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Liban

Aoun convoque les acteurs sociaux et économiques à une réunion élargie lundi

Grille des salaires

Le chef de l'État signera la loi sur l'échelle des traitements des fonctionnaires mais peut-être pas celle des mesures fiscales pour son financement.

11/08/2017

Le président Michel Aoun, qui doit d'ici au 19 août signer les deux lois sur l'échelle des salaires dans le secteur public et les mesures fiscales devant la financer, tend à signer la première et à renvoyer peut-être la seconde au Parlement, assortie cependant d'une proposition d'amendement de certaines de ses clauses, apprend-t-on de sources informées. Celle-ci serait présentée à la Chambre par les députés de son bloc parlementaire.

Mais un éventuel renvoi, qui provoque déjà des grincements de dents dans les milieux proches du président de la Chambre, Nabih Berry, ne sera décidé qu'au terme de consultations avec les parties directement concernées aussi bien par la grille des salaires que par les nouvelles mesures fiscales. Hier, Michel Aoun a convoqué une réunion élargie de dialogue pour lundi prochain au palais de Baabda, « afin de discuter des points de litige autour des deux lois ». La réunion, prévue à 11h, se tiendra en présence du Premier ministre, Saad Hariri, des ministres concernés (Finances, Économie et Justice notamment) du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, ainsi que des représentants des organismes économiques et financiers, des travailleurs, des professions libérales, des écoles privées et publiques ainsi que des professeurs de l'Université libanaise.

 

(Lire aussi : Jreissati promet une loi pour séparer les caisses de solidarité de la grille des salaires)

 

Si le chef de l'État ne conteste pas la légitimité d'un relèvement des salaires dans le secteur public et scolaire – puisque les traitements des enseignants du privé sont alignés sur ceux des fonctionnaires –, il continue d'exprimer des inquiétudes quant à l'effet des mesures financières et fiscales adoptées pour la financer d'autant que celles-ci ont été votées en dehors du projet de budget 2017, toujours sous examen en commission parlementaire.

Michel Aoun avait contesté dès le départ, au nom du principe de l'universalité budgétaire, le vote d'une loi destinée spécifiquement à déterminer une série de mesures pour financer la grille des salaires, mais n'avait pas réussi à gagner à sa cause le camp du président de la Chambre, Nabih Berry, qui n'a pas voulu retarder l'adoption de la nouvelle grille en attendant que l'examen du projet de budget soit terminé en commissions.

Dans le communiqué par lequel il a convoqué la réunion de lundi, le chef de l'État a rappelé qu'il s'est exprimé  plusieurs reprises sur la nécessité pour le Parlement de voter la loi de budget 2017 avant ou en même temps que la loi sur la grille des salaires.

Selon ses proches, il penchait pour un renvoi de ce texte au Parlement, mais ne voulait pas prendre le risque de compromettre la mise en vigueur de la nouvelle grille. Il n'a pas lâché cette option, mais envisage une autre et ce sont les résultats des concertations de lundi qui détermineront le choix de l'une ou l'autre.

 

(Lire aussi : Michel Aoun n’a pas encore tranché)

 

 

 

L'alternative envisagée par Michel Aoun est donc la suivante : soit il renvoie la loi sur les mesures fiscales au Parlement en demandant aux députés de son bloc de proposer des amendements durant la réunion parlementaire que Nabih Berry sera tenu de convoquer pour réexaminer le texte et le voter à la majorité des deux tiers, soit il la signe. Le chef de l'État ne souhaite cependant signer le texte que si les acteurs sociaux et économiques sont d'accord sur les modifications à apporter au texte, qui feront à ce moment-là l'objet d'une proposition de loi qui sera présentée à la Chambre par le biais des députés du bloc du Changement et de la Réforme. L'idée défendue par le président et que le chef de la commission parlementaire des Finances, Ibrahim Kanaan, répète à l'envi est qu'il est possible de financer la nouvelle échelle des salaires grâce à des économies budgétaires réalisées dans le cadre de la loi des finances.

