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Mort d'un bébé à Gaza : l'armée israélienne conteste la version palestinienne

AFP
18/05/2018

L'armée israélienne a contesté vendredi que les gaz lacrymogènes tirés par ses soldats lors de violences sanglantes cette semaine dans la bande de Gaza aient causé la mort d'un bébé palestinien, comme l'ont affirmé le ministère gazaoui de la Santé et sa famille.

L'armée se fonde sur les informations d'un médecin palestinien qui connaissait l'enfant et sa famille et selon lequel le bébé souffrait d'un problème cardiaque, a dit un porte-parole, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. Il n'a pas précisé l'identité du médecin, ses liens avec la famille, ni les conditions dans lesquelles l'armée avait recueilli son témoignage.

Le ministère de la Santé à Gaza, interrogé vendredi, a maintenu que la fille de huit mois était morte à cause des gaz lacrymogènes, tout en ajoutant attendre les résultats du rapport du médecin légiste pour savoir si elle souffrait déjà d'une maladie.

La mort de Leïla al-Ghandour, annoncée mardi, a suscité un vif émoi. Lundi, 59 Palestiniens ont été tués lors de protestations à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, la plupart par les tirs de soldats israéliens.

Selon le ministère gazaoui, le bébé, qui a été enterré mardi, a succombé après avoir inhalé des gaz tirés par les soldats israéliens. Sa famille accuse l'armée de "l'avoir tuée", sans évoquer les circonstances dans lesquelles un enfant de cet âge s'est retrouvé au coeur des violences.

Le lieutenant-colonel Conricus a dénoncé un "nouvel exemple de fabrication" de la part du Hamas, le mouvement islamiste qui gouverne la bande de Gaza et auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008. "Nous avons des informations indiquant que le bébé souffrait d'un problème cardiaque et que c'était très probablement ce qui avait causé sa mort", a-t-il dit à l'AFP, ajoutant que ces informations provenaient d'un médecin palestinien anonyme.

Le porte-parole militaire n'a pas précisé comment le médecin pouvait affirmer que c'était bien ce problème cardiaque qui avait provoqué la mort de l'enfant, et non les gaz. "Nous n'avons pas de preuve supplémentaire. Le corps de ce pauvre bébé est à Gaza (...) il n'y a pas moyen d'être sûr". "Nous avons conclu que le bébé était mort à cause des gaz israéliens", a répété vendredi Achraf al-Qodra, porte-parole du ministère gazaoui de la Santé. "Est-ce qu'elle souffrait d'un autre mal? Nous attendons la fin du rapport du médecin légiste, qui pourrait arriver dimanche", a-t-il dit à l'AFP.

Un porte-parole du ministère de la Justice à Gaza a indiqué qu'une enquête était en cours comme pour n'importe quelle autre personne tuée.

L'armée israélienne a été confrontée à une vague de condamnations et d'appels à une enquête indépendante après les violences de lundi. Elle accuse le Hamas de s'être servi de la mobilisation palestinienne pour couvrir des tentatives d'attaques contre Israël, et d'avoir délibérément mis en danger la vie de femmes et d'enfants. Selon la famille de Leïla al-Ghandour, sa mère âgée de 17 ans avait laissé le bébé à un de ses frères parce qu'elle avait rendez-vous chez le dentiste, et c'est l'un de ces frères qui a emmené le nourrisson pour rejoindre d'autres membres de la famille à la frontière, où se déroulaient les heurts et où ils ont été pris sous les tirs de lacrymogènes.

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