Liban

Nasrallah dénonce une « nouvelle déclaration Balfour »

Statut de Jérusalem

Le secrétaire général du Hezbollah appelle à une manifestation populaire lundi après-midi dans la banlieue sud en soutien à la cause palestinienne.

08/12/2017

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a dénoncé hier la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale d'Israël par le président Donald Trump mercredi, estimant qu'il s'agit d'une « nouvelle déclaration Balfour ».
« Nous sommes en présence d'une nouvelle déclaration Balfour, alors que nous avons commémoré le centenaire de la déclaration en question il y a moins d'un an », a déclaré le leader chiite dans un discours télévisé. La déclaration Balfour (1917), du nom de son auteur, le secrétaire au Foreign Office britannique lord Arthur Balfour, contenait une promesse de Londres de favoriser la création d'un « foyer juif » en Palestine. Pour les Palestiniens et les Arabes, cette déclaration a porté en germe la Nakba (catastrophe) qu'a représentée pour eux la proclamation de l'État hébreu en 1948.
« Une fois que nous aurons évalué les dangers des retombées de la décision (de Trump), nous allons agir et ne pas écouter les voix qui diront que ce qui s'est passé est insignifiant », a ajouté le chef du Hezbollah. Pour lui, les États-Unis « ne respectent ni les lois internationales, ni les conventions, ni les textes qu'ils ont eux-mêmes signés. Ils font fi de ce que les États arabes, européens, la Russie, le Canada, ou les autres pays leur disent ». « Il n'y a plus d'obstacles devant le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu », a-t-il regretté.
Le leader chiite a également estimé que la décision de M. Trump relative à Jérusalem est une insulte contre les musulmans et les chrétiens du monde.
« La plupart des États refusent la décision de Trump. (...) Ils estiment qu'elle est une insulte à plus d'un milliard de musulmans de par le monde et à des centaines de millions de chrétiens. Ces derniers estiment que leur Ville sainte a été bradée au profit d'un État sioniste artificiel, hypothéquant ainsi leur histoire et leur passé », a-t-il dit. « Nous sommes en présence d'un État (américain) qui ne respecte pas les lois internationales, mais qui fait la guerre à des peuples en les accusant de violer le droit international. Nous sommes en présence d'une administration américaine qui ne respecte pas ses engagements », a également dénoncé Hassan Nasrallah.
« Jérusalem est au cœur de la cause palestinienne. Si on exclut Jérusalem de cette cause, il n'en restera plus rien », a-t-il poursuivi. « Aujourd'hui, Trump dit à la nation arabe : "Il n'y a plus de cause palestinienne." Il dit qu'il n'y a que des individus palestiniens à qui il faut trouver un lieu de résidence », a-t-il lancé. « Quelle est la place de Jérusalem pour les Américains dans le processus de paix ? Aujourd'hui, ils ont rayé Jérusalem de l'équation. »
« Quel est l'avenir des habitants palestiniens de Jérusalem-Est ? Va-t-on leur imposer la nationalité israélienne comme les Palestiniens de 1948 ? » s'est-il interrogé. « Les emblèmes sacrés des musulmans et des chrétiens sont en danger. La mosquée al-Aqsa est en danger. Nous devons tirer la sonnette d'alarme », a-t-il prévenu.
Hassan Nasrallah s'est par ailleurs montré conciliant quant aux autres conflits prévalant dans la région et a appelé à y mettre un terme. « Nous invitons les gouvernements et tous les États des mondes arabe et musulman à arrêter les guerres et les conflits internes, à mettre un terme à la guerre au Yémen, en Syrie et en Libye et à essayer de trouver des solutions politiques », a-t-il dit.

« Le seul allié qui compte »
Sur le plan diplomatique, Hassan Nasrallah a affirmé que « les alliés des États-Unis n'ont aucune valeur aux yeux de Washington ». « Est-ce que Donald Trump a pris en considération leurs mises en garde? Les responsables arabes alliés aux États-Unis doivent comprendre que leur parole n'a aucune valeur aux yeux des Américains. Israël est le seul allié qui compte aux yeux de Washington », a-t-il prévenu. « Il faut que tous les ambassadeurs américains dans les capitales arabes et musulmanes soient convoqués pour leur exprimer le refus de la décision de Donald Trump, pour leur dire qu'elle a des conséquences sur la région qu'il ne faut pas prendre à la légère. Nous sommes tous responsables, nous ne devons pas nous taire. Même si d'aucuns dans le monde arabe vont dire que cela est inefficace », a-t-il insisté.
« Il faut arrêter tous les contacts avec Israël, que ce soit de la part des autorités palestiniennes ou de certains pays arabes, qu'il s'agisse de contacts officiels ou officieux. Il faut rompre les relations diplomatiques avec Israël. Cela est la moindre des choses. Les efforts de normalisation doivent également cesser. Car ce serait la plus grande trahison après ce qui s'est passé la veille. Il faut également dire aux Israéliens : "Vous avez tué le processus de paix." Il faut dire à Trump qu'il n'y aura pas de retour à la table des négociations sans retour sur sa décision sur le statut de Jérusalem. Nous ne demandons pas une rupture des relations diplomatiques avec les États-Unis. Mais si nous ne mettons pas un terme aux négociations, la question de Jérusalem sera révolue. Il faut que Jérusalem soit déclarée comme capitale éternelle d'un État palestinien et qu'elle ne fasse pas l'objet de négociation. La Ligue arabe doit s'engager à respecter cela. Un sommet islamique doit également proclamer cela. »
Hassan Nasrallah a ensuite estimé que l'appel à une nouvelle intifada, lancé par le mouvement palestinien Hamas, « est la réponse la plus importante à la décision américaine ». « Nous ne voulons pas que les Palestiniens assument seuls les conséquences de cela. Nous appelons tout le monde arabe et musulman à les soutenir dans leur intifada », a-t-il souligné.
Sur le plan local, le chef du Hezbollah s'est félicité de l'unanimité des responsables libanais qui ont condamné la décision de Donald Trump. « Nous appelons tout le monde à une grande manifestation populaire contre l'agression américaine, lundi après-midi, dans la banlieue sud. Nous aurions pu prévoir une telle manifestation demain. Mais nous voulons que le plus grand nombre de personnes puisse y assister », a déclaré le leader chiite.
« L'heure du rassemblement sera précisée ultérieurement. J'appelle personnellement les habitants de la banlieue sud, tous les Libanais, nos frères dans les camps palestiniens, à ce rassemblement, en solidarité avec le peuple palestinien (...) », a-t-il ajouté. Il avait avant appelé « chaque jeune homme et chaque jeune femme de par le monde à exprimer son refus sur les réseaux sociaux. Cela est un devoir envers Jérusalem. C'est la moindre des choses aujourd'hui ». Le leader chiite a également exhorté « toutes les administrations, les écoles, les partis politiques, les organismes sociaux et politiques, à exprimer leur refus en publiant des communiqués ». « Ils ne doivent pas dire que cela n'a aucun impact. Si nous tous exprimons notre refus, cela aura une grande valeur. »

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BIEN QUE JE NE SUIS PAS PARTISAN DU HEZB J,APPROUVE SA DENONCIATION DE LA STUPIDE DECLARATION SUR JERUSALEM !

Bery tus

Encore une fois le sayyed devance notre président lol

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