Le président du Parlement, qui a eu vent de la volonté de M. Aoun de renvoyer la loi fiscale à la Chambre et de réunir les acteurs sociaux et économiques du pays, a dépêché hier auprès de lui le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, pour tenter de l'en dissuader. Dans ses milieux, on considère que cette réunion est anticonstitutionnelle, d'autant que le Parlement a écouté les points de vue des uns et des autres, lors de l'examen de la grille des salaires en commissions.

Le chef de l'État semble réceptif aux doléances des organismes économiques et des professions libérales, notamment les magistrats, qui se plaignent de mesures non étudiées et préjudiciables. Mercredi, en recevant une délégation des organismes économiques, il avait d'ailleurs affirmé qu'il comptait prendre la décision « adéquate en prenant en considération les droits des bénéficiaires, d'une part, et la stabilité économique et financière, d'autre part », avait-il déclaré. Des propos repris dans le texte de convocation à la réunion élargie.

 

 

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Bery tus

je dois dire que le President a raison, mais comme tout au liban il faut attendre pour en voir les retombes car cela ne depends pas seulement de lui !!

d'un autre coter je voudrais dire merci a notre president qui a calmer net les ardeurs de certains de coopérer avec le regime de damas en préconisant la distanciation tel que prononce dans le discours présidentiel

Marie Claude Hélou Saadé

Il est impératif de faire usage de l’article 57 de la Constitution et de renvoyer les 2 lois au parlement pour un réexamen. Maintenir des textes inadéquats ou bricoler des amendements à des textes votés à des fins de démagogie électoraliste sans avoir au préalable planché sur une vision socioéconomique globale, opéré les coupes budgétaires nécessaires et procédé aux réformes indispensables, porterait un grave préjudice au peuple et à la Nation. Mais dans cette malheureuse république, y-a-t-il quelqu’un pour s’en soucier?

Marie Claude Hélou Saadé

Le président de la Chambre n’a pas brillé par la rigueur et la méthodologie en ce qui concerne les 2 lois fiscale et de la grille des salaires sinon on n’en serait pas là aujourd’hui. Alors maintenant que son tour est passé, qu’il laisse la place au président de la République qui a raison de plaider le principe de l’universalité budgétaire et d’appuyer son député Ibrahim Kanaan qui affirme qu'il est «possible de financer la nouvelle échelle des salaires grâce à des économies budgétaires réalisées dans le cadre de la loi de Finances». Alors, qu’attendent-ils-pour réaliser ces économies budgétaires que M. Kanaan défend avec ferveur? Qui donc a intérêt à gonfler les dépenses publiques et à s’opposer avec autant de cynisme et de duplicité à l’austérité budgétaire préconisée par le président de la Commission parlementaire des Finances? Nous tenons à le savoir. Dénoncez-les afin que le peuple les connaisse et leur retire sa confiance. Pourquoi accabler le citoyen d’impôts et risquer un dysfonctionnement létal de l’économie alors qu’une solution pourrait être à portée de main? Cela n’empêche qu’il est aberrant et irresponsable d’avoir voté cette échelle des salaires avant même d’avoir assaini l’administration ce qui, crûment, revient à demander aux citoyens qui travaillent de payer pour ceux qui ne travaillent pas ou qui travaillent en dilettante (les fictifs, les absentéistes, les redondants peu productifs, etc.)!

Irene Said

Avez-vous déjà observé un poulallier ?
Ca court dans tous les sens, ça pialle du matin au soir, ça vous pond de temps à autre un oeuf...pour ensuite piailler de plus belle !

Là, au-moins, il y a les oeufs...!!!
alors que de la part de notre gouvernement...nous n'avons que les piaillements !!!
Irène Saïd

Tabet Karim

Au royaume des aveugles, le borgne est roi. Avec de tels bandits qui nous pompent depuis 4 décennies, comment peut-on encore croire à des solutions ? L'Histoire vous prouve que pour assainir un pays, tourner la page et aller de l'avant implique un grand nettoyage de l'elite (le mot est trop noble; j'aurai plutôt dit crasse) politique. Tant que l'on ne sera pas débarrassés de cette clique-sangsue, autant croire au Père Noel et boucler ses valises. Tout le reste n'est que blablabla et rafistolage à la noix de coco.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ATTENDONS VOIR AVANT DE RIRE OU DE PLEURER...

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