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Économie

Élections à la tête de l’ABL : les tractations se poursuivent

Finance

Le lobby bancaire a annoncé hier la tenue des élections de son conseil d'administration le 30 juin, une première depuis plus de 20 ans. Mais une rencontre entre son président actuel, Joseph Torbey, et son rival, Salim Sfeir, pourrait changer la donne.

14/06/2017

L'Association des banques du Liban (ABL) a invité son assemblée générale à élire un nouveau conseil d'administration (CA) pour les deux ans à venir le 30 juin prochain, a indiqué hier l'agence al-Markaziya. « L'actuel CA, composé de 12 membres et dirigé depuis juin 2015 par le PDG du Crédit libanais, Joseph Torbey, s'est réuni hier pour fixer la date et les modalités de cette élection », confirme à L'Orient-Le Jour une source bancaire souhaitant garder l'anonymat. « Les candidats peuvent officiellement se manifester et présenter leur programme à partir d'aujourd'hui », précise-t-elle.

Selon cette source, « la tenue d'élections à la tête de l'ABL pourrait marquer une rupture avec le fonctionnement de l'association qui choisit son CA par consensus depuis plus de 20 ans ». Le scénario de l'élection a commencé à se dessiner « il y a trois mois, lorsque que le PDG de Bank of Beirut, Salim Sfeir, également membre du CA de l'ABL, a fait part à M. Torbey de son intention de soumettre sa propre liste de candidats au vote des membres de l'association », poursuit-elle. « Cette décision a semblé en contradiction avec les projets de M. Torbey qui avait déclaré lors de la précédente réunion du CA, il y a un mois, qu'il ne remettrait pas sa candidature en jeu à moins qu'il y ait unanimité en sa faveur », ajoute encore la source.
Avant son mandat actuel, M. Torbey avait déjà dirigé l'ABL de 2001 à 2005 puis de 2009 à 2013, le règlement de l'association ne permettant pas plus de deux mandats consécutifs. Ni M. Torbey ni M. Sfeir n'étaient joignables pour répondre aux questions de L'Orient-Le Jour.

 

Réunion vendredi
Si elle semble probable, la perspective d'une élection n'est pas encore gravée dans le marbre. « À l'issue de la réunion d'hier, M. Torbey a invité les autres membres du CA à une nouvelle concertation vendredi afin de tenter de trouver un terrain d'entente entre l'impératif de stabilité qu'il défend et la volonté de M. Sfeir de réorganiser la direction de l'ABL », indique la source précitée. Selon elle, « deux scénarios sont possibles : soit un consensus est trouvé sur la liste de M. Sfeir, ce qui pourrait le cas échéant conduire l'ABL à ne pas tenir d'élections ; soit il n'y a pas de consensus et les élections auront lieu comme prévu ».

Si M. Sfeir ne devrait présenter son programme que la semaine prochaine, en cas de maintien des élections, le principal point d'achoppement entre lui et l'actuel président de l'ABL porte, selon certains observateurs, sur la représentativité du CA de l'association. Alors que ce dernier est dominé par les banques alpha – les 14 banques du Liban dont les dépôts excèdent 2 milliards de dollars –, M. Sfeir souhaiterait renforcer la participation au CA des banques de petite et moyenne tailles – qui ne comptent que trois membres au CA – ainsi que des banques étrangères – non représentées.

Mais cette volonté de changement n'est pas forcément perçue comme une nécessité par tout le secteur bancaire. « L'ABL est efficace dans sa forme actuelle », juge une autre source bancaire sous anonymat, soulignant notamment que l'association avait réussi à convaincre le gouvernement libanais de renoncer à son projet de taxe forfaitaire sur les revenus exceptionnels générés par les banques à travers l'ingénierie financière menée en 2016 avec la Banque centrale. Pour rappel, la Commission de consultation et de légifération du ministère de la Justice, sollicitée par le gouvernement, avait rendu en avril un avis négatif sur la possibilité d'adopter une taxe forfaitaire et ponctuelle sur les 5 milliards de dollars de revenus exceptionnels générés par les banques à l'issue de ces opérations d'ingénierie financière.

 

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