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Attentat de la rue Copernic: non-lieu en faveur du Libano-Canadien Hassan Diab qui va être libéré

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Les magistrats ont estimé que les charges n'étaient "pas suffisamment probantes" et "se heurtaient à trop d'éléments à décharge".

OLJ/AFP
12/01/2018

Y aura-t-il un jour un procès sur l'attentat de la rue Copernic le 3 octobre 1980 à Paris? Les juges d'instruction ont rendu un non-lieu en faveur de l'unique suspect, le Libano-Canadien Hassan Diab, qui va être libéré.

Près de 40 ans après cet attentat à la bombe devant une synagogue, le premier à frapper mortellement la communauté juive en France depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, les magistrats ont estimé que les charges n'étaient "pas suffisamment probantes" et "se heurtaient à trop d'éléments à décharge", a appris vendredi l'AFP de source proche du dossier.

Conséquence de ce non-lieu, ils ordonnent la "mise en liberté immédiate" de cet ancien professeur de sociologie à l'université d'Ottawa, 64 ans, qui a passé plus de trois ans en détention provisoire en France depuis son extradition du Canada en novembre 2014.

Le parquet de Paris va faire appel de cette décision, a-t-on appris de source judiciaire, mais cet appel n'est pas suspensif et ne remet donc pas en cause à ce stade la remise en liberté de M. Diab.

"Cette décision dans une affaire de terrorisme d'une extrême gravité est exceptionnelle. Elle consacre la rigueur et l'indépendance des juges d'instruction face à toutes les pressions", ont souligné ses avocats William Bourdon, Apolline Cagnat et Amélie Lefebvre.

Dans leur ordonnance signée vendredi, les magistrats mettent en lumière "un certain nombre d'éléments (..) qui permettent d'estimer qu'Hassan Diab se trouvait vraisemblablement au Liban pendant cette période" et ne pouvait donc ni avoir confectionné ni posé l'engin explosif, caché sur une moto.

La découverte d'un passeport à son nom avec des tampons d'entrée et de sortie d'Espagne d'où serait parti le commando était l'un des principaux éléments à charge à son encontre. Selon les tampons sur ce document, Diab aurait été en Europe du 20 septembre au 7 octobre 1980. Mais depuis un certain nombre d'éléments, notamment le témoignage de son ex-épouse, ont montré le contraire.
Ce dernier a d'ailleurs toujours assuré qu'il était à Beyrouth au moment des faits pour passer ses examens à la faculté. "Les documents de l'université libanaise" et "les témoignages de plusieurs étudiants" ont corroboré sa version, soulignent les juges.

Autre élément à décharge pour les magistrats, "l'absence d'empreintes digitales" de l'ancien professeur parmi toutes celles retrouvées sur différentes pièces qui ont pu être manipulées par le ou les auteurs de l'attentat.

Bataille judiciaire
L'enquête avait attribué cet attentat, non revendiqué, au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), groupe né d'une scission du FPLP, et les renseignements français avaient identifié Hassan Diab en 1999.

Depuis plusieurs mois, son cas est au cœur d'une bataille judiciaire entre le parquet et les juges.
Ces derniers, faisant déjà part de leurs doutes quant à sa présence en France à l'époque, avaient demandé à plusieurs reprises sa remise en liberté, avec assignation à résidence et port d'un bracelet électronique. Mais à chaque fois le ministère public avait fait appel et la cour d'appel avait décidé de prolonger sa détention.

Le 29 novembre, le parquet de Paris avait requis son renvoi devant la cour d'assises spéciale de Paris, seule habilitée à juger les crimes terroristes. Il s'appuyait notamment sur des notes des renseignements, des expertises graphologiques et la ressemblance de Diab avec des portraits-robots réalisés à l'époque, estimant que les "éléments à charge et à décharge" devaient être débattus lors d'un procès.

Les juges d'instruction se montrent particulièrement critiques quant à la fiabilité des renseignements fournis par les services français et israéliens. Il sont "très riches (mais) fourmillent de contradictions et d'inexactitudes", observent-ils. Quant aux portraits-robots, un autre suspect, qui lui n'a jamais été poursuivi, leur "ressemble au moins autant, sinon plus".

Ce conflit entre le ministère public et les juges est loin d'avoir trouvé son épilogue, des parties civiles ayant annoncé à l'AFP qu'elles allaient faire appel de ce non-lieu.

 

 

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