Alors que les ventes de friké ne dépassaient pas les 4 000 dollars en 2015, elle atteignent désormais 80 200 dollars. Photo D.R.
Après le quinoa, les grains d'avoine ou de chia, la friké (blé vert rôti) est-elle sur le point de devenir la nouvelle coqueluche de l'alimentation saine ? C'est en tout cas le pari d'une centaine d'agriculteurs libanais qui bénéficient depuis 2015 d'une aide de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USaid) dans le cadre du programme quinquennal Lebanon Industry Value Chain Development (LIVCD). Lancée en 2012 et dotée d'un budget de 46,2 millions de dollars, l'initiative qui devait prendre fin en septembre dernier a finalement été prolongée jusqu'à janvier 2019. Elle vise à promouvoir la production de la friké, mais aussi des olives, des raisins, des avocats ou encore du miel comme sources alternatives de débouchés pour certains producteurs locaux.
Deux ans après son lancement, le volet du LIVCD consacré à la friké concerne aujourd'hui « 10 coopératives avec une production annuelle qui est passée de 757 kilogrammes en 2015 à plus de 20 tonnes cette année », s'est réjoui hier William Butterfield, le directeur chargé de la croissance économique chez USaid, lors d'une conférence consacrée au projet. « Alors que les ventes de friké ne dépassaient pas les 4 000 dollars en 2015, elles atteignent désormais 80 200 dollars », a ajouté, pour sa part, le coordinateur du projet, Charbel Daher. Un franc succès, d'autant plus que la friké est très rentable du fait du processus de production conçu par l'équipe du LIVCD. Cette dernière a en effet « créé, en partenariat avec International Instruments, un équipement spécial pour la torréfaction de la friké qui a permis aux agriculteurs d'adopter un processus de production rapide et conforme aux normes sanitaires internationales, qui leur ouvrira la voie à l'export », a expliqué M. Butterfield. Résultat, « le coût moyen de production est de 1,4 dollar pour un kilo, qui se vend à 4 dollars sur le marché », a indiqué M. Daher. Ce secteur prometteur qui emploie déjà 171 personnes, dont 72 femmes, séduit de plus en plus. Freekey, une start-up lancée par Maria Achkar et bénéficiant d'une donation du UK-Lebanon Tech Hub est d'ailleurs sur le point de se lancer dans la commercialisation de barres énergétiques à base de friké.

