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Économie

Hydrocarbures offshore libanais : les dés sont jetés

Énergie

Le consortium mené par le géant français Total prépare un plan d’exploration des blocs 4 et 9 de la Zone économique exclusive libanaise.

12/02/2018

C’est fait. Après des années de contretemps et de blocages, le Liban a enfin enclenché la phase d’exploration de sa Zone économique exclusive (ZEE) qui doit permettre de confirmer – ou non – la présence d’hydrocarbures au large de ses côtes. Le gouvernement a confié cette mission à un consortium mené par le géant français Total et composé de l’Italien ENI et du russe Novatek, qui ont remporté courant 2017 l’appel d’offres lancé la même année par l’Autorité de l’énergie (LPA), rattachée au ministère de l’Énergie et de l’Eau.
Complétées le 29 janvier, les licences d’exploration et d’exploitation ont été officiellement remises aux représentants des trois sociétés vendredi, lors d’une cérémonie somptuaire – et sous haute sécurité – organisée au BIEL (Beyrouth) en présence de la quasi-totalité de la classe politique libanaise. « Nous avons réalisé un grand rêve et le Liban est entré dans l’histoire aujourd’hui. C’est le début d’une nouvelle étape et le mérite en revient aux Libanais », a clamé le président de la République, Michel Aoun, à l’issue de la cérémonie.
Un enthousiasme partagé par le directeur de Total pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Stéphane Michel, qui s’est exprimé lors d’un panel organisé pendant la cérémonie avec les représentants des deux autres sociétés et de la LPA. « Je suis fier de mener ce consortium, qui a la chance d’être le premier a explorer les eaux libanaises, et j’espère que dans dix ans, lorsque nous regarderons le passé, nous pourrons nous dire : c’est ici et maintenant que tout a commencé », a notamment déclaré M. Michel.

« Choix du cœur »
Pour Total, qui détient 40 % des parts du consortium – soit autant qu’ENI, les 20 % restants revenant à Novatek –, l’attribution de ces licences est l’occasion « d’optimiser son portefeuille de production d’énergie » et de renforcer sa présence dans l’Est méditerranéen, où le groupe est déjà implanté avec ENI – notamment à Chypre et en Égypte. M. Michel a en outre assuré que son positionnement sur le dossier des hydrocarbures offshore libanais était également un « choix du cœur » pour Total, qui est établi au Liban depuis 1951 et gère actuellement un important réseau de distribution de carburants. Enfin, s’il est encore trop tôt pour mesurer la réalité du potentiel libanais, le responsable de Total a affiché un optimisme décomplexé. « Je suis déterminé à mener à bien cette exploration avec le meilleur de notre technologie, de notre savoir-faire, aujourd’hui pour l’exploration et demain la production », a-t-il indiqué.
Il reste que l’attribution des licences n’est que la première étape. « Le consortium va maintenant préparer un premier plan d’exploration qui sera soumis dans deux mois et contiendra tous les détails concernant ses activités (dans ce cadre) sur les trois prochaines années », a révélé vendredi le président de l’Autorité de l’énergie (LPA), Walid Nasr. Selon lui, ce plan doit inclure la listes des préparatifs – études géologiques, organisation logistique, etc. – pour la construction de deux puits de forage sur les deux blocs concernés, soit le bloc 4 au centre de la Zone économique exclusive (ZEE) libanaise et le bloc 9, situé au Sud.

« Tout ce qu’ils ont besoin de savoir »
Si les opérations d’exploration du bloc 4 sont d’ores et déjà programmées pour 2019, celles du bloc 9, qui sont au cœur de tensions entre le Liban et son voisin israélien, n’ont pas encore de calendrier fixé. Interrogé sur ce point vendredi, M. Michel s’est contenté d’insister sur le fait que le consortium voulait avancer « vite » maintenant que les contrats sont signés. La LPA est, pour sa part, déjà en train de se projeter sur l’exploration du reste de la ZEE. Selon M. Nasr, l’autorité va préparer, en 2018, le terrain pour l’ouverture d’un second round d’attribution de licences d’exploration et d’exploitation – sans plus de précisions sur les prochains blocs mis en jeu.
S’il a estimé qu’il était trop tôt pour évoquer les retombées sur l’économie libanaise du lancement du processus ou de communiquer de chiffres précis sur les investissements qui seraient réalisés par le consortium à court et moyen terme, le président de la LPA a en revanche assuré que les Libanais sauront « tout ce qu’ils ont besoin de savoir. »
La transparence est d’ailleurs un des enjeux majeurs du lancement de la phase d’exploration, selon l’Initiative libanaise pour le pétrole et le gaz (LOGI) ou encore l’ONG libanaise Kulluna irada, issue de la société civile et qui milite pour une réforme du système politique libanais. Dans une vidéo diffusée sur la toile la semaine dernière, les deux organisations ont ainsi souhaité alerter l’opinion publique sur la nécessité de mettre en place une stratégie nationale pour gérer le secteur pétrolier et y garantir la transparence.





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