Spécial Orientation professionnelle / Édition 3

L’Université libanaise, reflet du pluralisme du pays

Photo DR

27/03/2018

L’Université libanaise (UL) est la seule institution universitaire publique du Liban. C’est sans doute l’établissement d’études supérieures qui reflète le mieux l’histoire tourmentée du Liban ainsi que le caractère pluraliste de la société libanaise. Sa création en 1951, soit peu de temps après l’indépendance de 1943, résultait d’une forte mobilisation étudiante et politique soutenue par le président Béchara el-Khoury dans le but de doter le pays d’une université nationale qui ne soit pas liée à des missions étrangères. Alors nommée « École normale supérieure » (ENS), elle s’est transformée en 1953 pour devenir l’Université libanaise, et l’ENS est devenue la faculté de pédagogie. L’éclatement du pays en 1975 mène à l’éclatement de l’UL, qui s’est vu contrainte d’ouvrir des branches régionales, notamment dans les régions est, afin de tenir compte de la situation des étudiants qui ne pouvaient pas franchir les lignes de front séparant Beyrouth en deux.
« Nous sommes fiers de cette forte décentralisation, souligne HodaMoukannas, chargée de communication à l’UL. Ces branches, à l’origine temporaires, se sont implantées dans les régions pour satisfaire un réel besoin de développement, pour que tout ne soit pas concentré à Beyrouth. » Les douze branches actuelles permettent ainsi aux étudiants de tout le pays d’intégrer une grande variété de facultés, alors que la plupart des autres universités sont généralement plutôt beyrouthines, malgré l’existence de quelques campus délocalisés.
Près de 67 ans après sa création, l’UL reste fidèle à sa tradition d’ouverture. En témoignent sa quasi-gratuité (les frais de scolarité ne dépassent jamais les 200 dollars pour la licence), la grande diversité parmi ses 75 000 étudiants (la moitié du nombre d’étudiants dans tout le pays) et le vaste choix de cursus proposés par ses 17 facultés.
Qui dit démocratisation ne dit pas forcément perte de qualité, affirme Hoda Moukannas : « En 67 ans, l’UL a réussi à booster sa réputation », souligne-t-elle. En témoigne la longue liste de ses anciens devenus des célébrités, tels que l’ancien président Michel Sleiman, le journaliste Marcel Ghanem ou encore Omar Karamé, ancien Premier ministre. Le secret? « Nos professeurs sont presque tous doctorants ou professionnels», explique Mme Moukannas.
Contrairement à l’opinion négative souvent portée à l’égard du secteur public, l’UL revendique une amélioration constante de son niveau académique. Rien qu’en 2018, neuf nouveaux cursus résolument orientés vers l’avenir seront proposés (voir encadré). C’est notamment la seule université au Liban à proposer une formation de vétérinaire ou un laboratoire de criminologie. L’UL envisage de créer des campus dans les régions du Akkar, de Baalbeck-Hermel, du Kesrouan-Ftouh et de Jbeil. L’université prévoit également la construction de foyers estudiantins sur plusieurs de ses campus et la création d’un hôpital universitaire à Hadeth. Et avec non moins de 200 partenariats avec des établissements à l’étranger, l’UL n’a pas à rougir sur ce plan face à ses  concurrentes privées.

Conditions d’admission

Pour être admis dans une faculté, il suffit d’être en possession du baccalauréat général ou de son équivalence. Pour une école doctorale, le baccalauréat général ou son équivalence, ainsi que les diplômes universitaires adéquats avec les résultats obtenus sont nécessaires. Un concours est requis pour être admis dans certaines facultés. Les frais d’inscription par an sont de 250 000LL en licence et de 750 000LL pour le master et le doctorat.

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