À droite, Mohammad al-Jadaan, ministre saoudien des Finances, lors d’une conférence de presse à Riyad, le 22 décembre 2016. Faisal al-Naser/Reuters
Le déficit budgétaire de l'Arabie saoudite a été réduit de 71 % au premier trimestre à 26 milliards de riyals (6,9 milliards de dollars), a annoncé hier le ministre saoudien des Finances dont le pays est engagé dans une politique d'austérité consécutive à la chute des cours du brut.
Les revenus ont atteint 144 milliards de riyals (38,4 milliards de dollars) alors que les dépenses ont plafonné à 170 millions de riyals (45,3 milliards de dollars), a précisé le ministre Mohammad al-Jadaan dans une conférence de presse. Les revenus dans leur ensemble ont progressé de 72 % par rapport à la même période de l'année dernière.
Les seuls revenus pétroliers ont atteint 112 milliards de riyals (29,9 milliards de dollars) au premier trimestre avec un taux de progression de 115 % grâce à la remontée des prix du baril. Les revenus non pétroliers ont totalisé au premier trimestre 32 milliards de riyals (8,5 milliards de dollars) avec une modeste progression (+1 %) par rapport à la même période de l'année écoulée.
« Ce sont des chiffres très encourageants », a commenté le ministre. « De manière générale, nous ne nous attendons pas à ce que les performances de ce trimestre se poursuivent aux deuxième, troisième et quatrième trimestres, mais nous nous attendons à ce qu'à la fin de l'année, le budget soit équilibré et reflète ce qui a été annoncé au début de l'année », a-t-il ajouté. L'Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au monde, projetait un déficit de 53 milliards de dollars pour l'année 2017.
C'est la première fois que l'Arabie saoudite annonce les chiffres du budget sur une base trimestrielle, signe d'une nouvelle politique de transparence.
Baisse des dépenses
Riyad a précisé avoir financé son déficit budgétaire au premier trimestre 2017 uniquement grâce à ses dépôts auprès de la banque centrale saoudienne. Depuis 2014, la chute des prix du pétrole, en provoquant la baisse des revenus pétroliers de l'Arabie saoudite, avait fait passer dans le rouge le budget du pays. Pour financer son déficit, le royaume devait ainsi vendre ses capitaux détenus à l'étranger.
Outre la hausse des revenus, notamment pétroliers, M. Jadaan a fait état d'une baisse des dépenses pour expliquer le recul du déficit du budget. Parmi les mesures d'austérité, les autorités ont gelé en septembre les salaires et limité les primes et les indemnités pour les fonctionnaires qui constituent l'essentiel de la main-d'œuvre. Mais face à une certaine grogne sociale en particulier chez les fonctionnaires, le roi Salmane a décidé le mois dernier de restaurer ces primes et ces bénéfices.
Le royaume s'est lancé l'année dernière dans un vaste programme de réformes économiques, appelé « Vision 2030 » et destiné essentiellement à atténuer la dépendance du pays au pétrole, dont il tire l'essentiel de ses revenus. Le programme vise à développer l'investissement dans les secteurs industriels, à aider les PME et à favoriser l'emploi des Saoudiens. Pour le financer, les autorités vont proposer en Bourse 5 % du géant pétrolier Aramco et emprunter sur le marché financier international.
En octobre, l'Arabie saoudite, qui empruntait pour la première fois sur le marché international, a facilement levé 17,5 milliards de dollars. Le royaume a annoncé le 13 avril avoir levé 9 milliards de dollars pour sa première émission d'obligations islamiques, ou « sukuks ».
Sources : agences


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