Le clown à deux visages. Photo AFP
Chef d'État, parrain de la mafia, écrivain, comédien et aussi le plus célèbre comique de son temps... Jerry Lewis avait ses moments de rire, mais aussi de larmes, et surtout de grands moments d'amour et de rupture.
Un Mister Love assez dingue
En dépit des apparences, rien ne le différenciait vraiment de John Kennedy qui avait également le cœur volage. Le point commun qui rapprochait le président et le comique, c'est bien l'amour d'une femme, et non des moindres, puisqu'il s'agissait de Marilyn Monroe. En effet, Jerry Lewis aurait vécu une relation aussi furtive que torride avec l'actrice de Some like it hot, qui aimait collectionner les amants. Cet amour éphémère est longtemps resté caché jusqu'à ce que « Mister Love » lui-même accepte de révéler, en 2011, quelques détails croustillants sur leur relation. Il avouait avoir été dominé par une folle passion : « J'étais comme paralysé. » Et quelle meilleure arme que l'humour pour séduire celle qui a été la pulpeuse maîtresse de JFK, puis de son frère ?
Pour la France, la perfection absolue
Les raisons pour lesquelles Jerry Lewis était plus populaire en France qu'aux États-Unis restent jusqu'à aujourd'hui inexpliquées. La France avait adopté le comique bien avant l'Amérique, et ce sujet a même fait l'objet d'un livre publié en 2002, rédigé par Rae Beth Gordon, professeur à l'Université du Connecticut. Il était tout simplement intitulé Pourquoi les Français aiment Jerry Lewis. Louis Malle, réalisateur, n'avait pas non plus tari d'éloges pour l'acteur américain. « Aux États-Unis, Jerry Lewis est considéré comme un cinéaste mineur, parce qu'il s'adresse aux enfants, on ne le prend pas au sérieux, confiait le cinéaste français en 1972. Nous, nous pensons que son comique est d'une perfection absolue. » Et d'ajouter : « Depuis qu'il fait ses films lui-même, qu'il les écrit, qu'il les réalise et qu'il les produit, il est arrivé à une sorte d'extraordinaire invention à tous les niveaux de la fabrication d'un film. » Entre 1960 et 1963, il enchaîne des longs-métrages comme Le Dingue du Palace, Le Tombeur de ces dames et Docteur Jerry et Mister Love. Le témoignage d'amour de l'Hexagone s'est fait en 1980, lors de la cérémonie des César, lorsqu'il a été donné à l'acteur et humoriste américain le privilège de remettre à Louis de Funès son César d'honneur. Moment d'anthologie car l'acteur américain, emporté par sa fougue, embrasse vigoureusement l'acteur français, qui semble bien surpris.
Dean et Jerry : amour et rupture
Son récit autobiographique Dean et moi, une histoire d'amour ne traite, comme l'indique son titre, que des années pendant lesquelles Jerry Lewis forme avec Dean Martin un tandem célèbre. Une décennie glorieuse où le duo était à l'apogée de leur talent comme celui de Laurel & Hardy. Dans le livre, le comédien n'arrive pas à comprendre pourquoi, alors qu'ils s'entendaient si bien et qu'ils étaient si indissociables, le crooner et lui ont, un jour, décidé de se séparer. Jerry semblait toujours être l'imbécile des deux. Mais, dans la réalité, la situation était devenue insupportable pour Dean Martin, dans la mesure où Jerry Lewis était la tête pensante du tandem, celui qui concevait et écrivait les sketches, celui qui ne se contentait pas de jouer. Dean Martin était dans l'ombre de ce tandem. Ce dernier allait poursuivre une assez brillante carrière après leur séparation, mais toujours en tant que chanteur et comédien, tandis que Lewis allait immédiatement passer à la réalisation (extrait de Dean et moi, une histoire d'amour, écrit par Jerry Lewis et James Kaplan, et traduit de l'anglais par Yves Sarda).
Quand le clown a pleuré
En 1972, Jerry Lewis tournait The day the clown cried qui n'a jamais été projeté. Réalisateur, acteur, scénariste et producteur de ce projet, l'artiste semblait y croire, mais au fil des années, il a eu honte de son film au point de le cacher. C'était mauvais, mauvais, mauvais. Cela aurait pu être puissant, mais j'ai échoué, avait-il reconnu. La comédie dramatique, se déroulant dans un camp de concentration et suivant un clown allemand, Helmut Doork, qui essaye de distraire les autres prisonniers, était, sans doute, ce concept qui a en partie inspiré Roberto Benigni pour La vie est belle, à la fin des années 1990.
Un clown qui rit et qui pleure, c'est certainement ce qu'on appelle du grand talent.
Un Mister Love assez dingueEn dépit des apparences, rien ne le différenciait vraiment de John Kennedy qui avait également le cœur volage. Le point commun qui rapprochait le président et le comique, c'est bien l'amour d'une femme, et non des moindres, puisqu'il s'agissait de Marilyn Monroe. En effet, Jerry Lewis aurait vécu une relation aussi furtive que torride avec l'actrice de Some like it hot, qui aimait collectionner les amants. Cet amour éphémère est longtemps resté caché jusqu'à ce que « Mister Love » lui-même accepte de révéler, en 2011, quelques détails croustillants sur leur relation. Il...


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