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Lifestyle - La Mode

Hussein Bazaza, ou la mode vue par un enfant du siècle

Son logo est formé de symboles chimiques. Hussein Bazaza a un côté savant fou. Il se sert du vêtement pour créer des chimères. Depuis la fondation de sa marque éponyme en 2011, il s’applique à créer une mode « qui a de l’âme ». Lili, sa collection automne-hiver 2018, est un nouvel épisode du récit fantastique qu’il déroule depuis ses débuts.

Né en 1990, Hussein Bazaza fait partie de cette catégorie « cerveau droit » qui pense en images et en couleurs. Artiste touche à tout, tantôt photographe, tantôt illustrateur, il se décide à canaliser ses énergies créatives dans la mode en s’inscrivant à Esmod Beyrouth où il obtient sa licence en confection et patron en 2011. Cette année-là, son parcours est couronné par le Prix de stylisme de l’académie. Il est aussitôt pris en stage par Rabih Kayrouz puis engagé chez Élie Saab en qualité de junior designer. Preuve que ces deux fées marraines des créateurs libanais ne font jamais défaut quand il s’agit d’encourager un nouveau talent. Parallèlement à ces débuts, fidèle à son école, Bazaza revient y enseigner le patron aux nouveaux étudiants. Mais c’est surtout la fondation Starch de Rabih Kayrouz et Tala Hajjar qui, en le prenant sous son aile, lui offre l’opportunité de créer, en 2012, sa première collection prêt-à-porter. Dès lors, il enchaîne les prix. Prix Elle style du meilleur créateur émergent du Moyen-Orient 2013, à l’issue d’un vote à l’unanimité de 44 rédacteurs en chef Elle du monde entier. En octobre 2014, il est choisi par IWC Schaffhausen pour présenter sa collection 2015 à Dubaï. En avril 2015, il est une fois de plus Meilleur créateur émergent aux Middle East Fashion Awards. Toujours en 2015, il fait partie des lauréats de « Whose Next ? » Dubaï, sélectionné par Vogue Italia. Au printemps 2016, il lance une collection capsule sur Farfetch.com, ayant remporté le premier prix de Style.com Arabia DDFC.

La mémoire infectée
Ce premier de classe, artiste émergent préféré des grandes institutions médiatiques de la planète mode, a enfin fini d’émerger. Mercredi dernier, 28 mars, Hussein Bazaza présentait à Concrete 1994 Sin el-Fil une collection hivernale à la fois très mûre et tout à fait en cohérence avec le style qui est le sien depuis ses débuts. Narrateur né, il lui faut une histoire pour irriguer son inspiration. Pour Lili, il s’agira du récit d’une panne, d’un passage à vide au bout duquel surgira la verve attendue. Ainsi, Lili est un virus informatique qui a contaminé la mémoire humaine et en a effacé tout souvenir et toute émotion. Les premiers modèles de la collection sont monochromes, déclinés dans des tonalités neutres et froides. Les noirs, les bruns, les blancs et gris montrent l’effet létal de Lili sur le moral du créateur. Ils sont soulignés par un cœur pixellisé, noir et glacé, fil rouge de cette ligne imaginée par un styliste féru d’illustration. Le cœur prendra, d’un modèle à l’autre, une forme plus soutenue annonçant la guérison de l’artiste et la disparition de la maladie. Le retour de la santé mentale, de la motivation et de l’énergie créative s’annoncera en couleurs vives, en coupes géométriques et en associations improbables de textures diverses : mousseline de taffetas et de dentelle, tulle, mais aussi laine, raphia et cuir. D’abord le bleu électrique, couleur de l’éveil, puis cohue de tonalités métallisées, signe du retour des émotions et des souvenirs. Les coupes se font plus féminines, plus romantiques. La palette s’enrichit à mesure que la collection imite une éclosion subite, et les détails abondent au même rythme : fermetures à glissière, ceintures élastiques, bandeaux, broderies complexes, imprimés et plumes. Les broderies et perles, en floutant les lignes, en produisant des effets de brume, traduisent tour à tour la fièvre de l’infection et le retour à la vie. La collection s’accompagne d’accessoires assortis, bottes blanches ou de couleurs vives, métallisées ou saturées, sacs surdimensionnés. Pour le minimalisme, il faudra repasser. Mais Lili est indéniablement une collection intéressante qui annonce l’entrée de Bazaza dans la cour des grands.



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Pour mémoire
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