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Formation du gouvernement : Hariri en tournée chez ses prédécesseurs

Liban

Le PSP reproche à Arslane la façon dont il entend entrer au Conseil des ministres.

OLJ
25/05/2018

Le Premier ministre sortant, Saad Hariri, désigné jeudi par le président Michel Aoun pour former le prochain gouvernement, a entamé vendredi la tournée traditionnelle des anciens Premiers ministres.

"Nous voulons un gouvernement d'entente nationale", a réaffirmé M. Hariri à l'issue de son entretien avec l'ancien chef du gouvernement Sélim Hoss. "La situation internationale va accélérer sa formation en raison de l'existence d'une entente nationale sur ce sujet", a-t-il ajouté. M. Hariri débutera lundi ses consultations parlementaires au siège du Parlement.

Par ailleurs, il a déclaré que les Forces libanaises, qui réclament une part plus importante au sein du futur gouvernement, constituent "une valeur ajoutée". Selon plusieurs observateurs, les FL réclament quatre portefeuilles dont un régalien. M. Hariri a également déclaré qu'il n'avait aucune divergence avec le ministre sortant de l'Intérieur, Nouhad Machnouk.

M. Hariri s'est ensuite entretenu avec Najib Mikati. "Nous nous sommes accordés sur le fait que nous devions oeuvrer pour bâtir un Liban fort", a-t-il déclaré. "Il faut rebattre les cartes s'agissant de la répartition communautaire des portefeuilles ministériels car l'intérêt du Liban, c'est la véritable coexistence", a-t-il ajouté.

Saad Hariri s'est également entretenu avec Fouad Siniora. "Fouad Siniora sera toujours à mes côtés", a affirmé M. Hariri à l'issue de cet entretien. M. Siniora est membre du Courant du Futur dirigé par M. Hariri.

"La rencontre avec M. Siniora a été axée sur le volet économique car il est essentiel, et les réformes se feront dans l'intérêt des Libanais", a ajouté M. Hariri. Evoquant le cas du Hezbollah, dont plusieurs responsables font l'objet de sanctions internationales, notamment américaines, le Premier ministre désigné a dit : "Il serait sage de ne pas nommer des personnes à des ministères alors qu'elles font l'objet d'accusations, et il faut aborder cette question d'un point de vue légal, et non selon une optique de défiance. Le Hezbollah ne m'a pas fait part de noms de personnes qu'il souhaiterait intégrer au gouvernement et qui font l'objet de sanctions internationales". 

Pour sa part, Fouad Siniora a fait savoir que la rencontre était "comme d'habitude fraternelle". "J'ai souhaité bonne chance à M. Hariri dans la formation du prochain gouvernement, et je suis confiant que tous les dossiers importants aux yeux des Libanais lui tiennent à coeur".

Saad Hariri s'est ensuite rendu chez l'ex-Premier ministre Tammam Salam. Il a également évoqué devant lui les sanctions internationales contre des responsables du Hezbollah. "Je ne promets rien à personne. Et ce n'est pas la première fois que des sanctions sont imposées", a dit M. Hariri sans plus d'explication. 

"Il y a beaucoup de défis auxquels doit faire face le pays, notamment des défis économiques et régionaux. L'étape à venir est délicate, et nous devons former un gouvernement sans plus tarder", a insisté Saad Hariri.

Tammam Salam a pour sa part souligné que "nous devons bientôt faire face à un grand chantier, et j'appelle tout le monde à se libérer de tout ce qui peut entraver la formation du nouveau gouvernement".

Le Premier ministre désigné a été nommé jeudi par 111 des 128 députés : 107 l'ont nommément désigné, alors que quatre députés prosyriens (trois députés du bloc du PSNS et Abderrahim Mrad) n'ont pas révélé le nom de leur candidat. Dix-sept députés n'ont nommé personne (les députés affiliés au Hezbollah et les parlementaires Jihad Samad, Jamil el-Sayyed, Oussama Saad et Paula Yaacoubian).


(Lire aussi : Trois nœuds pour la formation du gouvernement, mais des tractations rapides, le décryptage de Scarlett HADDAD)


Polémique PSP/Arslane
Les principaux pôles du pouvoir ont exprimé leur intention de former rapidement un gouvernement d'union nationale élargi. Mais Saad Hariri est appelé à surmonter plusieurs obstacles, dont la représentation druze au sein du gouvernement.

Dans la journée, un responsable du Parti socialiste progressiste du leader druze Walid Joumblatt et un proche de l'émir druze Talal Arslane ont échangé des accusations alors que ce dernier revendique son entrée au gouvernement.

"La route menant au Conseil des ministres ne passe pas par la formation d'un bloc parlementaire hybride", a écrit sur son compte Twiiter Rami Rayess, responsable de l'information au sein du PSP, en référence au bloc "La garantie de la Montagne", composé de M. Arslane, César Abi Khalil, Mario Aoun et Farid Boustani, les quatre députés élus dans le Chouf-Aley dans le cadre de l'alliance entre le Courant patriotique libre et M. Arslane.

Le responsable médias au sein du Parti démocratique libanais, dirigé par M. Arslane, Jad Haïdar, a défendu dans un communiqué la pertinence de ce bloc. "Notre bloc est la résultante d'un accord politique illustrant réellement le partenariat de la Montagne", indique ce texte, dénonçant les mensonges du PSP.


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Sarkis Serge Tateossian

Bon courage et plein de réussites au prochain gouvernement.

Antoine Sabbagha

Bonne chance pour notre premier ministre Hariri en espérant voir un gouvernement d 'union nationale .

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