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Campus

À l’ALBA, un projet multiculturel autour du thème de l’étranger

ATELIER

This is (not) my story – Foreign foreigners est un atelier qui a réuni, à la fin du second semestre, des étudiants de l'ALBA avec des étudiants de onze universités allemandes, autour du thème des étrangers.

26/08/2017

L'atelier This is (not) my story – Foreign foreigners s'inscrit dans le cadre des collaborations qu'effectue l'ALBA avec les universités au niveau international. En partenariat avec le ministère des Affaires étrangères allemand, le projet regroupe seize étudiants, de l'École des arts décoratifs (section arts graphiques et publicité) et de l'École de cinéma et de réalisation audiovisuelle de l'ALBA, et seize étudiants allemands, iraniens, marocains, mexicains et syriens entre autres, venant de onze universités allemandes, se spécialisant en arts visuels, psychologie, film, management international, photo et graphic design. « Nous avons commencé à travailler sur ce projet suite à la migration de personnes venant surtout de la Syrie vers l'Allemagne, en 2015, alors que le sujet faisait débat dans le pays », explique Gilbert Beronneau, professeur de communication audiovisuelle et responsable du projet. « La question en recherche académique qu'on s'est posée était de savoir comment les étrangers inconnus nous affectent et comment travailler avec des moyens artistiques sur ce sujet », ajoute-t-il. Les participants à l'atelier ont ainsi traduit leurs concepts à travers la photographie, l'illustration, l'installation, le texte, l'essai et le film.

This is (not) my story – Foreign foreigners s'est déroulé en deux phases : la première au Liban et la seconde en Allemagne. Ainsi, pendant la dernière semaine de juin, l'ALBA a accueilli le groupe venu des universités allemandes. Lors du lancement du projet, ces étudiants multinationaux ont fait connaissance afin de pouvoir former des équipes homogènes. « On est habitué à travailler avec des camarades de classe, avec les mêmes enseignants. Quand on a commencé ce projet, on ne savait pas quoi faire. On a dû communiquer avec ces personnes [...] pour comprendre leur vision », confie Noureddine Tabbara, master 1 en arts graphiques et publicité. Afin de créer un projet, « j'ai appris à travailler en groupe mais différemment qu'à l'ALBA, comme nous n'avions pas les mêmes apprentissages (que les Allemands) », renchérit Ariane Hakim, également master 1 en arts graphiques et publicité.

 

Des histoires d'étrangers
À partir du thème « Étrangers inconnus », les équipes ont abordé les sujets de la migration, des questions identitaires ou de la perte que ressentent les réfugiés. Pour ce, quelques étudiants ont visité les camps dans la Békaa. L'équipe de Leïth Makdessi, M1 en animation, a abordé l'histoire d'une fillette de 7 ans, rencontrée dans un camp de réfugiés. « Pour présenter cette histoire, nous avons choisi d'imaginer une version plus âgée de cette petite fille et d'essayer d'imaginer ses pensées quand elle était petite », explique cet étudiant, chargé des dessins et de l'animation du film.

En parallèle, à travers une danse et une installation, une autre équipe a représenté le camp des réfugiés « en tant qu'hétérotopie », selon Jana Mezher, master 1 en arts graphiques et publicité et membre de ce groupe. « Nous avons présenté le cycle du réfugié, depuis son arrivée au camp. Nous avons montré comment il se trouve étranger dans ce milieu et comment il évolue avec le temps. Mais en réalité, son évolution est comme une prison. Il ne peut pas sortir de cette hétérotopie », développe-t-elle.

Si l'idée de départ a été de travailler sur des problématiques liées à la migration, le thème, assez vaste, des « Étrangers inconnus » a laissé la liberté aux étudiants de se pencher sur d'autres sujets. « Dans quelle mesure sommes-nous étrangers à nous-mêmes ? » a ainsi été la question qui a taraudé les membres de l'équipe dont fait partie Maria Khayralla, master 1 en arts graphiques et publicité. Ceux-ci ont interviewé des personnes de leur entourage, et à partir des entrevues, ont écrit des textes puis effectué des illustrations sur le portrait photographié de ces personnes, selon l'histoire de chacune. Cela représente « les couches qui recouvrent la personne et qui la rendent étrangère à elle-même. Une fois qu'on enlève ces couches, on découvre cette personne à l'état brut », note Maria. Alors qu'à la base, l'équipe devait concevoir un livre, elle a fini par réaliser une installation digitale, grâce à la collaboration avec les étudiants venus de l'Allemagne.

« Travailler avec quelqu'un qui est dans le motion design ou dans le social, avoir une autre vision du projet m'a beaucoup apporté », avoue Ariane. Maria confirme : « L'idée de travailler à propos des étrangers avec des étrangers était intéressante, surtout parce qu'on n'avait pas exactement le même background. C'était intéressant de pouvoir communiquer différemment avec chacun d'entre eux. » Pour les étudiants libanais, travailler dans des équipes mixtes a constitué une expérience en soi. « Je me suis sentie un peu projetée dans l'avenir, notamment en ce qui concerne la manière dont je travaillerai plus tard », estime leur

coéquipière, Kay Samaha, avant d'ajouter : « Nous étions tous des étrangers, ce qui nous a aidés à évoluer. »
Pour clôturer l'atelier, les équipes ont présenté leurs travaux à Berlin. Une publication regroupant l'ensemble des projets sera éditée ultérieurement.

 

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