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Nos Lecteurs ont la Parole

Gabriele Caccia, l’homélie de l’au revoir !

par Mounir EL-KHOURY
OLJ
13/10/2017

Le nonce apostolique au Liban, monseigneur Gabriele Caccia, a célébré, le samedi 7 octobre 2017, à la basilique Notre-Dame de Harissa, une messe d'action de grâce pour ses huit ans de mission dans notre pays. Il n'y a pas eu d'invitations officielles, mais plus de trois mille personnes, dignitaires religieux, personnalités politiques, culturelles et sociales, se sont réunies pour partager ce moment de louange à Dieu et d'amitié.
C'est monseigneur Caccia qui a célébré la messe, entouré de six évêques de différentes communautés confessionnelles et la présence d'innombrables dignitaires religieux. Le moment fort de cet événement fut l'homélie du nonce apostolique, par laquelle il a remercié le grand public présent. Il a adressé sa reconnaissance aux autorités libanaises politique et sécuritaire, aux ecclésiastiques, cardinaux, évêques, diacres et prêtres, qu'ils soient catholiques, orthodoxes, protestants ou autres, à tous ceux qui ont collaboré avec lui durant ces huit ans. Et aussi, « à vous qui continuez à faire de ce pays un "message" de liberté et un exemple de pluralisme », il a exprimé sa profonde reconnaissance.
Sous l'applaudissement du public, il a présenté ses excuses, si jamais il a offensé, involontairement, quelqu'un. Trois images, de notre pays, ont capté l'attention et l'admiration de l'évêque. La première, selon l'Évangile, quand Jésus-Christ visita notre terre. À Saïda et Sour, Il prêcha la parole de Dieu. C'est une Terre sainte réclame monseigneur Caccia. « C'est d'ici, de votre terre que naissent la Foi et l'Espérance. » « De la chaleur émane de votre terre qui conduit à croire et par conséquent à espérer », a-t-il réclamé.
Le Liban, comme un arc-en-ciel, unit deux grandes religions avec plusieurs communautés confessionnelles. C'est un brassage de lumière, une union de plusieurs couleurs qui fait la particularité de ce pays. L'union en communion parmi les chrétiens est un renforcement au mélange des couleurs.
La troisième image, se manifeste, lors de la visite qu'a faite Sa Sainteté Benoît XVI, au Liban, il y a cinq ans. Les habitants des quartiers musulmans et chrétiens se sont réunis au centre de Beyrouth. « Pour boire d'une source, disait-il, on unit nos doigts pour recueillir l'eau. Si les doigts s'écartent, l'eau s'échappe. » Cela conduit les Libanais à, constamment, dialoguer au service de l'entente et de la consolidation de la diversité, a-t-il conclut.
Pendant huit ans, Gabriele Caccia a été le représentant, hors de l'ordinaire, du Saint-Siège dans notre pays. Le Liban a bénéficié d'une chance exceptionnelle de sa présence. Émissaire du Saint-Siège, il a agi, tout au long de son séjour, avec délicatesse, doigté, tact et circonspection. Doyen du corps diplomatique, dans un pays qui s'efforce de jouer son rôle de médiateur, de « messager », d'amour et de convivialité, un pays de rencontres et de dialogues et un des phares de la Méditerranée, monseigneur Caccia a brillamment joint les différences, exposé parfaitement les « mesures » et guidé intelligemment l'« équilibre ». Prenant en considération les circonstances graves et les nouvelles données géopolitiques au Moyen-Orient et par conséquent leurs répercussions sur le Liban, il a adopté la convivialité et le vivre-ensemble, comme moyen idéal de salut. Ainsi, il a encouragé l'entente et le dialogue entre les différentes composantes religieuses et confessionnelles du Liban.
Homme de religion, sa présence sans failles et ses attitudes successives, dans différentes circonstances, et à travers tout le pays, ont marqué les fidèles et les ont guidés dans l'initiation à la prière personnelle et communautaire, mais aussi, mais surtout à recouvrer la bonne voie et le bon chemin à la réconciliation.
Personnalité de marque! Gabriele Caccia a constitué un homme emblématique pour les religieux et les religieuses du Liban. Par son caractère et son esprit intuitif, il leur a lancé un discret appel, suivant les enseignements de saint Jean-Paul II, afin qu'ils soient les témoins de l'amour préférentiel du Christ pour les pauvres à travers leurs services diversifiés et par leur vie de pauvreté et de communion fraternelle. En outre, il a appelé les institutions religieuses à renforcer leur présence et leur mission dans les régions éprouvées et périphériques du pays.
Pour tout cela, monseigneur Gabriele Caccia a capté l'infinie estime, la haute considération et l'unanime respect des autorités gouvernementales, des instances politiques et religieuses, ainsi que de larges couches sociales de toutes les communautés religieuses. Son attitude et sa ligne de conduite exemplaire au cours de ces huit années pourront être gardées jalousement dans les annales de la diplomatie.
Merci monseigneur Caccia parce que vous avez tenu à la « sauvegarde de notre maison commune » et à travers votre « Homélie de l'au revoir » accomplissant ainsi les enseignements du Saint-Père François.
Excellence ! Nous vous savons gré et vous devons gratitude.

Mounir EL-KHOURY
(UL)

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