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Grille des salaires : la décision entre les mains d'Aoun

Liban

Journée de mobilisation des militaires à la retraite et des syndicats à Beyrouth.

J.A.R. | OLJ
14/08/2017

La réunion élargie convoquée par le président Michel Aoun pour débattre une fois de plus avec différents acteurs socio-économiques des mesures devant financer la grille des salaires pour la fonction publique s'est achevée lundi après-midi au palais de Baabda sur une promesse que le chef de l'Etat prendra la décision convenable à toutes les parties concernées.

Parallèlement à cette réunion, les militaires à la retraite et les syndicats se sont mobilisés durant la journée pour protester contre certaines dispositions de la loi votée mi-juillet au Parlement.

 

Vers une signature de Aoun
Le chef de l'Etat a déclaré que "les anomalies apparues dans ces lois seront réglées conformément à la Constitution", indique le communiqué officiel publié à l'issue de la réunion. "Nous adopterons un plan qui assurera la stabilité économique et qui ira de pair avec la stabilité sécuritaire et politique", a ajouté le président Aoun.

"Le chef de l'Etat prendra la décision qui convient au vu des discussions et des points de vue exprimés par les personnes concernées", a déclaré de son côté le ministre de l'Information, Melhem Riachi, lors d'un point de presse à l'issue de la réunion élargie. "Le dossier est entre les mains du président et c'est lui qui prendra la décision", a-t-il ajouté.

"Je pense que le président Aoun se dirige vers une signature des lois votées par le Parlement", a affirmé pour sa part le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil. Selon des informations de la chaîne locale LBCI, le chef de l'Etat se dirige vers une signature de ces lois tout en proposant des amendements.

Contrairement au président de la Chambre des députés, Nabih Berry, et au Premier ministre, Saad Hariri, le président Aoun n'a pas encore signé la grille des salaires et les mesures devant la financer. Il a jusqu'au 19 août pour signer ou, le cas échéant, renvoyer les textes au Parlement pour un nouvel examen, comme le prévoit la Constitution. Pour financer la nouvelle grille des salaires, pour laquelle une ligne de crédit de 1 200 milliards de livres est prévue, une série de majorations fiscales a été adoptée par le vote d'une loi en 20 articles.

Lors de son point-presse, M. Riachi a affirmé que M. Khalil avait "donné son point de vue" sur les mesures de financement. Le ministre des Finances doit s'entretenir avec le président de la commission parlementaires des Finances, Ibrahim Kanaan, commission qui examine le projet de budget 2017 depuis le mois de mai. Les députés sont convoqués à une session plénière mercredi. Le Parlement doit plancher sur le projet de budget 2017 au cours de sa session extraordinaire, ouverte le 21 juin et qui s'achève le 16 octobre.

 

(Lire aussi : Aoun remet sur le tapis aujourd’hui le financement de la grille des salaires)

 

"Gouffre"
"Les participants à cette réunion ont débattu en profondeur et avec franchise", a noté le ministre de l'Information, indiquant qu'il y avait un "gouffre" entre les points de vue de chacun. "L'expression des différents points de vue était particulièrement utile et le résumé de la situation fait par le chef de l'Etat est fondateur pour l'étape à venir", a déclaré le ministre de la Justice, Salim Jreissati, également présent à cette réunion.

A l'ouverture de cette réunion, Michel Aoun a déclaré que cette réunion de dialogue élargie avait été organisée pour "régler avec vous les remarques exprimées après le vote de la grille et des mesures". "Certaines revendications sont justes et seront respectées. Nous avons l'intention de corriger certaines erreurs", a-t-il ajouté. "Nous allons rassembler les points de vue et les examiner afin de prendre une position adéquate sur cette question, a-t-il poursuivi. Nos moyens sont limités et la situation économique est délicate, compte tenu notamment du déficit de la balance commerciale. C'est pour cela que nous devons œuvrer pour une solution responsable et globale, a affirmé M. Aoun. Nous sommes prêts à écouter vos points de vue, à engager un vrai dialogue afin de dégager les dénominateurs communs", a-t-il indiqué.
De son côté, M. Hariri a déclaré que le gouvernement restait attaché à la grille des salaires. "Nous essayons de faire repartir la croissance, a-t-il ajouté. La situation économique est sensible et nous devons examiner les moyens pour faire repartir l'activité économique", a indiqué le chef du gouvernement libanais.
Cette réunion s'est tenue en présence du chef du gouvernement, Saad Hariri, des ministres concernés, du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, d'acteurs économiques et financiers, de représentants des syndicats de travailleurs et des professions libérales. Des représentants des écoles privées et des enseignants avaient également été conviés.

Mobilisation dans la rue
A quelques kilomètres de Baabda, les soldats à la retraite et les syndicats se sont rassemblés à Beyrouth, les uns contre la grille des salaires, les autres défendant une adoption de la loi.

Dès six heures du matin, les soldats retraités s'étaient rassemblés à l'appel du Comité national des vétérans des forces armées, devant le siège de la Banque du Liban, situé dans le quartier de Hamra, à Beyrouth, où se trouvent plusieurs ministères et devant le port de Beyrouth, pour appeler le chef de l'Etat à ne pas signer la loi et à la renvoyer au Parlement.

Les manifestants ont bloqué les routes dans ces deux secteurs et empêché les employés de la Banque du Liban et du port de Beyrouth d'entrer dans leurs bureaux. Les forces de sécurité se sont massivement déployées sur les lieux de ces manifestations.

Les organisateurs du mouvement ont prévenu qu'ils poursuivront leur mobilisation jusqu'à ce que leurs revendications soient prises en compte. Ils réclament l'indivisibilité de leurs indemnités, notamment celles revenant aux familles des soldats décédés.

A son arrivée au palais de Baabda, le ministre de la Défense, Yaacoub Sarraf, a déclaré que les militaires à la retraite "obtiendront ce qu'ils demandent".

La journée de mobilisation s'est poursuivie dans la journée avec les manifestations des syndicats devant le siège de l'Association des banques, dans le centre-ville de Beyrouth, à l'appel du Comité de coordination syndical (CCS), principal organisme ayant milité pour la cause de la grille des salaires durant six ans. 

Plusieurs fonctionnaires ont répondu à l'appel à la grève générale du CCS dans plusieurs régions du pays, notamment dans le Akkar, au Liban-Nord, à Baalbeck, dans la Békaa, et à Saïda, au Liban-Sud. Le comité demande, lui, au chef de l'Etat de signer la loi sur l'échelle des salaires. Pour rappel, l'intersyndicale avait déploré hier n'avoir pas été convié à la réunion de Baabda, menaçant d'éventuelles mesures d'escalade.

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Irene Said

Post-scriptum (P.S.)

Combien ont coûté à l'Etat ces 30 à 35 ordinateurs pour la plupart inutiles ?
Irène Saïd


Irene Said

C'est incroyable comme ces gens savent se réunir du matin au soir, tous les jours dans tous les coins du pays et sous tous les prétextes, en se faisant prendre en photo bien entendu...mais qu'en résulte-t-il en général ???

Allez, à quand la prochaine réunion, sans oublier les thermos bien brillants et les ordinateurs qui restent la plupart du temps...fermés...???

On a l'impression que tous ces gens confondent vie familiale...sociale...avec travail de "responsables" d'une Nation...
Pauvre Liban !
Irène Saïd















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