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Liban

Vivre au vert n’a rien d’austère : petit mode d’emploi au cœur de la Békaa centrale...

Patrimoine

Ce qui marque de prime abord, c'est la luxuriance de Hoch el-Ghanam – comme un coin, et un air, de Toscane.

16/06/2017

L'histoire commence dans les années 20, quand, de retour du Mexique, grand-père Salim Saab, nostalgique du grand air et du mode de vie des haciendas, jette son dévolu sur la Békaa centrale. En 1943, il construit sa ferme et établit son élevage de chevaux et son projet agricole sur des milliers d'acres de terres vierges, avec en toile de fond les chaînes de l'Anti-Liban. C'est ainsi qu'est né Hoch el-Ghanam, consacré meilleur producteur de pastèques par le ministère de l'Agriculture en 1948.
L'attachement à la terre transmise de père en fils, le Hoch est devenu, depuis, la résidence d'été de quatre générations. Hormis les travaux de rénovation et de commodités modernes, et une piscine de 11 m de long et de cinq de profondeur, l'espace a conservé son cachet authentique. Cependant, avec ses jardins étagés en terrasses, il a gagné une impressionnante palette fleurie, et les arbres, qui changent de couleur au rythme des saisons, ont conquis du terrain.
C'est si beau que Faysal Khaled Saab, petit-fils de Salim Sr, décide de partager la passion pour ses terres avec ceux qui cherchent la douceur du paysage. Il offre « une expérience holistique, qui combine tous les ingrédients pour une immersion dans la nature et les traditions rurales », comme il le dit.

Quatre saisons de bonheur
Aux manettes, avec pour bagage un diplôme de l'École hôtelière de Lausanne et une décennie d'expérience aux États-Unis, en Europe et dans les pays du Golfe, Faysal Saab décide que l'espace rural n'est plus uniquement le théâtre d'une famille ou des agriculteurs. Mais un lieu rêvé pour la revalorisation de l'héritage et des produits du terroir. Dès lors, pour que les écolos puissent enfouir leur nez dans le parfum des tomates, des concombres, aubergines, fraisiers, framboisiers et autres fruitiers bio qui poussent selon les saisons, et pour se familiariser aux techniques du passé, il met en place des ateliers agroalimentaires centrés sur la fabrication de produits dits traditionnels : vinaigre de vin, confitures et marmelades, herbes aromatiques, arak, mélasse, savon, etc. Et ce sont des femmes de la région qui sont recrutées pour transmettre ce savoir-faire. Un concept qui assure une autonomie aux artisans ruraux en quête de travail décent et de sécurité, et dynamise du même coup les petites exploitations voisines chez qui on ira chercher les matières premières manquantes, les fleurs par exemple, pour la fabrication de l'eau de rose.
Les lieux révèlent d'autres surprises. Afin de découvrir le domaine, une piste cyclable de 2,4 km traverse des champs d'oliviers, d'amandiers, de vergers et d'arbres fruitiers. Un petit musée expose aussi une collection d'instruments aratoires, objets de fer et de bois, qui ont été autrefois le prolongement des mains de femmes et d'hommes qui tiraient de la terre le meilleur d'elle-même. S'inscrivant tout naturellement dans le paysage, une tente bédouine aux motifs géométriques colorés invite à se reposer à l'abri du soleil, jouer aux cartes, au trictrac ou aux échecs.
Autre coin attrayant, le sanctuaire pour animaux. Les faons qui bondissent autour des cerfs, les agneaux, les lapins, les oies et les paons à la posture orgueilleuse ne laissent pas indifférents les enfants qui accompagnent leurs parents. Ces mini-Tarzans ont d'ailleurs de quoi se réjouir : une tyrolienne de 30 mètres et de 3 mètres de haut, deux cabanes suspendues reliées par un pont de dix mètres, des toboggans et un terrain multifonctionnel pour divers jeux de ballon (foot, basket, tennis, etc.) qu'il faudrait céder parfois aux aînés !
Vivre au vert n'a rien d'austère. Faysal Saab ne refuse ni le progrès ni le confort. Après des travaux de réfection, la grange, les anciennes étables et leurs abords immédiats ont été réaménagés en un habitat autonome mis à la disposition du visiteur, qui, après une journée au vert, voudrait se préparer pour rejoindre des amis au festival de Baalbeck, ou aller dîner au bord du Berdawni à Zahlé (le domaine est situé à mi-chemin entre les deux villes). L'espace exhibe un caractère, un look, un je-ne-sais-quoi de totalement différent et personnel. Les murs décorés de vieux clichés relatent les séjours de la famille et de leurs amis. Sur des étals, à la manière des « youks » (alcôves servant autrefois aux rangements), des matelas et des édredons de toutes les couleurs reproduisent une scénographie festive. Çà et là, des coins conçus pour rappeler les traditions rurales : des lampes à huile, un garde-manger (« namlié »), un moulin à café, des objets artisanaux, des grands jarres pour stocker les olives et les tonneaux de vin. L'endroit est une invitation à retrouver une époque libanaise préservée et pure.

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