nouveau par le diocèse maronite de France.

31/05/2018

C’est sous le signe des deux dimensions de l’amour et de la vérité que le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a célébré l’eucharistie, mardi soir, à Issy-les-Moulineaux, où l’Église maronite possède depuis peu une ancienne et belle église désaffectée, qui avait été transformée en salle polyvalente de fortune, avant d’être rachetée et dédiée à nouveau au Saint-Sauveur. Toute la démarche est symbolique des rapports qu’entretient l’Église maronite avec l’Occident, et en particulier avec la « douce France ».

Pour la première visite officielle du patriarche maronite à la France du président Emmanuel Macron, la nef, en chantier de rénovation, a fait le plein de fidèles : beaucoup de familles maronites installées là depuis la moitié du XXe siècle, mais aussi quelques familles franco-libanaises passées par le Moyen-Orient. À toutes ces familles, la liturgie maronite est familière, même si la langue arabe est passée d’usage pour les enfants de la deuxième ou troisième génération. Sur l’écran, la liturgie est projetée dans les deux langues.

La nouvelle paroisse s’est formée sous l’impulsion du nouvel évêque de France, Mgr Maroun Nasser Gemayel, en place depuis cinq ans, et sous la poussée de la nouvelle vague d’émigration des trente dernières années.


(Lire aussi : Raï rencontre à Paris Rugy et Larcher)


Sous l’action conjuguée de ces deux impulsions, un « printemps maronite » a commencé à bourgeonner en France, dont les deux projets phares sont l’église du Saint-Sauveur et l’implantation d’une communauté maronite près de Lourdes. L’église du Saint-Sauveur est le centre d’une vaste initiative qui doit culminer par la création d’un établissement scolaire trilingue, de la douzième à la terminale, sous la direction du collège Notre-Dame de Jamhour – un sondage est aujourd’hui en cours pour aider ses promoteurs à mieux cibler le projet. 

Le second projet, aussi ambitieux sinon plus, consiste dans la rénovation d’une ancienne abbaye, le domaine de Saint-Pé-de-Bigorre, à quinze minutes de Lourdes. Acquis par le diocèse maronite de France, le domaine, qui comprend non moins de trois chapelles classées, doit servir, d’ici à une dizaine d’années, de maison de retraite, de lieu de camp et de centre d’accueil des pèlerins de Lourdes et du chemin de Compostelle… Implantation maronite dans les Pyrénées, ce domaine devrait servir aussi de séminaire de formation religieuse et de centre monastique vivant des produits de la terre. Ainsi, tout comme il y aura un second Jamhour à Issy-les-Moulineaux, il devrait y avoir un second Annaya dans le sud-ouest de la France.

Une messe hebdomadaire est désormais assurée dans l’église du Saint-Sauveur, à la périphérie de Paris. Elle est célébrée le samedi soir par un prêtre lazariste libanais, le père Fady Bassil, qui assure également un certain nombre de messes, ainsi que des temps de confession et d’écoute, à la chapelle de la Médaille miraculeuse, rue de Bac.

Au-delà des faits, la transaction d’appropriation de l’église du Saint-Sauveur est à l’image de la rencontre de civilisations ardemment souhaitée par Jean-Paul II, dans son encyclique « Lumière d’Orient », entre les Églises d’Occident et d’Orient, deux mondes ecclésiaux jadis distants, pour des raisons historiques, mais poussés aujourd’hui à unir leurs forces, pour redécouvrir ensemble leur passé et leur avenir.


Lire aussi

Raï sceptique au sujet des chances d’une formation rapide du gouvernement

Raï hier à l’Élysée, moment fort de la visite patriarcale à Paris

Pour mémoire

Loi syrienne d'expropriation : le Liban inquiet de l'impact sur les réfugiés

Raï : Un gouvernement au plus vite pour faire face aux défis

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Pezé Emmanuel

Je travaille à Issy les Moulineaux où les gens de la commune parlent beaucoup, et avec satisfaction, de la remise en service de l'église du Saint Sauveur. Nous sommes fiers de nos compatriotes d'origine libanaise et de la communauté maronite des Hauts de Seine, fort active!

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué