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Économie

Les employés libanais de Saudi Oger manifesteront demain devant le domicile de Hariri

« Cela fait deux ans que nous vivons une tragédie dans l’indifférence générale », s’est insurgée Shahinaze Jayyad, porte-parole du collectif des employés de Saudi Oger. Photo K.O.

Les employés libanais de Saudi Oger, non payés depuis 20 mois, et leurs familles ont annoncé hier qu'ils manifesteront demain dès 19h de la place Sodeco vers la Maison du Centre, domicile du Premier ministre et chef du courant du Futur, Saad Hariri, qui détient l'entreprise BTP. Ce dernier s'est rendu hier à La Mecque pour accomplir la omra, ou petit pèlerinage. « Cela fait deux ans que nous vivons une tragédie dans l'indifférence générale », s'est insurgé Shahinaze Jayyad, porte-parole du collectif, lors d'une conférence de presse tenue au siège du Fenasol. Le syndicat apporte un soutien logistique et organisationnel au collectif.
Le collectif n'a reçu aucune réponse des principaux intéressés malgré de nombreuses sollicitations. « Nous avons adressé un courrier au Premier ministre par le biais du député Mohammad Hajjar, nous avons manifesté en mars à deux reprises sur la place Riad el-Solh, puis devant l'ambassade d'Arabie saoudite, et adressé un appel au roi Salmane ben Abdelaziz. Sans succès », s'est désolée Mme Jayyad, dont le mari, architecte d'intérieur employé par Saudi Oger depuis 2006, est toujours à Djeddah.
L'inaction des autorités libanaises est également dénoncée par les employés et leurs familles. « Aucun responsable libanais n'a accepté de nous recevoir. L'État libanais ne s'est nullement intéressé à notre cas, à l'instar du ministre des Affaires étrangères (NDLR : le chef du CPL, Gebran Bassil), qui ne se préoccupe pas du sort des employés encore coincés en Arabie saoudite », accuse Mme Jayyad. « Saudi Oger a cessé de payer les salaires d'octobre 2015 à maintenant. Il en va de même pour les indemnités de fin de service, de transport et de logement. L'entreprise a également rompu ses engagements auprès du bureau du travail saoudien en arrêtant de renouveler les titres de séjour de ses employés et de leurs proches », a-t-elle rappelé. D'autres pays, telle la France, ont intercédé en faveur de leurs ressortissants, ce qui a permis le versement en septembre 2016 des salaires de 200 employés français de Saudi Oger.
En raison de ces impayés et de leurs répercussions légales, l'entreprise BTP a confronté plusieurs milliers d'employés libanais à « une énorme crise humanitaire ». « Du fait de leur endettement, certaines familles ne sont pas autorisées à quitter le territoire saoudien et voient leurs biens saisis. D'autres ont vendu leurs maisons pour pouvoir financer le rapatriement de leurs familles », a dénoncé Mme Jayyad. « Sans renouvellement de leurs papiers, les employés se sont retrouvés en situation d'illégalité et ont vu leurs comptes bancaires gelés. Ils ne sont plus couverts par la Sécurité sociale. Certains d'entre eux sont atteints de maladies sévères et n'ont pas les moyens d'accéder aux soins, parfois très coûteux », a-t-elle expliqué. « Farouk Abdallah, employé depuis plus de 20 ans par la société, a besoin d'une greffe de foie qui coûte 140 000 dollars. Souheil Abou el-Ezz, employé depuis plus de 40 ans, est atteint d'un cancer et doit subir des séances de chimiothérapies », confie-t-elle à L'Orient-Le Jour.
Une situation qui a également entraîné de lourdes conséquences pour les enfants des employés. « Les familles ne sont plus en mesure de payer les frais de scolarité de leurs enfants », a dénoncé Mme Jayyad.

K.O.

Les employés libanais de Saudi Oger, non payés depuis 20 mois, et leurs familles ont annoncé hier qu'ils manifesteront demain dès 19h de la place Sodeco vers la Maison du Centre, domicile du Premier ministre et chef du courant du Futur, Saad Hariri, qui détient l'entreprise BTP. Ce dernier s'est rendu hier à La Mecque pour accomplir la omra, ou petit pèlerinage. « Cela fait deux ans que...
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