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Nasrallah : "La décision de Trump sur Jérusalem sera le début de la fin d'Israël"

Liban

Rassemblement monstre dans la banlieue sud de Beyrouth pour dénoncer la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.

 

11/12/2017

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé lundi que la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël "sera le début de la fin d'Israël", à l'occasion d'un rassemblement de dizaines de milliers de manifestants dans la banlieue-sud de Beyrouth.

Ces protestataires, brandissant des drapeaux libanais, palestiniens et aux couleurs du Hezbollah et du mouvement Amal et chantant des slogans contre Israël et les Etats-Unis, ont massivement répondu à l'appel lancé vendredi par le leader chiite en ce sens.

 

"Le monde entier a exprimé son refus"
Lors de ce rassemblement, le secrétaire général du Hezbollah a appelé les gouvernements musulmans et arabes à faire front commun face à la décision de Donald Trump. "Nous saluons les prises de positions des dirigeants du monde entier qui se sont élevés contre la décision" de M. Trump, a déclaré le leader du parti chiite dans une allocution télévisée retransmises via écran géant. "Les gouvernements musulmans et arabes doivent bâtir ensemble la riposte contre cette agression", a-t-il ajouté. "L'administration Trump, emplie d'arrogance, pensait que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël serait acceptée par le monde entier. Le monde entier a exprimé son refus. M. Trump s'est retrouvé tout seul avec l'entité israélienne", a-t-il encore affirmé.

Le chef du Hezbollah s'est ensuite adressé aux manifestants qui se sont mobilisés dans le monde entier contre la décision américaine."Nous vous saluons, vous, musulmans et chrétiens, qui résistez contre cette offensive américano-sioniste", a-t-il affirmé. "Nous défendrons le peuple palestinien, qui a consenti d'immenses sacrifices et qui résiste avec les pierres et l'épée, jusqu'à la victoire", a-t-il ajouté.

Hassan Nasrallah a également salué l'unité du Liban face à la décision du président américain. "Nous, au Liban, sommes extrêmement fiers de notre unité nationale sur la question de Jérusalem, la cause palestinienne et la décision de M. Trump", a déclaré le leader du parti chiite. "La décision du président américain à l'avantage de séparer le bon grain de l'ivraie, de faire apparaître qui sont les vrais défenseurs du peuple et de la cause palestinienne", a-t-il ajouté.

 

"Troisième Intifada"
Le leader chiite a, par ailleurs, de nouveau, appelé à une troisième intifada. "Il est temps pour tout le monde de reconnaître que l'Amérique ne peut plus être un parrain de la paix en Palestine et dans la région", a-t-il déclaré. "Les Etats-Unis sont les créateurs d'Israël, du terrorisme, de l'exil, de la sédition, de Daech et des organisations takfiristes (jihadistes)", a-t-il ajouté, appelant "les dirigeants palestiniens à arrêter les négociations de paix".

"La meilleure réponse à la décision de Trump est la proclamation d'une troisième Intifada", a-t-il lancé. "Il est temps d'isoler totalement l'entité israélienne, d'exercer des pressions populaires et politiques, et de rompre les liens avec Israël", a-t-il lancé, ajoutant que "les composantes de l'axe de la résistance doivent bâtir ensemble une stratégie commune".

"En toute confiance et clarté, je vous dis : La décision de Trump sera le début de la fin d'Israël", a-t-il lancé. "Lorsque nous vaincrons, les musulmans pourront prier dans la mosquée Al-Aqsa et les chrétiens pourront prier en l'église du Saint-Sépulcre", a-t-il ajouté, sous les vivats de la foule qui criait "Mort à Israël" et "Mort à l'Amérique".

 

"Nous avons peur de perdre la Palestine"
"Je suis rentré au Liban dès que j'ai appris la nouvelle", déclare Saïd, un Libanais originaire du Sud mais établi en Autriche présent à ce rassemblement, en faisant référence à la décision de Donald Trump. "Cette décision est très grave car, selon moi, elle ouvre la porte à l'élimination de la cause palestinienne", indique cet homme de 50 ans. "Je participe à cette manifestation parce que cette cause est importante pour tout l'islam. La mosquée Al-Aqsa (troisième lieu saint de l'islam, située dans la Vieille ville de Jérusalem, ndlr) est en danger", lance, de son côté, Ali, 21 ans, originaire de Jbeil.

"Nous avons peur de perdre la Palestine. Même si nous sommes des réfugiés au Liban, la Palestine est notre pays", déclare Nadine 34 ans, réfugiée palestinienne dans le camp de Chatila, à Beyrouth.

Oumayma Haïdar, mère de famille de 40 ans est venue manifester avec ses jeunes enfants. "Je viens ici parce que Jérusalem est la cause centrale, affirme-t-elle. J'ai peur que la décision de Trump marque le début d'une normalisation des relations avec Israël, et cela ne doit pas arriver"

 

(Lire aussi : Bassil aux ministres arabes des AE : Soit nous agissons maintenant, soit nous pouvons dire adieu à Jérusalem !)

 

De nouveaux rassemblements sont aussi attendus à Jérusalem et dans les Territoires palestiniens après quatre jours de confrontation avec les forces israéliennes qui ont coûté la vie à quatre Palestiniens et fait des centaines de blessés.

