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Culture

Quatorze jours et huit envies

Sélection
01/07/2017

Parce que, souvent, on a envie de sortir, mais pas forcément d'aller au restaurant, et parce que la nourriture intellectuelle est aussi importante que celle des bedons, voici huit rendez-vous testés, approuvés ou qui titillent notre curiosité. Ces deux semaines, on se triture les méninges sur les frontières invisibles ou sur la monstruosité de Staline, on se promène au cimetière de Bachoura, on chine à la brocante d'arcenciel et on se soigne l'ego en lisant, avec le princier Prince en fond sonore...

Installation
Frontières invisibles / Mansion

Les frontières invisibles sont parfois plus pernicieuses que celles qui sont visibles. Cela est vrai notamment pour les villes, comme Beyrouth et Berlin, divisées, écartelées par des guerres fratricides et des checkpoints (Charlie et Mathaf) entrés dans la légende.
L'artiste visuel Andrea Monras Zoller, en collaboration avec le photographe et documentaliste Alfonso Moral, revisite l'histoire de ces deux villes avec l'aide de la designer graphique Miren Oler. Et propose à Mansion (Zokak el-Blat, à partir du 4 juillet à 19h), avec le soutien de la Fondation Heinrich Böll Stiftung, une installation qui invite à réfléchir sur les traces, les mémoires et les histoires qui persistent bien après l'abolition des frontières tangibles. En partageant des récits sur la division, cette exposition explore deux villes qui tentent de se réconcilier avec elles-mêmes et de passer outre aux frontières psychologiques. Jusqu'au 10 juillet.

Théâtre
No Demand, No Supply / Sahar Assaf

À quelques jours de l'audience, prévue le 7 juillet, de l'affaire Chez Maurice – réseau de trafic sexuel démantelé en 2016 dont les victimes étaient des réfugiées syriennes –, le Theatre Initiative, rattaché aux départements des beaux-arts et d'anglais de l'Université américaine de Beyrouth, présente la pièce No Demand/No Supply (Pas de demande, pas d'offre), en arabe avec traduction simultanée vers l'anglais.
Réalisée par Sahar Assaf, la pièce avait été présentée en avril puis début juin. Elle est construite à partir d'une série de témoignages des victimes ainsi que d'une étude effectuée par l'association Kafa contre la violence et l'exploitation. Un théâtre documentaire, dont la mission s'apparente à celle du journalisme d'investigation et qui vise à exposer les horreurs subies par ces femmes enfermées et exploitées neuf mois durant.

Visite guidée
Promenade à Bachoura / Dar el-Nimer

Une promenade dans les allées du cimetière de Bachoura. Quelle drôle d'idée, n'est-ce pas ? Mais loin de tout caractère profanateur ou morbide, la visite que propose l'espace culturel Dar el-Nimer, en parallèle à son exposition sur la calligraphie arabe, est à portée culturelle et didactique. C'est Ali Assi, maître calligraphe, qui guidera les pas des participants parmi les pierres tombales qui seront l'objet du débat. Les ornementations, les inscriptions et les dates gravées feront en effet l'objet d'une analyse détaillée de la part du guide, de même que les différentes méthodes ou coutumes employées pour glorifier les tombes. Le 11 juillet, de 10h à 12h. Point de rencontre à 9h45, devant la porte principale du cimetière. Mais il convient de réserver au mail suivant : activities@darelnimer.org

DVD
Le divan de Staline / Fanny Ardant

On connaissait l'actrice, ses accents chantants et sophistiqués, et voici qu'on découvre Fanny Ardant la réalisatrice et la scénariste, tout en finesse et subtilité. Mais aussi fermeté et sobriété, car son film Le divan de Staline est un discours implacable sur la cruauté, la torture et l'exil arbitraire en Sibérie sous le règne de l'« homme de fer », tyran inégalé au cœur de pierre, qui fit pourtant de la Russie la deuxième puissance mondiale...
Gérard Depardieu, malgré sa panse lourde, se tire honorablement d'affaire dans ce rôle odieux. Même quand il s'allonge sur un divan freudien devant sa maîtresse (admirable Emmanuelle Seigner) pour confier ses monstrueux rêves sanguinaires, maquillés de poésie lugubre. Un glaçant et grave moment de cinéma vengeur, aux plans soigneusement léchés, bien shooté, détaillé, interprété et documenté.

