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Société - Liban

Béchara Asmar élu à la tête du conseil d'administration d'une Sécurité sociale remaniée

L’élection du patron de la CGTL, qui veut faire appliquer la loi n° 319 qui a institué un régime de retraites au Liban, suscite des inquiétudes auprès de certains acteurs du secteur privé.

Béchara Asmar élu à la tête du conseil d'administration d'une Sécurité sociale remaniée

Le siège de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS), à Beyrouth, en septembre 2023. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Depuis lundi, la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) libanaise a un nouveau conseil d’administration, une première depuis plusieurs années. Ce CA sera dirigé pendant les cinq prochaines années par nul autre que Béchara Asmar, le président de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), élu pour la première fois à ce poste en 2017, l’un des plus puissants regroupements de syndicats du pays. Une fonction qu’il ne quittera pas, a-t-il confirmé à L’Orient-Le Jour, mardi. Le Premier ministre, Nawaf Salam, l’a contacté dans la journée pour « lui souhaiter plein succès dans ses nouvelles attributions ».

L’objectif premier de l’intéressé est de faire appliquer la loi n° 319, qui a institué un régime de retraites au Liban, en plus d’améliorer les remboursements de la CNSS pour les frais d’hospitalisation et les médicaments, et de poursuivre la réouverture des antennes de l’institution dans les zones redevenues sûres au Liban-Sud, dans le sillage de la reprise de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Celles de Nabatiyé et de Tyr avaient notamment déjà rouvert avant son arrivée en poste.

Béchara Asmar aura également une mission tout aussi délicate : rassurer le secteur privé qui, pour l’instant globalement silencieux, regarde cette nomination avec une certaine anxiété. « Le secteur privé a besoin de quelqu’un qui garantisse une certaine équité, notamment pour les entreprises qui ont toujours été en règle avec leurs obligations vis-à-vis de la CNSS. Beaucoup d’entre nous ne sont pas sûrs que Béchara Asmar soit l’homme de la situation », explique une source proche de l’une des principales organisations patronales du pays.

La même source rappelle qu’à la suite de la dépréciation de la livre, qui a perdu plus de 90 % de sa valeur entre 2019 et 2023 du fait de la crise économique et financière, la CNSS réclame au secteur privé la différence, dans le calcul des indemnités de fin de service, entre le taux actuel du dollar et celui auquel les contributions ont été versées au fil des années. « Au matin de la crise, la CNSS avait l’équivalent de sept milliards de dollars en livres libanaises placés en bons du Trésor et 300 millions de dollars en devises. Cette manne s’est évaporée avec la dépréciation », résume-t-elle. Une situation jugée « insupportable » pour les entreprises, qui estiment ne pas pouvoir assumer seules le poids de la dépréciation et des erreurs de gestion de l’institution. Une autre source issue d’une organisation représentative du secteur privé, souhaitant également rester anonyme, s'inquiète de l'élection de Béchara Asmar. « Le fait qu'un représentant syndical, qui incarne quelque part la prépondérance du secteur public sur le privé, dirige le conseil d'administration de la CNSS n'est pas une bonne nouvelle », dit-elle.

Dix membres au lieu de 26

Le secteur privé ne voit cependant pas que des motifs d’inquiétude dans ce changement à la tête de la CNSS. « La nouvelle composition est bien accueillie et les représentants du secteur privé ont la confiance des chefs d’entreprise », affirme la première source précitée, tout en regrettant que la présidence du CA ne soit pas revenue à un représentant de ce secteur.

L’élection de Béchara Asmar intervient à la suite d’un important remodelage de la composition du CA destiné à fluidifier le processus de décision, comme l’explique Mohammad Karaki, directeur général de l’institution depuis 2002. L’ancien conseil, dirigé par Toubia Zakhia, était composé de 26 membres, dont 10 représentants des travailleurs, 10 du patronat et six nommés par l’État. Or, au fil du temps, une partie de ses membres ont démissionné et d’autres sont décédés, tandis que le CA était dirigé de fait par son vice-président, Ghazi Yahya, Toubia Zakhia vivant à l’étranger depuis sept ans sans avoir été démis de ses fonctions, ajoute-t-il. Des absences et des disfonctionnements qui ont pesé sur le processus de décision de la CNSS, assure Mohammad Karaki.

Le nouveau conseil d’administration ne compte que 10 membres : quatre représentants des travailleurs, quatre du patronat et deux de l’État, sans compter les suppléants, une composition « plus dynamique », selon Mohammad Karaki. Le poste de vice-président est désormais occupé par Bassam Olleik, conseiller du ministre du Travail, et celui de secrétaire par Maroun Saïkali, déjà membre de l’ancien CA. Le président de l’Association des compagnies d’assurances au Liban, Assaad Mirza, figure parmi les représentants les plus en vue du secteur privé.

Depuis lundi, la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) libanaise a un nouveau conseil d’administration, une première depuis plusieurs années. Ce CA sera dirigé pendant les cinq prochaines années par nul autre que Béchara Asmar, le président de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), élu pour la première fois à ce poste en 2017, l’un des plus puissants regroupements de syndicats du pays. Une fonction qu’il ne quittera pas, a-t-il confirmé à L’Orient-Le Jour, mardi. Le Premier ministre, Nawaf Salam, l’a contacté dans la journée pour « lui souhaiter plein succès dans ses nouvelles attributions ».L’objectif premier de l’intéressé est de faire appliquer la loi n° 319, qui a institué un régime de retraites au Liban, en plus d’améliorer les remboursements de la CNSS pour les...
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