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Culture

Huguette Caland 1964, les années AUB...

Expositions

À la galerie Janine Rubeiz, une dizaine d’huiles des débuts de l’artiste dans la peinture.

17/04/2018

Les premiers coups de pinceau en maître incontesté d’Huguette Caland sont exposés à la galerie Janine Rubeiz. Avec une scénographie particulière, signée Karim Begdache, élégante et adaptée aux tableaux empruntés à la famille, des œuvres propices à la rêverie et qui se marient à la lumière des lieux, au roulis de la mer à proximité… Sur de grands blocs en bois, couleur grège et bois de rose, de petits rectangles sont fixés où sont apposées les toiles, sans cadre, dans leur nudité absolue. Mise en scène qualifiée de flottante et dépourvue de tout maquillage (toiles sans cadre sauf pour deux arrivées ainsi parées), pour mieux donner une valeur à chaque œuvre, à chaque couleur.

Des toiles qui datent des années 1964, années de l’AUB. Mais aussi qui marquent la mort du père, le président Béchara el-Khoury, et la liberté de frayer avec une vie nouvelle à travers les études à l’Université américaine. Envol pour une carrière où la création a tous les rênes du pouvoir. En travaillant des œuvres abstraites et géométriques, en sondant, explorant et expérimentant les couleurs, en cernant des portraits aux chairs et aux traits captés dans un instant de fugace immobilité…

Cette exposition, même compacte et ramassée dans le nombre restreint des œuvres sur les cimaises, scelle le désir de s’élancer dans l’univers de ceux qui redessinent et réinventent un paysage, un corps, une ligne, une mode, un design. Avec un imperceptible grain de poésie où les couleurs ont des transparences singulières, où le tracé est au cordeau pourtant avec la main, ferme et déterminée, pour unique guide. « Un voyage atypique », écrit sa fille Brigitte Caland.

Dans cette petite ronde aux toiles pour la plupart sans titre, on croise le premier nu de femme. Celui de Maryam que tout apprenti du pinceau a croqué… Maryam recroquevillée sur elle-même ou assise pensive devant une table au plateau rond agrémenté d’un pot de plante. Mais bien plus aussi. Tel ce surprenant monochrome vert, d’un vert vibrant et tendre, mystérieusement nommé Kaslik, mais à la connotation si évidente! À noter par ailleurs la beauté de ce pan de scène (mais est-ce une scène, un rideau de scène ou autre chose ?) dominé par un esprit pop art d’une espiègle jovialité. Le tout sous l’éclat d’un jaune entre fleur de soufre et moutarde, à la sourde phosphorescence. Ou alors comment saisir ou percevoir cet entrelacs de roseaux, de filaments grossis à la loupe où des points s’imbriquent vertigineusement, amoureusement ? Ça a l’air de rien et pourtant, il y a là, en toute douce subtilité, un embranchement, un entrecroisement, une fusion, un secret bien lisse et dense.

Avec cette maîtrise des traits, des lignes et des couleurs, cette exposition d’Huguette Caland, à travers le jet d’un embryon créatif, révèle toute la force tranquille qui allait surgir, mugir et, telle une lame de fond, séduire le public. Un regard et un pinceau précurseurs.

Avis aux amis, collectionneurs et amateurs d’art : un appel est lancé pour un catalogue raisonné des œuvres d’Huguette Caland. Pour un inventaire, le plus complet possible ainsi que toutes les références concernant l’artiste de par le monde.

Galerie Janine Rubeiz
Raouché, jusqu’au 10 mai 2018.


Pour mémoire 
Record pour Huguette Caland chez Christie's

Ces femmes qui se racontent, et se rejoignent, en peinture...



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