Recyclage artistique
La Brocante des artistes / arcenciel

Faire son marché, aujourd'hui ou demain, à la Brocante des artistes d'arcenciel, c'est s'amuser à chiner des pièces à nulle autre pareilles. Entre mobilier et art, vintage et contemporain, poésie et humour... Il s'agit, en fait, d'objets issus de vide-greniers revisités par une quarantaine d'artistes et de designers locaux en œuvres uniques. Et nouvelles. Hébergée par la villa Asseily (rue Mariam Gehchan, Achrafieh), cette 3e édition de la Brocante des artistes est encore plus foisonnante, plus fun, plus inventive que les précédentes. Normal pour un événement qui fait la promotion de la créativité libanaise, tout en encourageant le concept de l'upcycling (et par là, la réduction des déchets). Les fonds levés sont réinvestis dans le travail social de l'ONG arcenciel. Allez-y nombreux !

CD
Purple Rain Deluxe (Expanded Edition) / Prince

S'il fallait n'en retenir qu'un parmi les trente-neuf albums studio de Prince, Purple Rain serait sans aucun doute l'heureux élu. Car il y a 33 ans, le chanteur sortait l'un des disques iconiques de l'histoire de la musique et dont n'ont cessé de s'imprégner les étoiles montantes de la pop. Voilà pourquoi une réédition de cet album qui a porté Prince aux nues, composée d'inédits enregistrés entre 1983 et 1984 réunis en trois CD et un DVD, est aujourd'hui dans les bacs. Un objet luxuriant, mélodique, foutraque et précieux. Princier, en fait.

Télévision
La Akher Nafass / MTV

Le feuilleton La Akher Nafass, qui a tenu en haleine de nombreux spectateurs durant tout le mois du ramadan, touche à sa fin et l'épisode final sera diffusé demain dimanche 2 juillet sur la MTV. La fin sera-t-elle à la hauteur des attentes des téléspectateurs ? Qui triomphera finalement : la passion ou la raison ? Hazar (Carine Rizcallah), dont le monde s'est écroulé suite à la découverte de sa liaison extraconjugale, devra choisir entre d'une part le cœur et la passion, et d'autre part sa famille et ses enfants, tout en prenant en considération la mentalité traditionnelle de sa mère. D'autres sujets brûlants ont été soulevés par la scénariste héroïne de l'histoire, notamment la grossesse hors mariage, l'amour au troisième âge, la question des jeunes Palestiniens habitant au Liban mais privés de citoyenneté... Dimanche 2 juillet, sur la MTV à 20h45.

Livre
Le jour où je me suis aimé pour de vrai / Serge Marquis

C'est une sorte de conte moderne mettant en scène une singulière relation mère-fils. Elle, ironiquement baptisée Maryse Du Bonheur, est obnubilée par sa seule personne, sa réussite. Lui s'appelle Charlot. Il a 9 ans, mais l'allure d'un gosse de 6 ans, l'esprit d'une vieille âme et la dérision d'un Chaplin. Autant de facettes qui font de lui un nouveau Petit Prince. Un personnage qui pose les bonnes questions. Sur le sens de la vie, la peur de l'autre, les dérives du nombrilisme et la nécessité de lâcher prise... On ne vous en dira pas plus sur la trame de ce livre de développement personnel intitulé Le jour où je me suis aimé pour de vrai (éd. de La Martinière) du Dr. Serge Marquis (spécialiste de la santé mentale au travail au Québec). Sinon que, comme l'annonce le bandeau de couverture, c'est un « roman qui soigne l'ego ».

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