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Économie

La croissance a été timide en 2017, déplore Bank Audi

Rapport

Bank Audi fait état d’un ralentissement de la hausse des dépôts bancaires, lié notamment à la crise de novembre dernier, mais reste relativement optimiste pour 2018.

08/02/2018

Alors qu’elle s’annonçait sous de meilleurs auspices suite au déblocage de la situation politique locale attendu après l’élection fin 2016 de Michel Aoun à la présidence de la République, l’année 2017 a finalement été marquée par une « amélioration timide » de la croissance.
Tel est le constat dressé par le département de recherche de Bank Audi, dans son dernier rapport trimestriel sur l’économie libanaise publié hier, et qui estime que la croissance du PIB réel devrait être inférieure aux 2,5 % anticipés par la Banque du Liban (BDL). Déjà en août, Bank Audi avait constaté que la reprise attendue n’avait pas eu lieu, avant d’identifier certains motifs d’espoir au troisième trimestre, comme la baisse du déficit public qui a atteint près de 2,5 milliards de dollars fin octobre 2017 selon le ministère des Finances – un niveau qu’il a atteint en août lors de l’exercice précédent. Des espoirs qui ont finalement été douchés par la crise politique et diplomatique de novembre 2017 qui a suivi la démission avortée du Premier ministre Saad Hariri depuis Riyad et dans des circonstances qui ont fait débat.

« Effets néfastes »
Bank Audi juge en effet que cette crise a eu des « effets néfastes » sur l’activité économique, malgré « un impact de courte durée ».
Parmi les conséquences immédiates de la crise, le rapport cite notamment la mise en attente de certains investissements ou encore l’impact sur le tourisme, suite à la décision de plusieurs États du Conseil de coopération du Golfe (dont l’Arabie saoudite et le Koweït) d’appeler leurs ressortissants à éviter le Liban dans le sillage de la démission de M. Hariri. Il reste que les conséquences de ces décisions prises en fin d’année ont été limitées sur l’activité touristique : le nombre de visiteurs a en effet progressé de 10 % en 2017 à près de 1,9 million de passagers, avec une forte hausse du nombre de Koweïtiens (+59,4 %) et de Saoudiens (+59,1 %). Ces deux nationalités figurent toujours parmi celles qui dépensent le plus au Liban, selon le dernier rapport de Global Blue sur les dépenses détaxées des touristes en 2017.

L’impact de la crise politique a été en revanche plus prononcé au niveau monétaire avec un total de dépôts en livres libanaises équivalent à 2,9 milliards de dollars convertis en novembre, soit 5 % de la masse monétaire de la monnaie nationale, poursuit le rapport. Un choc « plus modéré » que ceux de 2005 et 2006 qui ont respectivement suivi l’assassinat de Rafic Hariri et l’invasion israélienne, où le taux de conversion avait atteint 30 %. Bank Audi ajoute également que les opérations conversions et les sorties de capitaux se sont arrêtées dès la fin de la crise, les déposants ayant été « encouragés » – par la hausse des taux d’intérêts pratiqués par les banques – à conserver leurs dépôts, voire à rapatrier leurs fonds.

Cela n’a toutefois pas empêché le ralentissement de la croissance des dépôts bancaires qui ont « progressé de 6,2 milliards de dollars en 2017 », soit +3,8 % en un an, contre 7,2 % en 2016. Une tendance liée par un recul des dépôts en livres pour un montant équivalent de 2,8 milliards de dollars qui a été en partie compensée par une hausse de 9 milliards de ceux effectués en dollars. Ainsi, le taux de dollarisation des dépôts est passé de 68,7 % à fin 2017 à 65,8 % un an plus tôt. Enfin, l’activité bancaire a continué de croître, les actifs des banques commerciales augmentant de 7,6 % (soit 15,5 milliards de dollars) contre près de +10 % en 2016. Bank Audi note par ailleurs que les avoirs en devises de la BDL ont relativement été épargnés par la crise de novembre et ont progressé de 1,3 milliard de dollars en 2017, pour atteindre 42 milliards de dollars, après un pic record à plus de 44 milliards en cours d’année, notamment suite aux opérations financières exceptionnelles menées par la Banque centrale à partir de juin dernier.


(Pour mémoire : Moody’s anticipe près de 3 % de croissance au Liban en 2018)


Conférence du Cèdre
Le rapport note en outre que la crise de novembre a également pénalisé l’activité de la Bourse de Beyrouth (BSE) qui a chuté de 8 % en un an. Il met aussi en avant la pression qui s’est exercée pendant cette période sur la situation financière du pays en faisant bondir en novembre les prix des Crédit Default Swap (CDS, contrats qui permettent de se couvrir contre le risque de défaut de l’État libanais) et qui a fait dévisser les prix des obligations d’État en devises.

Enfin, si l’économie a finalement été marquée par des performances globalement contrastées en 2017, Bank Audi reste toutefois relativement optimiste pour 2018, anticipant une croissance de 3 % sur cet exercice, soit autant que les estimations de Moody’s mais plus que les 2,2 % de la Banque mondiale, toutes deux publiées en janvier. Le rapport estime que ce niveau pourrait être atteint avec une hausse de respectivement 24 % et 10 % de l’investissement public et privé par rapport à 2017, en cas de lancement du nouveau programme d’investissement que l’État prépare en vue de la Conférence du Cèdre en avril. Bank Audi mise également sur une hausse de la consommation (+ 4 % sur l’année) ou des exportations (+12 %) « en cas de réouverture » des voies d’exportations terrestres vers les pays du Golfe.


Pour mémoire

La croissance libanaise à 1,5 % en 2017, selon IDAL

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Wlek Sanferlou

Non mais c'est du charabia! La croissance actuelle dépasse facilement les 100%,
Croissance des déclarations farfelues, croissance des espoirs détruits, croissance de vitesse arrière vers un passé connu mais indesirable, etc...
Esperanza disait la chanson?!

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