Les dernières années, en fait les dernières décennies, ont inextricablement lié nos existences à la mort, du fait des guerres, de la violence et de la terreur, toutes menées au nom de la liberté, de la puissance, de la religion et de la cupidité.
Les humains livrent bataille au cancer, considéré comme la principale cause de mortalité et de morbidité. Nous nous couchons et nous levons toutefois sur fond d'effusions de sang, de destructions, de corruption. Nous poursuivons notre existence avec un tenace sentiment de tristesse, appréciant tout de même la chance d'avoir été épargnés. Nous nous efforçons de ne pas regarder autour de nous afin de survivre, faute de quoi nous pourrions aller rejoindre les rangs des victimes et des morts. Nous nous demandons : est-ce bien là la loi et l'ordre de l'humanité ? Combien de temps pourrons-nous supporter une existence aussi apocalyptique ? Pourquoi avons-nous laissé celle-ci atteindre un tel abîme ? N'est-ce là qu'une phase de notre évolution ou sommes-nous enlisés dans son cheminement ?
Nous grandissons avec des idéaux qui nous portent à croire que nous ne faisons qu'un en dépit des différences, que le genre humain devrait cesser de remuer les tombes du passé et édifier des tours pour le futur, que nous avons tous le même droit à la survie, que la vie devrait être respectée et chérie... À mon sens, rien ne saurait expliquer un tel comportement humain, sinon une maladie, un désordre génétique ou alors une malformation. Cette maladie se déclare tous les cinquante ou soixante ans, au fil de notre histoire moderne : un mal génétique qui provoque un comportement bestial et fait prévaloir l'instinct sur la raison en dépit de tout le développement et le progrès de la science, de la philosophie et des valeurs humaines ; une maladie qui nous interdit le passage de la jungle à la civilisation.
Nous avons besoin de voies nouvelles qui, des humains, feraient des semblables, de chefs capables de rétablir les droits humains fondamentaux – les valeurs, l'égalité – de leaders qui peuvent déceler la puissance dans la paix et non dans la guerre, de gérer et contrôler leur colère, de chefs dans le vrai sens du terme. Il est temps que l'on cesse de se battre à propos des portes du paradis et que l'on œuvre plutôt, dans un esprit altruiste, pour un monde meilleur. Malheureusement, de tels rêves peuvent paraître irréalistes, puisque les idéaux sont empoisonnés par les instincts. Il semble bien que le genre humain ne guérira pas de ses maux, du moment que nous ne sommes qu'un genre d'humain.
Bien que traversant une période de pessimisme, l'humanité n'a d'autre choix que de donner vie à une initiative globale capable de transcender les barrières géographiques, religieuses, économiques et politiques afin de se placer sur une trajectoire meilleure. Car ce sont toutes les vies qui comptent.
Nos lecteurs ont la parole - Dr Nabil Fuleihan
Une maladie mortelle qui a pour nom genre humain
OLJ / Par Dr Nabil Fuleihan, le 03 août 2017 à 00h00


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