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Lifestyle - Disparition

Alaïa retrouve Garbo, Arletty et Louise de Vilmorin...

Azzedine Alaïa n'est plus. Son décès aurait été causé par une chute grave survenue il y a une dizaine de jours. Plongé dans le coma, Alaïa est mort dans la nuit de vendredi à samedi. Il avait 77 ans. Sur Instagram, plus de 43 000 publications sous le mot dièse #azzedinealaia reflètent la tristesse de ses admirateurs et amis. « Petit par la taille, mais immense dans la mode. Adieu Azzedine Alaïa », a réagi la créatrice Inès de la Fressange sur Twitter. Et pour l'ancien ministre de la Culture et président de l'Institut du monde arabe Jack Lang, « Azzedine savait mieux que quiconque sublimer les femmes ».

Né à Tunis de parents agriculteurs qui ne tarderont pas à se séparer, on retiendra de son parcours en flèche qu'il a été élevé par sa grand-mère dont il gardera toute sa vie l'amour des grandes tablées généreuses. Il triche sur son âge pour s'inscrire aux Beaux-Arts de Tunis où il est admis à seulement 15 ans en sculpture. Parallèlement, il aide sa sœur Hadifa, assistante couturière, à faire ses finitions. C'est avec cette double formation un peu mince qu'il débarque à Paris, en 1962, alors que la guerre d'Algérie vient de prendre fin. Il se fait aussitôt engager chez Dior, sous Saint Laurent, pour être congédié cinq jours plus tard : la France est encore outrancièrement xénophobe. Pourtant, il connaît son Dior sur le bout des doigts, lui qui réalisait des robes de la grande maison de couture pour des clientes de la haute société tunisienne. Mais la chance lui sourit quand même. Engagé comme jeune homme au pair chez Suzanne Zehrfuss, épouse de l'architecte Bernard Zehrfuss, qui lui prête une chambre de bonne, il va très vite révéler son fabuleux talent et fidéliser une clientèle privée triée sur le volet, parmi laquelle on peut croiser Greta Garbo, Arletty, ou Louise de Vilmorin, qui le prend sous son aile.

(Pour mémoire : Azzedine Alaïa dans l'écrin de la villa Borghese)

Entre mille

La carrière d'Alaïa se construit ainsi sous le sceau de la confidentialité. Son immense atelier-boutique du Marais, décoré par l'artiste Julian Schnabel, est une adresse quasi clandestine où il donne des défilés très privés, toujours en marge des calendriers officiels de la mode. Il ne se pliera jamais aux diktats et aux grands-messes de l'industrie. Il refuse ainsi de succéder à Galliano chez Dior. Il déteste la publicité, mais en veut beaucoup à Anna Wintour et Vogue US de l'ignorer, alors qu'il réalise les plus grosses ventes chez Barneys et Bergdorf Goodman à New York. Côté image, il ne quitte jamais son costume mao noir, et sa taille exceptionnellement petite le distingue entre mille, de même que ses chiens, l'un offert par Shakira et l'autre par Naomi Campbell, dont il ne se sépare jamais. Sculpteur de formation, amoureux de la femme, il n'a d'obsession que sublimer la silhouette féminine, creuser des hanches, souligner des fesses, affûter un galbe là où d'autres résument la féminité à des seins.

Les années 80 sont propices à sa véritable éclosion. Les tops historiques de cette décennie l'adorent et l'appellent « papa », notamment Naomi Campbell. L'image de Grace Jones est inséparable de la robe à capuche dans laquelle il l'exalte. En 1989 ? Tina Turner fait un triomphe dans une robe en perles d'or qu'il a créée pour elle. L'un de ses grands moments sera l'apparition de Jessye Norman chantant la Marseillaise dans une majestueuse robe drapeau qu'il a imaginée pour le bicentenaire de la Révolution française.
La marque Azzedine Alaïa est aujourd'hui alliée au groupe Richemont.


Pour mémoire

Azzedine Alaïa au musée de la mode de Paris

Azzedine Alaïa n'est plus. Son décès aurait été causé par une chute grave survenue il y a une dizaine de jours. Plongé dans le coma, Alaïa est mort dans la nuit de vendredi à samedi. Il avait 77 ans. Sur Instagram, plus de 43 000 publications sous le mot dièse #azzedinealaia reflètent la tristesse de ses admirateurs et amis. « Petit par la taille, mais immense dans la mode. Adieu Azzedine Alaïa », a réagi la créatrice Inès de la Fressange sur Twitter. Et pour l'ancien ministre de la Culture et président de l'Institut du monde arabe Jack Lang, « Azzedine savait mieux que quiconque sublimer les femmes ».
Né à Tunis de parents agriculteurs qui ne tarderont pas à se séparer, on retiendra de son parcours en flèche qu'il a été élevé par sa grand-mère dont il gardera toute sa vie l'amour des grandes tablées...
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