La ministre des Armées, Sylvie Goulard, a pris tout le monde de court hier, annonçant par voie de communiqué sa décision de ne « plus faire partie du gouvernement ». Joël Saget/AFP
Il ne devait être que « technique », avec quelques ajustements à la marge, mais l'annonce coup sur coup du départ de deux poids lourds du gouvernement français menacés par des enquêtes judiciaires, Richard Ferrand et Sylvie Goulard, promet un remaniement substantiel et très politique aujourd'hui.
Après la démission surprise de la ministre des Armées, qui fut adhérente du MoDem, tous les regards se portent désormais sur les deux autres membres du gouvernement issus du parti centriste : le garde des Sceaux, François Bayrou, son président-fondateur, et la ministre des Affaires européennes, Marielle de Sarnez. Le premier, qui avait rallié Emmanuel Macron en février, apportant une contribution décisive à sa victoire lors de la présidentielle, porte la toute première loi de son quinquennat, un texte emblématique sur la moralisation de la vie publique. Sa participation au gouvernement ne serait toutefois pas remise en question, selon des sources proches du MoDem. « François Bayrou a vocation à rester au gouvernement », il n'y a « aucun » problème, a lui-même assuré le Premier ministre français, Édouard Philippe, hier matin.
Sylvie Goulard a pris tout le monde de court hier, annonçant sa décision de ne « plus faire partie du gouvernement » par voie de communiqué. « Dans l'hypothèse où l'enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d'emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi », a-t-elle expliqué. Commentaire laconique de l'Élysée : « Le président a accepté sa démission et lui a indiqué qu'il respectait son choix. »Le parquet de Paris a ouvert, le 9 juin, une enquête pour « abus de confiance et recel » visant à déterminer si le MoDem avait employé des collaborateurs aux frais du Parlement européen,
où ils auraient occupé des emplois fictifs d'attachés parlementaires. Par un hasard du calendrier, l'ex-ministre Corinne Lepage a été entendue, hier, comme témoin dans cette affaire.La démission de Mme Goulard est intervenue au
lendemain de celle du ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, auquel M. Macron a demandé de quitter le gouvernement pour « briguer la présidence du groupe » La République en marche à l'Assemblée.
Le ministre démissionnaire était lui aussi fragilisé, quoique confortablement réélu aux législatives de dimanche dernier dans sa circonscription du Finistère. Mais il est toutefois visé par une enquête
préliminaire du parquet de Brest dans une affaire immobilière.
Interrogé, le ministre de la Justice a dit « respecter » la « décision personnelle » de Mme Goulard, se refusant à tout autre commentaire sur la démission de la ministre des Armées ou le sort des autres ministres MoDem, dont le sien. La question du maintien de Marielle de Sarnez au gouvernement est en revanche clairement posée. « Tout est ouvert pour moi, le gouvernement ou la présidence du groupe MoDem à l'Assemblée. Ce sont deux engagements passionnants », a-t-elle confié, hier, au Point.
Quoi qu'il en soit, l'Élysée a confirmé que le gouvernement Philippe 2 serait formé aujourd'hui. Le chef du gouvernement a levé un coin de voile sur cette nouvelle équipe, expliquant qu'il n'était « pas impossible » qu'elle comprenne de nouveaux membres venus des rangs du parti Les Républicains (droite).
Demain, se tiendra « vraisemblablement » un Conseil des ministres, selon l'Élysée, avec à l'ordre du jour la loi antiterroriste qui doit prendre le relais de l'état d'urgence. Mme Goulard ne figurera donc plus sur la photo de famille.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine