X

Économie

La location du Fatmagül Sultan et du Orhan Bey prolongée d’un an

Électricité
P. H. B. | OLJ
17/05/2018

Le gouvernement sortant réuni hier en Conseil des ministres a décidé de prolonger pour un an les contrats de location des deux navires-centrales qu’Électricité du Liban (EDL) loue depuis 2013 à la société Karadeniz : le Fatmagül Sultan, branché sur la centrale de Zouk, et le Orhan Bey, posté à Jiyeh, pour une capacité totale de 370 mégawatts et une facture de plusieurs centaines de millions de dollars par an. Les ministres n’ont révélé aucun détail précis concernant les modalités de cette prolongation.

Les contrats liant le fournisseur d’électricité à l’opérateur turc avaient été initialement conclus pour une période totale de cinq ans, dont trois ans obligatoires et deux supplémentaires en cas de besoin. Cette dernière option a été exercée en juillet 2016, reportant l’échéance du contrat à septembre 2018. 

Le 26 avril dernier – à environ dix jours des législatives du 6 mai –, le même gouvernement avait refusé de prolonger le contrat de location de ces navires-centrales en même temps qu’il avait enterré le projet de location de barges supplémentaires. Cette solution faisait partie de celles prévues par le plan de sauvetage du secteur de l’électricité élaboré par le ministre de l’Énergie et de l’Eau, César Abi Khalil, très inspiré du plan préparé en 2010 par un de ses prédécesseurs, l’actuel ministre des Affaires étrangères et des Émigrés, Gebran Bassil. Si la location de nouvelles barges avait été approuvée par l’exécutif au premier trimestre 2017, sa mise en œuvre avait finalement été abandonnée à l’issue d’une année marquée par les polémiques au sujet de l’appel d’offres lancé pour attribuer ce marché public. Plusieurs sources avaient notamment soutenu, entre autre griefs, que le cahier des charges rédigé par le ministère de l’Énergie favorisait la candidature de Karadeniz.


(Lire aussi : L’avant-dernier Conseil des ministres adopte une série de décisions et vante ses propres réalisations)



Énergie éolienne
Outre la question des barges, le Conseil des ministres a également approuvé plusieurs articles figurant sur les contrats d’achat d’énergie éolienne liant depuis le début de l’année l’État à Hawa Akkar SAL, Lebanon Wind Power SAL et Sustainable Akkar. Ces trois consortiums ont été sélectionnés à l’issue d’un appel d’offres lancé début 2017 par le ministère de l’Énergie pour la construction de parcs éoliens dans le Akkar à l’horizon 2021, pour une capacité totale de 200 MW et une enveloppe de 350 millions de dollars.

« Les points validés et éventuellement amendés par le Conseil des ministres concernent des clauses importantes qui ne peuvent pas être approuvées par le seul ministre de l’Énergie », a expliqué à L’Orient-Le Jour le président du Centre libanais pour la conservation de l’énergie (LCEC), Pierrer Khoury. « Les points les plus importants concernent le partage de la responsabilité entre l’État et les investisseurs en cas de force majeure et la détermination de la juridiction compétente en cas de litige, qui sera donc la Cour d’arbitrage internationale de Londres », poursuit-il. « Il n’y a pas eu en revanche, à ma connaissance, de modification concernant les tarifs auxquels EDL va acheter l’électricité à ces trois consortiums quand ils commenceront la production », précise encore M. Khoury. Le prix fixé au moment de la signature du contrat était de 0,1 dollar par kWh pendant 20 ans, selon le LCEC.


(Pour mémoire : Réforme du secteur de l’électricité : que proposent les partis politiques libanais ?)



Hydrocarbures
Toujours dans le secteur de l’électricité, le Conseil des ministres a approuvé les amendements apportés par le ministère de l’Énergie – suite à certaines remarques – au cahier des charges pour attribuer le projet d'importation de plateformes de stockage et de regazification (FSRU) de gaz naturel liquéfié, une autre proposition du plan d’urgence du ministère de l’Énergie approuvé en 2017. Ces unités, que le gouvernement veut installer à Selaata, Zahrani et Deir Ammar, doivent en principe être reliées aux centrales les plus proches via des gazoducs, pour une enveloppe totale de 199 millions de dollars. Le Conseil des ministres avait approuvé le lancement de l’appel d’offres pour attribuer ce marché en octobre dernier.

Enfin, les ministres ont passé en revue les préparatifs du ministère de l’Énergie en vue du lancement du second round d’attribution des licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore, annoncé en avril par M. Abi Khalil lors de la quatrième édition du Lebanon International Oil & Gas Summit. Le ministre avait alors affirmé que la date du lancement de ce second round serait fixée par le nouveau gouvernement.

Le Liban a signé en février dernier ses deux premiers contrats d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore avec le consortium Total-ENI-Novatek pour deux blocs (n° 4 et 9) de sa zone économique exclusive. Les plans d’exploration pour chacun des deux blocs mis en jeu ont déjà a été soumis à l’Autorité de l’énergie (LPA, rattachée au ministère de l’Énergie). Ces plans couvrent la première phase d’exploration, soit la période 2018-2020.


Lire aussi
La location de navires-centrales définitivement enterrée ?

Hydrocarbures offshore : le Liban prépare un 2e round

Hydrocarbures offshore libanais : les dés sont jetés


À la une

Retour à la page "Économie"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FALLAIT PAS PROLONGER CE LOUAGE DES BARGES FERRAILLES CAR C,EST DE L,ARGENT JETE PAR LA FENETRE !

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué