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Culture

Avec Fadia Haddad, le masque devient « cosmique »

Peinture

L'artiste expose à la galerie Agial une collection de toiles colorées comme autant d'énergies positives.

23/10/2017

Pourquoi ce titre, « Face-à-face », pour votre exposition ?
Je travaille sur la thématique du masque depuis 17 ans et cette exposition est le dernier moment de ce travail, la dernière ligne droite. Aujourd'hui, je commence à épuiser le thème, et les titres qui vont avec. Je voulais donc partir sur quelque chose d'autre et mettre en avant la position, le face-à-face entre les masques.

Pourquoi le masque alors ?
La première raison est affective. Quand j'étais plus jeune, je suis allée en voyage aux États-Unis, j'y ai vu une exposition sur l'art primitif qui est restée gravée dans ma mémoire. Je suis passée à autre chose, j'ai travaillé sur d'autres thèmes, et le masque s'est imposé à moi, beaucoup plus tard. La deuxième raison est plus conceptuelle. Elle est en relation avec la question de la transparence. Dans notre monde, chaque personne porte un masque, tout le monde a peur de tout le monde. C'est un phénomène universel qui concerne le monde entier. Le monde perd sa transparence.

Comment votre travail sur les masques a-t-il évolué en 17 ans ?
Au début, le masque était entièrement dans la matière, il prenait tout l'espace de la toile, il était lui-même dans la matière, dans une pâte, dans un corps. Si, au début, il était terrien et avait un corps matériel, petit à petit, il s'en est affranchi et il est devenu cosmique. Une sorte de chorégraphie de formes et de couleurs. Je n'ai jamais cherché à représenter le masque pour lui-même, car la photo ou le masque l'expriment bien mieux. Je voulais le représenter à travers un regard symbolique. Je construis donc tout un monde symbolique pour accueillir le masque. Le masque vient après. La toile est donc un dialogue entre deux énergies complètement opposées. Le monde que je crée dans la matière et la couleur est complètement opposé à l'énergie de la ligne du masque. Je les lie dans l'espace du vide et c'est le vide qui les rassemble.

Que voulez-vous dire du monde ?
Mon travail laisse la porte ouverte à toute interprétation. Cette poésie, je ne la fige pas dans une signification. Chacun, en fonction de son imaginaire, de sa sensibilité, de son éducation et de sa culture, peut l'interpréter à sa manière. Chaque personne va ressentir l'œuvre, la lire, lui trouver un sens selon sa propre évolution. Je ne donne pas une fin en soi : mes œuvres sont une ouverture. Ensuite, je cherche l'unité, le cosmos. L'être dans le cosmos est composé de deux énergies opposées, qui, en s'unifiant, s'harmonisent et se complètent : le jour et la nuit, le silence et le bruit, l'opacité et la transparence. Le monde se traduit en opposition. Mon travail est une quête d'unité, d'apaisement.

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