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Campus - Témoignage

Lectures, débats et rencontres : tel était mon Goncourt choix de l’Orient !

Adiba Suleiman, troisième à partir de la gauche, est étudiante en 2e année de lettres françaises au CEULN de l’USJ.

Prendre part au Goncourt choix de l'Orient représente une expérience très enrichissante pour moi. C'est la première fois que je participe à un prix pareil. La particularité de cet événement est d'abord son aspect régional. Des étudiants et des étudiantes de différentes nationalités et croyances lisent les mêmes livres, puis se réunissent pendant cinq heures en huis clos pour discuter, échanger et se mettre d'accord sur le nom du lauréat. Malgré notre diversité, nous avions en commun une chose certaine : l'amour de la littérature française. Une preuve que la langue française, qui a toujours un large public, résiste et persiste.
Cette expérience m'a permis de développer mon esprit critique et d'améliorer de multiples compétences notamment en art oratoire et dans la gestion du temps, et d'apprendre la rigueur et le souci du détail. Par ailleurs, en nous donnant, à nous les étudiants, la possibilité de décerner un prix littéraire, ce prix renforce notre estime de soi, particulièrement que nous devons nous exprimer devant un grand écrivain comme Éric Emmanuel Schmitt ou la lauréate du prix Goncourt 2016, Leïla Slimani.
Comme il est déjà connu, c'est Bakhita de Véronique Olmi qui a remporté le Goncourt Choix de l'Orient 2017. Il faut souligner que ce roman a été écrit après la réalisation du film en 2009, ce qui est assez rare. Nous avons tendance à préférer l'audiovisuel à l'écrit. Mais l'écriture légère et poétique d'Olmi, où se mêlent brutalité et douceur, a séduit tous les étudiants. Pour moi, ce choix n'était pas basé sur ma situation géographique, il était strictement lié à mon instinct de lectrice. Comment ne pas aimer cette Bakhita qui par son rapprochement à Dieu s'est libérée de la soumission à l'homme qui l'opprimait.
La question que l'on peut se poser : pourquoi une étudiante musulmane s'intéresserait-elle à la vie d'une Soudanaise devenue une religieuse canonisée ? D'abord, il serait dévalorisant de voir le roman comme la simple biographie d'une femme noire. Ce roman féministe raconte l'histoire d'une fille arrachée à sa famille, une esclave battue et violée, une servante victime de racisme, une sainte religieuse. Bien qu'il relate la vie d'une femme du XIXe siècle, le sujet reste très actuel. Le roman évoque avec subtilité plusieurs thèmes d'actualité : le racisme, la relation maître-serviteur, l'esclavage, la condition féminine, la spiritualité, la perte d'un être cher, la perte de l'identité, le déracinement et l'oppression. Je pense que grâce à la multitude des thèmes qu'il aborde, ce roman est un coup de cœur pour de nombreux étudiants.

Adiba Suleiman, étudiante en 2e année de lettres françaises au CEULN de l'USJ.

Prendre part au Goncourt choix de l'Orient représente une expérience très enrichissante pour moi. C'est la première fois que je participe à un prix pareil. La particularité de cet événement est d'abord son aspect régional. Des étudiants et des étudiantes de différentes nationalités et croyances lisent les mêmes livres, puis se réunissent pendant cinq heures en huis clos pour discuter, échanger et se mettre d'accord sur le nom du lauréat. Malgré notre diversité, nous avions en commun une chose certaine : l'amour de la littérature française. Une preuve que la langue française, qui a toujours un large public, résiste et persiste.Cette expérience m'a permis de développer mon esprit critique et d'améliorer de multiples compétences notamment en art oratoire et dans la gestion du temps, et d'apprendre la rigueur et...
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