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Liban

Loi électorale : les détails encore loin d’être réglés

Loi électorale

Georges Adwan, Gebran Bassil, Ali Hassan Khalil et Nader Hariri se sont à nouveau réunis hier.

Yara ABI AKL | OLJ
09/06/2017

À une dizaine de jours de l'expiration du mandat de la Chambre, le 20 juin, les débats en vue d'aplanir les obstacles entravant encore la réforme électorale, sur base de la proportionnelle appliquée à 15 circonscriptions, se poursuivent.

Une nouvelle réunion qualifiée d'« importante » a ainsi regroupé hier le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, le vice-président des Forces libanaises, Georges Adwan, et Nader Hariri, directeur du cabinet du Premier ministre, Saad Hariri.

De source bien informée, on apprend que les discussions ont principalement porté sur les trois grands obstacles empêchant encore la nouvelle mouture de voir le jour. En l'occurrence, le vote des émigrés, le seuil d'éligibilité et le vote préférentiel.

Si les milieux du tandem chrétien réduisent ces détails à leur stricte dimension technique et assurent qu'ils ne sont pas de nature à dynamiter l'entente politique élargie conclue autour du principe de la proportionnelle appliquée à 15 circonscriptions, les proches de Samir Geagea n'excluent pas la possibilité d'un éventuel échec à surmonter tous les obstacles empêchant l'adoption du nouveau texte avant la séance parlementaire prévue lundi 12 juin. Celle-ci devrait être consacrée à l'examen du texte qui devrait être envoyé par le gouvernement.

Un responsable FL indique dans ce cadre à L'Orient-Le Jour que « dans quelques jours (lundi), le Parlement pourra se saisir du dossier de la législation électorale ». Et d'ajouter : « Nous tenons à ce que celle-ci soit un succès à l'actif du cabinet Hariri dans son ensemble. Mais si ce but n'est pas atteint, il faudra opter pour un vote en Conseil des ministres. »

 

(Lire aussi : Le compte à rebours avant le vide institutionnel a commencé)

 

Berry contre Bassil
Parallèlement, le CPL reste attaché à ce qu'il appelle « des garanties à même de rectifier la représentativité des chrétiens ». Pour les aounistes, il s'agit d'un droit naturel. C'est à la faveur de cette logique que Nabil Nicolas, député aouniste du Metn, a déclaré hier à l'agence al-Markaziya : « Nous ne faisons que demander nos droits les plus naturels. Si certains considèrent que ces droits sont illégitimes, ils devraient s'expliquer et nous donner des raisons valables. » « Il est intolérable de nous accuser de blocage sans explications logiques », a-t-il ajouté, assurant qu'« il y a toujours de grandes chances de conclure une entente finale au sujet de la loi électorale ».

Nabil Nicolas répondait ainsi implicitement au président de la Chambre, Nabih Berry. S'exprimant lors des audiences du mercredi tenues à Aïn el-Tiné, le chef du législatif s'était dit étonné que certaines formations mettent des bâtons dans les roues de la nouvelle loi. Une allusion aux demandes de Gebran Bassil liant la prochaine formule électorale à une entente politique élargie portant sur plusieurs points, dont notamment la consécration de la parité islamo-chrétienne dans un texte constitutionnel et le transfert de sièges.

Mais à Aïn el-Tiné, on continue à opposer un veto catégorique au package deal du chef du courant aouniste. D'aucuns expliquent cette attitude par une réaction de Nabih Berry à l'opposition de Gebran Bassil à son propre package deal proposé avant la tenue de l'élection présidentielle.

 

(Lire aussi : Les tractations se dispersent dans des enchères de dernière minute)

 

Dans une déclaration à L'OLJ, Anwar el-Khalil, député berryste de Marjeyoun-Hasbaya, estime que « ceux qui optent pour l'escalade demandent l'impossible. Et cette logique pourrait bien nous ramener à la loi de 1960 ». Rappelant que « certains ont refusé le package deal du président de la Chambre », il estime que « le pays en paie aujourd'hui le prix ». Affirmant que la priorité est à la loi électorale, M. Khalil souligne que « la logique veut que les protagonistes s'entendent d'abord sur la réforme électorale, avant de passer à l'étude des demandes des uns et des autres ».

Un responsable politique affirme à L'OLJ qu'il n'est pas question de discuter d'amendements constitutionnels lors de la session parlementaire extraordinaire, d'autant que celle-ci devrait exclusivement porter sur la loi électorale. Dans les mêmes milieux, on fait valoir que le désaccord autour du vote préférentiel persiste, notant par la même occasion qu'il ne faut pas tarder à trancher cette question une bonne fois pour toutes, d'autant que tout retard sur ce plan pourrait conduire à dépasser les délais constitutionnels. Indiquant que le recours au vote lors du prochain Conseil des ministres est envisagé, on assure, de même source, que seule l'entente élargie serait à même de régler le dossier épineux de la loi électorale.

Un observateur politique interrogé par L'OLJ insiste à son tour sur l'importance d'arriver à un accord autour de la loi électorale avant la séance du lundi. Il en va du prestige du sexennat et du gouvernement. « Si le Parlement se saisit du dossier, la présidence et le cabinet perdront la confiance populaire, dans la mesure où ils auraient échoué à respecter leurs engagements », explique-t-il.

 

 

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Honneur et Patrie

Je remercie Nabih Berry d'avoir empêché le transfert des députés maronites de Tripoli, de Baalbeck-Hermel et de la Béqaa-Ouest vers d'autres cazas. Je souhaiterais que Nabih Berry oeuvre pour transférer un député maronite du Kesrouan pour l'octroyer aux villages chrétiens de la frontière-sud.

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