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Chez les Kurdes de Syrie, la peur d'être lâchés par Washington

Conflit

Avec un risque de désengagement, une offensive de la Turquie voisine est à craindre selon des analystes et des habitants kurdes.

OLJ/AFP/Delil Souleiman
14/12/2017

La guerre en Syrie leur a offert une semi-autonomie et la lutte contre les jihadistes les a transformés en enfant chéri des autorités américaines. Mais aujourd'hui, les Kurdes syriens sentent le vent tourner.

Washington a annoncé un futur "ajustement" du soutien aux forces kurdes après l'effondrement du groupe jihadiste Etat islamique (EI) et le rapatriement de 400 Marines déployés en Syrie.

Avec un risque de désengagement, une offensive de la Turquie voisine est à craindre selon des analystes et des habitants kurdes, la montée en puissance des Kurdes pendant le conflit ayant provoqué l'ire d'Ankara.

"Nous avons peur que les Etats-Unis nous lâchent après la fin des combats contre l'EI", confie à l'AFP Nada Abbas, professeure d'anglais de 30 ans dans la ville de Qamichli, grande ville à majorité kurde du nord-est syrien. "Ce sera un cadeau pour la Turquie car elle n'accepte pas que les Kurdes aient leur propre force; elle nous attaquera", craint-elle.

Estimés à 15% de la population syrienne, opprimés pendant des décennies sous le régime du clan Assad, les Kurdes ont profité de la guerre déclenchée en 2011 pour établir une autonomie de facto dans les territoires qu'ils contrôlent, dans le nord et le nord-est du pays.

En 2016, ils ont proclamé une "région fédérale" et organisent désormais des élections locales. Ils ont introduit la langue kurde longtemps bannie dans les écoles et ont créé leurs propres forces de sécurité et surtout leur propre milice, les Unités de protection du peuple kurde (YPG).

 

(Lire aussi : Les Kurdes annoncent la fin de leurs opérations anti-EI dans l’Est)

 

"Utilisés comme une carte"
Considérées comme un groupe "terroriste" par Ankara, les YPG ont pourtant été la colonne vertébrale de la lutte contre l'EI et pensaient avoir en Washington un partenaire indéfectible, alors que les Etats-Unis ont mis sur pied une coalition internationale antijihadistes.

"La menace de l'EI est toujours présente, l'EI n'est pas fini", martèle Nesrine Abdullah, porte-parole des Unités de protection de la Femme (YPJ), force kurde exclusivement féminine, se référant aux cellules dormantes et attaques sporadiques des jihadistes. "La Turquie est aussi une menace pour le peuple kurde", poursuit-elle. "Les forces de la coalition doivent rester pour garantir la sécurité et la stabilité", plaide la responsable. Mais, à présent, les jihadistes en déroute ne contrôlent plus que quelques portions du territoire syrien et la donne pourrait changer.

"Nous avons peur des Etats-Unis", affirme Rafee Ismaïl, vendeur ambulant d'accessoires à Qamichli.  "Depuis longtemps, ils nous utilisent comme carte entre leurs mains. Quand nous ne leur serons plus utiles, ils nous oublieront", estime cet homme âgé de 37 ans. Pour lui, "après ce qui s'est passé en Irak, nous nous sommes rendus compte que nous (les Kurdes) étions encore faibles".

Washington a dénoncé le référendum sur l'indépendance organisé le 25 septembre dans la région autonome du Kurdistan irakien. La consultation a été rejetée par le pouvoir central à Bagdad, dont les troupes se sont ensuite emparées des territoires disputés. "Les gens se jouent encore de nous. En Irak, il y a une constitution qui respecte les droits des Kurdes; en Syrie, nous n'avons rien de ces droits donc nous sommes doublement vulnérables", ajoute Rafee Ismaïl.

 

(Lire aussi : Washington rappelle 400 Marines de Syrie)

 

Protection russe?
En 2016, la Turquie a lancé une offensive en Syrie contre l'EI mais aussi les YPG. "La principale menace pour les Kurdes en Syrie, c'est la Turquie", confirme Nicholas Heras, expert du Center for a New American Security à Washington. Le président turc Recep Tayyip Erdogan "a été très clair à ce sujet, dès que les Américains ne seront plus là, il prévoit d'écraser les Kurdes de Syrie", avance-t-il.

Une perspective qui pourrait jeter les Kurdes dans les bras de la Russie, grand rival des Américains dans la guerre complexe qui ensanglante la Syrie. Moscou, un allié du régime syrien de Bachar el-Assad, a montré des signes de soutien à cette minorité, affirmant notamment que son aviation avait effectué des dizaines de missions de soutien aux milices kurdes dans la lutte anti-EI, notamment das l'est. "Les rapports entre les YPG et l'armée russe deviennent très spéciaux, souligne M. Heras. La Russie, c'est une assurance pour les Kurdes de Syrie si les Etats-Unis venaient à les abandonner." Dans la région kurde syrienne d'Afrine (nord), frontalière de la Turquie et où l'EI n'a aucune présence, les Kurdes ont bénéficié de formations militaires russes. "Pour une protection face à toute offensive ou occupation turque, Afrine peut compter uniquement sur les Russes, pas sur les Américains", conclut M. Heras.

 

 

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Sarkis Serge Tateossian

Permettez moi de rectifier au moins la grosse faute de français.
Oh que c'est drôle par moment en se relisant nos propres textes...(en mode réseaux sociaux ...lol)

(Sa diversion et son manque de sincérité est trop visible, n'oublions pas au nom de la solidarité musulmane la Turquie se présente devant les palestiniens et l'OCI, alors qu'elle est en train de massacrer dans une prison à ciel ouvert qu'elle a confectionné spécialement pour le peuple kurde, des kurdes, qui sont aussi des bons musulmans à ma connaissance)
De qui se moque-t-elle la Turquie ?

FAKHOURI

" Le plus bel exploit n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever après chaque chute. "

Confucius

Sarkis Serge Tateossian

Deux choses bien distincte dans le cas du peuple kurde.

1- La Turquie première concernée par le Kurdistan pèse de tout son poids pour détourner l'opinion publique mondiale (diversion)du massacre des kurdes chez elle, ce qui explique son intérêt soudain pour la cause palestinienne alors que jusqu'ici elle était liée par des pactes d'amitiés mais aussi militaires avec Israël.

(Sa diversion et son manque de sincérité est trop visible, n'oublions pas au nom de la solidarité musulmane la Turquie se présente devant les palestiniens et l'OCI, alors qu'elle est en train de massacrer dans une prison en plein ciel qu'elle a confectionné spécialement pour le peuple kurde, des kurdes, qui sont aussi des bons musulmans)
De qui se moque-t-elle la Turquie ?

2- L'Amérique d'une manière ou d'autre a le devoir moral mais aussi de point de vu d'intérêts stratégiques dans la région de favoriser rapidement l'émergence d'une patrie à ce peuple kurde, valeureux et méritant.

Les pays qui entourent le Kurdistan (l'Iran, L'Irak) ne doivent pas tomber dans le piège turc ...
Ils doivent faire jouer la solidarité "musulmane tant désirée par ces mêmes pays" pour aider ce peuple a se construire et affirmer son indépendance et sa dignité.

Y-t-il une hiérarchie des peuples parmi les musulmans ?

Alors ? que tous tendent la main à ce peuple kurde

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE RISQUE DE TOUTE ENTENTE NON GARANTIE !

PAUL TRONC

Normal ! c'est dans les habitudes de maison .

Voyez ce qu'ils ont fait des "opposants" syriens haram.

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