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Liban - Justice

Hanadi Gergès relâchée : « La liberté d’expression est sacrée »

La jeune fille de 27 ans avait publié des messages sur les réseaux sociaux s'en prenant au chef de l'État. Sa détention avait suscité une vague d'indignation.

La jeune femme à sa libération : « Je vais continuer à exercer ma liberté. » Photo ANI

Hanadi Gergès, une jeune Libanaise de 27 ans arrêtée vendredi soir pour diffusion sur les réseaux sociaux de messages s'en prenant au chef de l'État Michel Aoun et au gouvernement, a été libérée hier au Palais de justice à Tripoli, au Liban-Nord, où elle était détenue, sous caution d'élection de domicile.
« J'ai été traitée comme si j'avais commis un crime grave, mais je vais continuer à exercer ma liberté. La liberté d'expression est sacrée et tous les citoyens libanais ont le droit de l'utiliser », a déclaré la jeune fille à sa sortie, en compagnie de membres de sa famille. Elle a été accueillie par des activistes criant « Liberté pour Hanadi ».
Auparavant, les avocats de la jeune femme, Hassan Bazzi, Ali Toufaïly, Omar Hassouna et Mohammad el-Amir, avaient annoncé que « le procureur général au Liban-Nord, le juge Bassil, a décidé de libérer la jeune fille après avoir consulté son dossier, qu'il a transféré au juge pénal unique de Tripoli, qui devrait poursuivre le procès ultérieurement ».
La détention de Hanadi avait suscité une grande vague d'indignation dans le pays et notamment sur les réseaux sociaux. Même le leader druze Walid Joumblatt, chef du bloc du Rassemblement démocratique, a tweeté sur le sujet : « Combien de temps Hanadi Gergès restera-t-elle détenue ? Le Liban s'est-il transformé en république bananière ou avons-nous été contaminés par nos voisins du régime syrien ? »
L'un des avocats de Hanadi, Omar Hassouna, a déclaré qu'« il n'y a eu aucune interférence politique » en vue de sa libération. « La justice a suivi son cours, mais les choses n'auraient pas dû prendre cette tournure », a-t-il ajouté.
Pour rappel, Hanadi Gergès avait été arrêtée en raison d'un message qu'elle a publié sur les réseaux sociaux, s'en prenant au président Michel Aoun sans le nommer. Elle avait repris les paroles d'une chanson égyptienne critiquant d'un ton sarcastique le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, selon l'un des avocats de la jeune fille, Ali Toufaïly.
Ce dernier n'avait pas pu déposer de demande de libération, car la décision d'incarcérer la jeune fille a été prise tard dans la soirée de vendredi. Cette mesure a été prise en dépit du fait que les magistrats ont suspendu depuis trois semaines leurs activités pour protester contre l'impact du projet de la nouvelle grille des salaires sur leur mutuelle.
Selon Me Toufaïly, Hanadi Gergès avait été transportée du poste de police de Hobeiche, à Hamra, où elle avait passé la nuit de vendredi, au Palais de justice de Beyrouth, puis au siège du procureur général à Tripoli, au Liban-Nord, lieu de résidence de la jeune fille.
Elle n'est pas la première personne à être arrêtée pour avoir publié des messages jugés diffamatoires à l'égard de certains responsables. Selman Samaha, Bassel el-Amine, Ramzi Kadi, Ahmad Amhaz et bien d'autres avaient, eux aussi, subi le même sort que Hanadi Gergès.
Au Liban, la diffamation, la calomnie ou l'insulte à l'égard de responsables officiels relèvent du pénal. Les personnes jugées coupables d'avoir insulté le président, le drapeau ou l'emblème de la nation encourent jusqu'à deux ans de prison.

Hanadi Gergès, une jeune Libanaise de 27 ans arrêtée vendredi soir pour diffusion sur les réseaux sociaux de messages s'en prenant au chef de l'État Michel Aoun et au gouvernement, a été libérée hier au Palais de justice à Tripoli, au Liban-Nord, où elle était détenue, sous caution d'élection de domicile.« J'ai été traitée comme si j'avais commis un crime grave, mais je vais...
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