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Nos lecteurs ont la parole - Par Salim F. Dahdah

Que la mère patrie protège ses enfants des vicissitudes de leurs politiques...

Le pays du Cèdre traverse une des périodes les plus minées et les plus délicates de son existence. Malgré la stabilité apparente et une sécurité relativement bien contrôlée, le Liban surfe sur une mer agitée et tumultueuse, le peuple est lâché à lui-même sur une scène nationale cahotante et chaotique. La fièvre des actes de gouvernance ballotte entre des replâtrages institutionnels faits « à la va-vite », une justice écornée par les exigences de la politique politicienne et une campagne électorale ubuesque, désordonnée et contradictoire, porteuse en son sein des germes d’une « potentielle guerre civile ».
La future Assemblée nationale, malgré l’apparition de nouveaux partis issus d’une société civile révoltée, écœurée et candidate à un changement radical de la scène politique actuelle, précédés en cela par le parti phalangiste et quelques vétérans indépendants, a peu de chances de changer en profondeur. Elle sera, selon toute probabilité, composée de députés aux identités politiques éparses (hors le binôme chiite), une véritable « arche de Noé » où alliés et adversaires risquent demain de se confronter sans projets nationaux consistants et constructifs.
Cet état des lieux pourrait par ailleurs permettre au Hezbollah, s’il obtient une marge suffisante aux élections, d’institutionnaliser ses desseins et ses objectifs régionaux au sein de la République, et de changer ainsi fondamentalement les bases structurelles et historiques de l’entité libanaise ! Dès aujourd’hui donc, et malgré les désaccords et les dissensions qui foisonnent dans le camp souverainiste, et à l’occasion de la formation définitive des listes électorales, toutes ces formations confondues doivent prendre conscience du danger de laisser le binôme chiite remporter les élections à l’échelle nationale, et ce :
– En arrêtant tout d’abord de jouer avec le feu et d’entretenir entre eux la politique du bord du précipice.
– En arrêtant de mentir au peuple libanais sur la façon de traiter les dossiers en suspens de la vie quotidienne et de continuer à pactiser avec le parti de Dieu qui, structurellement, représente le non-respect de la souveraineté nationale et défend exclusivement les objectifs stratégiques et spécifiques d’une puissance étrangère, ignorant sciemment et avec arrogance les intérêts élémentaires des citoyens et les décisions de l’État de droit et des institutions. Ce dernier, drapé en effet des couleurs libanaises, n’a en fait d’autre but que de former des listes d’hommes et de femmes, qui promettent et signent, une fois élus, de faire allégeance exclusive à un axe étranger et de servir principalement ses intérêts propres !
– En lançant une campagne médiatique nationale de soutien à toutes les forces et les partis nationaux souverainistes, quelles que soient d’ailleurs les orientations politiques individuelles de chacun, et de refus à tous ceux qui donnent la priorité de leurs engagements à des forces étrangères.
– En exigeant de chaque individu ou formation politique candidat aux élections de présenter des programmes (clairs et quantifiés), qu’il s’engage à appliquer durant son mandat parlementaire.
Mais une fois l’échéance électorale du 6 mai prochain passée, comment appréhender l’avenir du pays du Cèdre et l’action du régime et des nouveaux représentants de la nation… ?
– En s’engageant à donner au président de la République et au nouveau gouvernement qui suivra l’élection de la nouvelle chambre parlementaire le droit de procéder par ordonnances durant une période limitée, pour statuer sur un programme d’État et sur différents sujets permettant de réformer en profondeur son panorama civil et militaire, dont, à titre d’exemples :
* L’instauration d’un statut d’État civil en lieu et place de celui de l’État confessionnel actuellement existant, avec sa mise en application progressive et étalée dans le temps.
* L’élection au sein de l’Assemblée nationale sur une base civile et non confessionnelle.
* La création d’un Sénat dont les membres seront par contre élus sur base confessionnelle.
* L’instauration de l’indépendance totale de la justice vis-à-vis de la politique (le ministre n’ayant plus aucun rôle dans les recrutements, mutations et mises à la retraire des magistrats…).
* La réforme et la modernisation des objectifs, structures et procédures de la fonction publique et son accès sur des bases strictement académiques non confessionnelles (hormis, dans un premier temps, les fonctionnaires de première catégorie) et l’adaptation du Conseil de la fonction publique en fonction de ses nouveaux objectifs.
* Le renforcement des attributions et de l’indépendance de tous les organismes de contrôle dans tous les secteurs confondus et leur rattachement structurel, de façon exclusive, à un département spécialement conçu et créé au sein du ministère de la Justice.
* La création, au sein du ministère de Justice, d’un organisme spécifique, « le Conseil supérieur de transparence et de lutte contre la corruption », composé de magistrats spécialisés (civils, administratifs, commerciaux et financiers) chargés de juger des cas de corruption, autant dans le secteur public que privé. Participeront à cet organisme des magistrats du Conseil d’État, de la Cour des comptes, du tribunal administratif, de la brigade financière et éventuellement des présidents de commissions parlementaires (selon les cas).
* L’adoption du projet de décentralisation administrative déjà étudié en commission parlementaire.
* La création d’un médiateur de la République.
* La réforme et la modernisation du Conseil de la Sécurité sociale (dont l’informatisation de tout le système et de tous les dossiers des citoyens assurés).
* L’instauration d’un « Service civique annuel obligatoire », de dix jours, applicable à tous les citoyens sur tout le territoire libanais, et ce à partir de l’âge de quinze ans jusqu’à trente ans.
* Le choix de la stratégie de défense de la République.
* La création d’un ministère des Réfugiés et des Déplacés et l’adoption d’une politique nationale claire, indépendante et souveraine.
* La création d’une caisse spéciale (dont la vie sera limitée dans le temps) exclusivement pour la gestion du montant de la dette publique due à la guerre. Le montant en question sera traité hors du budget annuel de l’État, selon un calendrier spécifique, et ce jusqu’à son extinction définitive. Cette responsabilité sera assumée, sous la présidence du Premier ministre, par le gouverneur de la BDL, le DG du ministère des Finances, les présidents des commissions parlementaires des Finances, de l’Administration et de la Justice.
* La mise en application d’un nouveau plan de contrôle fiscal pour les sociétés et les individus.
* La préparation d’un statut de « Neutralité permanente du Liban ».
En espérant que ce projet de programme aura offert une vision de changement et de développement, et des solutions à des problématiques restées longtemps en suspens, et qu’il permettra éventuellement au président de la République de « démarrer » son régime, comme il se l’était promis après les élections, au lendemain de son accession à la première magistrature de l’État, en essayant de réparer toutes les « vicissitudes » qu’entachent depuis longtemps les politiques, dans leur gestion du service public et des intérêts des citoyens.
Le pays du Cèdre traverse une des périodes les plus minées et les plus délicates de son existence. Malgré la stabilité apparente et une sécurité relativement bien contrôlée, le Liban surfe sur une mer agitée et tumultueuse, le peuple est lâché à lui-même sur une scène nationale cahotante et chaotique. La fièvre des actes de gouvernance ballotte entre des replâtrages institutionnels faits « à la va-vite », une justice écornée par les exigences de la politique politicienne et une campagne électorale ubuesque, désordonnée et contradictoire, porteuse en son sein des germes d’une « potentielle guerre civile ». La future Assemblée nationale, malgré l’apparition de nouveaux partis issus d’une société civile révoltée, écœurée et candidate à un changement radical de la scène...
commentaires (5)

