Après la création de taxes sur les cigarettes et les boissons gazeuses en juin, le royaume prévoit d’introduire début 2018 une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 5 %. Photo Reuters
Rare contraction du Produit intérieur brut (PIB) et poursuite des déficits budgétaires : les autorités saoudiennes ont confirmé lundi les difficultés économiques du royaume, toujours très dépendant du pétrole malgré des réformes visant à diversifier ses revenus. La première économie du monde arabe a toutefois prévu pour 2018 une politique de relance volontariste avec les dépenses les plus élevées de son histoire afin de stimuler la croissance, espérée à 2,7 % après la contraction de 0,5 % du PIB en 2017 annoncée lundi. Ce résultat négatif, le premier depuis 2009, est notamment la conséquence des mesures d'austérité prises par Riyad pour faire face au bas niveau des cours du pétrole, comme la réduction des subventions aux carburants et à l'énergie. Il s'inscrit aussi dans le contexte de l'accord de limitation de la production de pétrole, signé il y a un an entre le cartel des pays exportateurs (OPEP) et d'autres producteurs dans le but de stimuler les prix, selon les autorités. En 2017, le déficit budgétaire s'est creusé en outre plus que prévu : il a atteint 61,3 milliards de dollars, soit environ 8 milliards de plus que le montant prévisionnel.
(Pour mémoire : L'Arabie lève 1,87 milliard de dollars)
Dans ce contexte morose induit par des prix du pétrole encore loin d'avoir retrouvé leurs niveaux records de 2014, l'Arabie saoudite table pour 2018 sur un cinquième budget annuel en déficit (à 52 milliards de dollars). « Le budget en hausse (pour 2018) comprend un certain nombre de nouveaux projets de développement et environ la moitié de ce budget sera financée par des revenus non pétroliers », a assuré Mohammad ben Salmane, prince héritier et nouvel homme fort du royaume. Cette année, les revenus non pétroliers du pays ont augmenté de 38 %, pour atteindre 68 milliards de dollars. L'Arabie saoudite est engagée dans un effort de diversification de son économie, incarné par le plan Vision 2030 présenté en 2016 par Mohammad ben Salmane et qui a également une dimension de libéralisation de la société dans ce pays ultraconservateur. Le plan prévoit notamment l'introduction en Bourse de 5 % du géant pétrolier d'État Aramco, en 2018, et la création d'un fonds souverain de 2 000 milliards de dollars, le plus important du monde. Le tourisme est également un secteur dont l'Arabie saoudite entend tirer des revenus. Le prince Sultan ben Salmane ben Abdelaziz, en charge du tourisme dans le royaume, a déclaré que son pays allait délivrer des visas de tourisme à partir du premier trimestre 2018.
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