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Liban

Bourj Hammoud-Jdeidé : Un « crime écologique », s’alarme un expert

Déchets

Le fait de décharger le vieux dépotoir sauvage dans la mer sans brise-lames provoque « une pollution généralisée de la côte », estime Wilson Rizk.

S. B. | OLJ
19/06/2017

La semaine dernière a été marquée par de graves révélations sur la décharge de Bourj Hammoud-Jdeidé : d'une part, le ministre de l'Environnement Tarek Khatib a confirmé que le brise-lames projeté dans le contrat entre l'entrepreneur et le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) n'a pas été construit ; d'autre part, une vidéo qui circule sur la page Facebook de la « Lebanese Transparency Association » (LTA), avec des images aériennes de la décharge, prouve que les déchets sont jetés en pleine mer et montre bien l'absence de brise-lames.

 

 

 


La décharge de Bourj-Hammoud-Jdeidé est, avec celle de Costa Brava (Choueifate), l'un des deux sites « contrôlés » au cœur du plan gouvernemental de traitement des déchets adopté en mars 2016. Dans les deux cas, la construction de brise-lames était prévue pour, nous avait-on dit, empêcher une pollution de la mer lors de la construction de cellules pour l'enfouissement des déchets. La décharge de Bourj Hammoud, outre le fait qu'elle reçoit une partie des ordures du Mont-Liban et de Beyrouth, doit servir au traitement de l'ancien dépotoir, qui a desservi le Mont-Liban durant la guerre et a été fermé en urgence en 1997.

Wilson Rizk est l'un des experts en environnement, qui, avec Jihad Abboud, a rédigé un rapport sur cette décharge à la demande du juge, dans le cadre d'une plainte déposée par le parti Kataëb et des avocats de la société civile (et qui n'a pas encore mené à une décision de fermeture du site). Sans se référer à son rapport mais plutôt aux récentes révélations, il crie au « crime écologique ». « Lorsqu'on m'a demandé mon avis sur cette décharge, j'ai affirmé que j'étais contre les décharges côtières même en présence d'un brise-lames, qui n'est pas une garantie absolue contre la pollution de la mer, dit-il à L'Orient-Le Jour. Que serait-ce sans ce brise-lames ? »

Cet expert, qui a suivi dans les années d'après-guerre le scandale des déchets toxiques infiltrés illégalement au Liban depuis l'Italie durant les événements, souligne qu'il est plus que probable qu'une partie de ces déchets ait été enfouie dans ce dépotoir. Selon lui, des déchets potentiellement très dangereux pourraient dès lors se retrouver actuellement dans l'eau. « J'ai pleuré à la vue de ces images, dit-il. Vu les courants Sud-Nord, toute la côte va se retrouver polluée. Il aurait au moins fallu remettre à plus tard le traitement de l'ancienne décharge. »
Selon l'expert, « il est impératif que le travail soit interrompu dans les deux décharges côtières, qui sont au centre de polémiques très vastes et qui mèneront inéluctablement à la pollution de la mer ». Pour lui, « nul besoin d'analyses pour comprendre l'ampleur de la pollution, quand on sait ce que peut contenir un dépotoir sauvage et savoir que des ordures vieilles de 30 à 40 ans se retrouvent dans la mer sans traitement et sans protection ».
L'expert « incite le public à la prudence en ce qui concerne les baignades » et s'indigne « quand on parle d'une seule alternative aux décharges, à savoir les déchets dans les rues ». « Il est possible de construire des usines et, surtout, d'assurer des terrains à l'intérieur et non sur la côte, pour y enfouir les déchets inertes », conclut-il.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET PREMEDITE !

Irene Said

Monsieur Tarek el-Khatib
Messieurs les responsables du CDR

Comment peut-on en arriver à un tel degré de negligence criminelle envers notre environnement, nos côtes maritimes ainsi que la santé de la population de ce pauvre Liban ?

Monsieur Tarek el-Khatib, comment osez-vous encore porter le titre de ministre de l'environnement et sur quelle base ?
Que faites-vous de concret pour l'environnement, et surtout pour règler enfin efficacement le problème des ordures ménagères ?

Nos Libanais-responsables de ministèrs etc. possèdent-ils moins d'intelligence que les responsables des autres pays qui ont su règler ce problème depuis longtemps ?
Irène Saïd



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