Plus tôt dans la journée, le président Michel Aoun a estimé que la décision du président américain était "une faute grave, sur laquelle il doit revenir". Le chef de l'Etat libanais a ensuite reçu à Baabda l'ambassadeur de Palestine au Liban, Achraf Dabbour, qui lui a remis un message de remerciement du président palestinien Mahmoud Abbas.

Dimanche, des centaines de personnes avaient manifesté près de l'ambassade des Etats-Unis à Aoukar. Une manifestation qui a dégénéré en heurts entre protestataires et forces de l'ordre, faisant plusieurs blessés.

Vendredi, les députés libanais avaient réaffirmé à l'unanimité au Parlement leur ferme opposition à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, alors que plusieurs rassemblements ont été organisés sur l'ensemble du territoire libanais.

En reconnaissant, le 6 décembre, Jérusalem comme la capitale d'Israël, une rupture avec des décennies de diplomatie américaine et internationale, M. Trump a déclenché des manifestations quotidiennes dans le monde musulman et de nombreux heurts dans les Territoires palestiniens, même si la mobilisation n'est pas encore aussi massive qu'on pouvait le penser.

 

 

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Irene Said

Monsieur Hassan Nasrallah,
nous comprenons votre colère après la décision de Trump concernant Jerusalem !
Pour nous aussi, Chrétiens, Jerusalem est une ville sacrée et personne n'aime Israël qui occupe la terre de Palestine et humilie son peuple.
Mais c'est avant tout le devoir des Palestiniens, responsables et peuple, de s'unir enfin pour libérer leur terre.
Monsieur Hassan Nasrallah,
responsable d'un parti de DIEU établi au Liban, nous Libanais de toutes confessions aimerions tant que vous cessiez de vouloir libérer d'autres pays et que vous commenciez enfin de vous soucier de vos propres frères-citoyens du Liban, surtout ceux vivant dans les régions que vous contrôlez.
Nous aimerions pouvoir être fiers d'un parti de DIEU qui promet de construire des écoles, des maisons salubres et qui fasse le nécessaire en tant que membre du gouvernement pour que tous aient un travail honorable leur permettant de faire vivre leurs familles.

Monsieur Hassan Nasrallah,
nous rêvons du jour où vos discours annonceraient la construction de belles écoles gratuites, d'infrastructures correctes dans la banlieue Sud de Beyrouth et au Sud-Liban et du travail pour tous...c'est à dire que du bonheur !
Irène Saïd

C.K

"Nous, au Liban, sommes extrêmement fiers de notre unité nationale sur la question de Jérusalem, la cause palestinienne et la décision de M. Trump" Looool!

Fredy Hakim

En 1993 en signant les accords d’Oslo
L’OLP d’Arafat renonçait à 80% de la
Palestine historique! On connaît la suite:
la colonisation des 20% s’est accélérée!
On compte aujourd’hui un demi million de colons
en Cisjordanie qui contrôlent la richesse hydraulique
de toute la zone! Après la mort d’Arafat c’est Mahmoud Abbas
Le plus modéré parmi les modérés qui tente en vain de négocier
une petite solution pas trop humiliante pour les palestiniens !
Résultat: zéro concession de la part des gouvernements
Israéliens successifs qui n’ont qu’un seul objectif: rendre impossible la création d’un état palestinien viable!

FAKHOURI

Comment peut il annoncer la fin d'Israel ?
On est toujours dans les fanfaronnades !!!!
Il va envoyer sa milice ?
Il va bombarder Israel ?
Il faut négocier avec Israel pour que Jerusalem soit neutre, uniquement dédiée aux confessions . Les deux pays (Palestine et Israel) ayant (chacun) leur propre capitale. Le problème , c'est BN et ses extrémistes
C'est à l'ineffable Trump d'imposer une solution pacifique et c'est possible sous l'autorité de l'ONU
HN ne peut rien faire même avec ses nombreux missiles. Exciter la foule, est loin d'être la solution. C'est braqué les USA et Israel.
Mais HN est-il capable de construire la paix ? De toute l'existence du Hezbollah , ce sont des guerres et des assassinats. Quand va t il arrêter cette poursuite aux conflits
Quand va-t-il contribuer à l'apaisement de la région ? Seul Téhéran peut répondre. Le Président libanais se mettra au garde à vous,
toujours, le petit doigt sur la couture du pantalon devant HN. Nous , libanais, on piétine sur place

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CONDAMNER LA DECLARATION DE TRUMP SUR JERUSALEM EST UNE CHOSE... DIVAGUER EN ANNONCANT LA FIN D,ISRAEL EST UNE AUTRE CAR C,EST VERSER DE L,EAU AU MOULIN DE NETANYAHU ET DE TRUMP...

Fredy Hakim

Ce type qui est venu d’Irak s’est battu
contre Daesh. Son groupe a perdu des
centaines voire des milliers de combattants
pour libérer des territoires et des populations
de toutes les religions du joug de l’islamo-faschisme.
On peut ne pas l’aimer et lui préférer Ahmad Al-Assir....

Bery tus

Mr le president vous auriez du faire une clarification sur la venu en treillis militaire ... VOUS QUE VOUS DISIEZ ETRE LE GARANT DE LA DISTANCIATION ...

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