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Volée en 1981, une tête de taureau en marbre du temple d’Echmoun va rentrer au Liban

états-unis

Les services du procureur de Manhattan souhaitent, en outre, le rapatriement au Liban d'une deuxième pièce provenant, elle aussi, du temple d'Echmoun.

OLJ
12/10/2017

Des collectionneurs américains qui contestaient la saisie, en juillet dernier par les services du procureur de Manhattan, d'une tête de taureau sculptée en marbre, datant du 4ème siècle avant notre ère et provenant du Liban, ont abandonné leurs poursuites, rapporte mercredi le New York Times.

Cela signifie que le Liban pourra récupérer cette œuvre qui avait été prêtée par les collectionneurs au Metropolitan Museum (MET) de New York avant d'être saisie par les services du procureur Cyrus Vance.

Pour les autorités américaines la pièce, originaire du temple phénicien d'Echmoun, avait été dérobée dans un entrepôt au Liban en 1981, en pleine guerre civile. C'est l'un des conservateurs du Met qui s'était rendu compte de la provenance potentiellement douteuse de la tête et avait alerté le musée.

Le couple de collectionneurs avait contesté ces assertions et saisi la justice mi-juillet pour récupérer la sculpture. Lynda et William Beierwaltes affirmaient avoir acquis l'objet en 1996 auprès d'un marchand d'art londonien, et disaient avoir mené leur propre enquête pour vérifier sa provenance. Mais mercredi, leur avocat, William Pearlstein, a publié une déclaration dans laquelle il affirme qu'après "avoir reçu des preuves irréfutables que la tête du taureau avait été volée au Liban, les Beierwaltes estiment qu'il est dans l'intérêt de tous de retirer leur plainte et permettre le rapatriement de la tête du taureau au Liban".

En sus, les services du procureur souhaitent désormais le rapatriement au Liban d'une deuxième pièce, identifiée dans un article au sujet de Lynda et William Beierwaltes publié par le magazine House & Garden. L'assistant du procureur de Manhattan, Matthew Bogdanos a en effet repéré, dans une photo de la maison du couple illustrant un article au sujet de juin 1998, un torse en marbre qui aurait également été volé au Liban. En 2015, les Beierwalte avaient vendu cette pièce d'antiquité, qui représente une personne portant un veau, à Michael H. Steinhardt, un collectionneur new-yorkais.

"Bien que la tête du taureau soit rendue sans que les Beierwaltes ou quiconque fassent l'objet de poursuites criminelles, l'enquête se poursuit", a écrit M. Bogdanos dans une lettre adressée au juge d'une cour suprême. Dans cette lettre, l'assistant du procureur précise avoir obtenu un mandat pour saisir la pièce. Toujours selon cette lettre, la pièce proviendrait également du temple d'Echmoun et aurait été volée au Liban, avant d'être revendue, en 1996, pour 4,5 millions de dollars, par Robin Symes, un marchand d'antiquités, au couple Beierwaltes.

"Le monde de l'art doit reconnaître que les antiquités volées ne sont pas simplement des biens commerciaux à collectionner, mais des preuves de crimes culturels commis à travers le monde. Ces importants vestiges historiques doit être considérés avec prudence et soin, et les galeries, les maisons de vente aux enchères, les musées et les collectionneurs doivent être disposés à faire preuve de diligence pour s'assurer qu'aucun objet n'a été acquis illégalement", a souligné, dans un communiqué publié mercredi, le procureur de Manhattan, Cyrus Vance.

 

Pour mémoire

Le Liban saisit la justice pour recouvrer la tête de taureau en marbre du temple d'Echmoun

 

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