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À La Une - Liban

Tirs de joie : la polémique enfle après la libération de prévenus suite à des pressions politiques

Machnouk dénonce les ingérences dans les procédures judiciaires, Jreissati dément avec véhémence.

La polémique sur la libération de prévenus, arrêtés après des tirs de joie, a enflé mardi après les déclarations la veille du ministre libanais de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, expliquant que ces individus avaient été libérés suite à des pressions politiques. Photo d'archives.

La polémique sur la libération de prévenus, arrêtés après des tirs de joie, a enflé mardi après les déclarations la veille du ministre libanais de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, expliquant que ces individus avaient été libérés suite à des pressions politiques. Le ministre de la Justice, Salim Jreissati, a démenti énergiquement ces assertions.

 

Gemayel interpelle Machnouk
"Entre 60 et 70 personnes sur 90, interpellées pour avoir participé à des tirs de joie, ont été libérées en raison de leur appartenance politique", avait déclaré M. Machnouk lors d'un entretien télévisé lundi soir.

"Est-ce que ces informations sont vraies", a tweeté mardi le chef des Kataëb, Samy Gemayel, à l'adresse du ministre.

 

 

"Oui, elles sont vraies, en raison des ingérences politiques dans les procédures judiciaires", a répondu M. Machnouk.

 

 

Samy Gemayel a alors posté sur son compte Twitter une vidéo dans laquelle il déclare qu'il était "de notre droit de savoir quels sont les responsables politiques qui ont couvert ces agissements", accusant Salim Jreissati d'avoir choisi son camp.

 

 

 

Réponse cinglante de Jreissati
Suite à cet échange, Salim Jreissati a publié un communiqué dans lequel il dénonce les propos de son collègue de l'Intérieur. "Les propos du ministre de l'Intérieur sur la libération des individus ayant tiré en l'air, décidée par la justice militaire, pour des raisons ayant trait à des pressions politiques sont faux", indique ce communiqué. "Les individus libérés l'ont été faute de preuves. Ceux qui restent en état d'arrestation sont sur le point d'être jugés", ajoute le texte. 

"La lutte contre la prolifération des armes relève de la responsabilité de tous et ne doit supporter aucune déresponsabilisation", indique le ministre, ajoutant que "la justice militaire se base sur des textes de loi précis pour juger ces tirs de joie qui ont causé la mort d'innocents, blessé plusieurs personnes et endommagés des biens".

Dans l'après-midi, le bureau du ministre de la Justice a répondu dans un deuxième communiqué aux propos de Samy Gemayel. "Nous ne comprenons pas ce que nous reproche Samy Gemayel, alors que nous sommes d'accord avec lui pour féliciter le ministre de l'Intérieur pour son courage", indique ce communiqué, tout en qualifiant M. Machnouk de "ministre et partie prenante".

En début de soirée, M. Gemayel a écrit sur son compte twitter: "Le peuple libanais est fatigué de vos pratiques contraires à la Constitution et au principe de la séparation des pouvoirs". "J'appelle le ministre Jreissati avec toute mon amitié à revoir ses pratiques et à respecter l'indépendance de la justice", a-t-il ajouté. Quelques instants auparavant, M. Jreissati avait affirmé à l'issue d'une réunion hebdomadaire du bloc du Changement et de la Réforme que s'il recevait une quelconque information sur des ingérences politiques, il dénoncerait cette situation.

Dimanche, les forces de sécurité intérieure (FSI) avaient annoncé l'arrestation de 75 personnes qui ont participé aux tirs de joie peu après l'annonce des résultats officiels de l'épreuve du brevet.

Un octogénaire avait été tué jeudi dernier dans la Békaa par une balle perdue, alors que des tirs de joie avaient eu lieu peu après l'annonce des résultats officiels. Hussein Jamaleddine, 85 ans, est décédé des suites de ses blessures après avoir été touché au niveau des poumons, alors qu'il se trouvait devant son domicile, dans la localité de Tall el-Abiad, à Baalbeck.

Plus de 25 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées pour le seul mois de juin du fait de la prolifération anarchique des armes individuelles.

 

 

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La polémique sur la libération de prévenus, arrêtés après des tirs de joie, a enflé mardi après les déclarations la veille du ministre libanais de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, expliquant que ces individus avaient été libérés suite à des pressions politiques. Le ministre de la Justice, Salim Jreissati, a démenti énergiquement ces assertions.
 
Gemayel interpelle...

commentaires (6)

C'est vraiment tout ce que nos "ministres" de l'intérieur et de la justice savent faire, rejetter la faute sur l'autre par tweets interposés ? Quelle honte ! Et pendant ce temps la justice attend...attend...et les petits et grands criminels se la coulent douce en attendant leur libération. Et notre Liban continue sa descente aux enfers de par la faute de ses propres dirigeants ! Irène Saïd

Irene Said

16 h 33, le 04 juillet 2017

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Commentaires (6)

  • C'est vraiment tout ce que nos "ministres" de l'intérieur et de la justice savent faire, rejetter la faute sur l'autre par tweets interposés ? Quelle honte ! Et pendant ce temps la justice attend...attend...et les petits et grands criminels se la coulent douce en attendant leur libération. Et notre Liban continue sa descente aux enfers de par la faute de ses propres dirigeants ! Irène Saïd

    Irene Said

    16 h 33, le 04 juillet 2017

  • tous des bandits....tous des escrocs....la honte

    Tabet Karim

    16 h 15, le 04 juillet 2017

  • L' illustration éclatante de la mise en œuvre de la règle du consensus dans les affaires publiques..

    LeRougeEtLeNoir

    15 h 23, le 04 juillet 2017

  • Avec un grand sourire nos politiciens doivent tout pardonner pour revenir en héros dans quelques mois au Parlement .

    Antoine Sabbagha

    13 h 51, le 04 juillet 2017

  • Nos politiciens véreux n'ont qu'une seule et unique options pour sauver leur honneur(?) : quitter la vie politique en prenant bien soin auparavent de renoncer à leurs émoluments, présents et à venir. On peut rêver, non ?

    Remy Martin

    13 h 30, le 04 juillet 2017

  • MA FI GHAYRONE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 19, le 04 juillet 2017

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