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Campus

Quand des étudiants de l’USJ s’investissent au Akkar

INITIATIVE

Plus de deux cents étudiants de l'Université Saint-Joseph ont participé au projet éducatif « Partenariat et excellence », initié par l'Opération 7e jour de l'université, dans une région du Akkar.

30/12/2017

Le mercredi 13 décembre, au campus des sciences médicales de l'USJ, sous le patronage du directeur général du ministère de l'Éducation nationale, Fadi Yarak, une cérémonie de remerciement aux participants a clôturé le projet éducatif Partenariat et excellence. Lancé il y a un an par l'Opération 7e jour (O7), il vise les écoles publiques de la région d'Ayteh, au Akkar.

Comme son nom l'indique, ce projet fédérateur a requis un travail collaboratif et a engagé, au même titre, les directeurs des écoles publiques d'Ayteh, des ONG (Kunhadi et Oum el-Nour), le comité de pilotage de l'O7, les responsables des entités universitaires, ainsi que les bénévoles de l'université.

Deux cent cinquante volontaires de l'USJ se sont, en fait, mobilisés. Ils sont des employés et des enseignants, mais, pour la plupart, des étudiants issus de seize facultés, écoles et instituts, de tous les campus de l'université. « Il s'agit d'impliquer les étudiants dans les activités bénévoles et citoyennes, les sensibiliser à opérer un changement social », note Samar Chamoun, coordinatrice opérationnelle de l'O7.

Œuvrant dans le cadre de leur cellule, en coordination avec le comité de pilotage de l'O7, les étudiants ont participé au projet, chacun selon sa spécialisation, depuis la phase de préparation jusqu'à son application. Ils ont ainsi proposé des idées lors de l'élaboration du programme, puis se sont rendus dans les villages d'Ayteh, surplombant Kobeyyate. Ils y ont alors prodigué les activités prévues et mis leur expertise au service de la population locale ciblée. En somme, à travers le projet, ces jeunes ont touché mille bénéficiaires.

Une participation massive dans un projet d'envergure, dont l'objectif est de répondre aux différents besoins de cette région, tels qu'exprimés par ses habitants et recueillis par les coordinateurs de l'O7. Selon Samar Chamoun, cette région rurale défavorisée souffre de problèmes d'infrastructures, naturellement, mais également de problèmes sociaux, tels l'addiction, la violence, les accidents de route et l'absence des droits des femmes.

 

(Lire aussi : Les bénévoles de l’Opération 7e jour chaudement remerciés)

 

Trois groupes cibles
Pour confronter ces problèmes, l'O7 et ses jeunes bénévoles ont agi, dans le cadre des écoles publiques, sur trois groupes cibles. Il s'agit des enseignantes, des parents (des groupes de femmes essentiellement), ainsi que des élèves, en majorité du secondaire.

« Les enseignantes ont constitué une cible principale. Nous avons souhaité travailler sur l'autonomisation des femmes et la problématique du genre dans les écoles », note Samar Chamoun. Effectuant un master recherche en sciences de l'éducation, Georges Élias a intervenu dans leur formation. « Le sujet de la formation a constitué la thématique de mon projet de recherche à la faculté. J'ai souhaité communiquer les outils de ma recherche aux enseignants de ces établissements scolaires, et les aider à améliorer leurs pratiques professionnelles ».

L'éducation positive est un autre thème qui a rassemblé les enseignantes, mais aussi les parents, autour de l'accompagnement des écoliers, le comportement face à l'échec scolaire et l'orientation professionnelle.

D'ailleurs, concernant les élèves, différentes thématiques leur ont été adressées. À titre d'exemple, des étudiants de l'École libanaise de formation sociale, en collaboration avec Oum el-Nour, ont mené une campagne de sensibilisation contre les substances toxiques et la dépendance auprès de 50 écoliers de l'école officielle secondaire de Mechmech. Jeux interactifs et expérimentations étaient au programme.

« Nous avons été positivement surpris par l'attitude des élèves et leur coopération. Ils étaient vraiment intéressés par les jeux et les informations », confie Riwa Baltagi, étudiante de 3e année en animation sociale.

En outre, des étudiants de l'Institut supérieur des sciences de l'assurance, en collaboration avec Kunhadi, ont organisé des séances de sensibilisation sur la sécurité routière, dans les écoles officielles de Fneydek et de Mechmech.

Quant aux étudiants du Centre professionnel de médiation, ils ont formé les délégués de l'école de Bebnine à être des médiateurs.

Les étudiants de l'Institut de physiothérapie ont abordé la problématique du poids des cartables, des maux de dos, ainsi que l'attitude et la gymnastique adaptées pour la prévention. 245 élèves en classe de 8e dans trois écoles d'Ayteh et leurs cadres scolaires ont assisté à la présentation interactive des étudiants.

 

(Pour mémoire : Les 10 ans de la célèbre « Opération 7e jour »)

 

Maturité
Pour Charbel Mansour, 4e année en physiothérapie, c'était une occasion « d'améliorer [sa] confiance en soi devant un public, rencontrer de nouvelles personnes, développer [ses] capacités et apprendre à mieux gérer les relations avec les autres ».

Une expérience hors du commun pour ces jeunes, à plus d'un niveau. « Nous avons découvert premièrement un village libanais, deuxièmement une population et des mœurs différentes des nôtres et finalement, cette expérience nous a fait grandir et gagner en maturité », affirme Riwa.

Au-delà des acquis personnels de l'expérience, le projet Partenariat et excellence a sensibilisé les étudiants à l'idée de l'engagement bénévole. « Cette expérience m'a permis de reconnaître l'importance de s'engager dans des activités sociales. Elle a développé chez moi le sens de l'engagement citoyen qui dépasse l'implication ponctuelle dans un projet, une activité ou une cause et s'inscrit dans une démarche d'engagement concrète au sein de la communauté », assure Georges.

Dans cette logique de volontariat, le projet éducatif au Akkar ne constitue qu'une partie des actions de l'O7 et des étudiants de l'USJ dans cette région. Des projets économiques et de santé sont, en effet, déjà entamés. « Si on souhaite atteindre l'idée du Liban dont on rêve, on doit commencer le changement à partir des services qu'on est en train d'effectuer, des liens qu'on tisse dans toutes les régions libanaises et des activités positives professionnelles et spécialisées », conclut Samar Chamoun.

 

 

Pour mémoire

Opération 7e jour : des étudiants actifs au service de la société

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