FAUT-IL AUSSI QUE LES ENFANTS PARE LA PATRIE PAR LEURS VOIX DE GENS CAPABLES POUR LA DIRIGER ET LA TENIR DEBOUT SUR SES PIEDS ET NON D,HERITIERS ET DE DESIGNÉS PAR DES PUISSANCES REGIONALES ET AUTRES D,INCAPABLES ET D,IGNORANTS !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

11 h 42, le 28 mars 2018

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Commentaires (5)

  • FAUT-IL AUSSI QUE LES ENFANTS PARE LA PATRIE PAR LEURS VOIX DE GENS CAPABLES POUR LA DIRIGER ET LA TENIR DEBOUT SUR SES PIEDS ET NON D,HERITIERS ET DE DESIGNÉS PAR DES PUISSANCES REGIONALES ET AUTRES D,INCAPABLES ET D,IGNORANTS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 42, le 28 mars 2018

  • Ah...si un ou deux, seulement, de nos "responsables" avaient cette vision de notre pays, le Liban ! Merci, Monsieur Salim F. Dahdah pour cet article, il nous redonne un peu d'espoir, Irène Saïd

    Irene Said

    18 h 03, le 26 mars 2018

  • article merveilleux.Merci. L'etat libanais a failli envers ses citoyens. maintenant le citoyen lui retourne la monnaie de sa piece. Le mot citoyen n'a pas d'equivalent en arabe.On dit "patriote" L'equivalent d'une culture deficiente. Car les mots trahissent la pensee. Il faudrait tout d'abord refaire le citoyen.

    SATURNE

    15 h 29, le 26 mars 2018

  • CONTRAIREMENT A LA FAMILLE OU LES PARENTS FONT LES ENFANTS... LES ENFANTS FONT LA MERE PATRIE LAQUELLE SANS EUX ET LEUR SOLIDARITE N,EXISTE PAS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 44, le 26 mars 2018

  • Platon n’aurait pas imaginé une République meilleure, la Cité idéale quoi. Il n’est pas interdit de rêver !

    Emile Antonios

    02 h 23, le 26 mars 2018

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