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Liban

Hécatombes sur les routes libanaises : la série noire se poursuit

Sécurité routière-

Dix morts et plusieurs blessés durant les deux derniers week-ends.

06/06/2017

La photo de George Frem, décapité suite à un accident de voiture des plus spectaculaires sur la route de Bahsass à Tripoli, s'est répandue dimanche et lundi comme une traînée de poudre sur les médias sociaux. En dépit des considérations éthiques portant sur la pertinence de la circulation d'une telle image, il n'en reste pas moins que le choc créé sur le moment par ce cliché a été énorme. Cependant, et à l'instar de la série noire de photos de victimes précédentes, la mort horrible de ce quadragénaire risque de sombrer dans l'oubli d'ici peu sans que personne n'ait tiré les leçons de cette tragédie. George n'est d'ailleurs pas le seul à avoir péri sur la route au cours de ce week-end. Quatre autres personnes, dont un soldat de l'armée, ont eu un destin similaire dans des accidents aux quatre coins du pays qui ont également fait une dizaine de blessés. Idem pour le week-end précédent, avec un nombre de morts et de blessés supérieur.

La folie meurtrière sur les routes semble bel et bien de retour. Pourtant, assurent les FSI, les accidents de la route ont baissé de 22 % au cours des deux dernières années, un chiffre que Ziad Akl, président de la YASA, invite à revoir à la baisse. On le sait déjà, le Liban est en tête des pays où le risque de mort derrière le volant est parmi les plus élevés, avec 20 tués en moyenne pour 100 000 conducteurs, alors qu'en Europe, on compte 7 tués pour le même nombre, selon un chiffre obtenu par l'association Kunhadi.

 

 

 


Tous les activistes et spécialistes en sécurité routière le confirment : c'est la vitesse et encore la vitesse qui reste la cause principale des accidents, surtout lorsqu'elle est combinée à un excès d'alcool. La distraction et la fatigue viennent en second lieu, mais peuvent être tout aussi fatals.

 

 

 


C'est malheureusement la vie des plus jeunes qui est généralement fauchée, la proportion d'hommes parmi les victimes étant supérieure à celle des femmes ( 70 % ), confie le directeur de l'association Kunhadi, Fadi Khoury.

Avec l'approche de l'été, les risques sont multipliés : les accidents se produisent le plus souvent à l'issue de soirées arrosées qui triplent durant cette saison propice à toutes sortes de festivités, notamment les mariages. La vitesse et les routes relativement vides à l'aube et les dimanches incitent également à la vitesse et aux excès, comme le relève une source proche des FSI.

S'il est vrai que 80 pour cent de la responsabilité des accidents incombe aux conducteurs eux-mêmes, cela ne disculpe pas pour autant l'État et les autorités publiques, bien plus préoccupés par la cuisine de la loi électorale et ses effets que par la vie des citoyens.

« L'État a un rôle primordial en matière d'éducation et de sensibilisation des Libanais qui ne sont pas suffisamment exposés à la culture de la sécurité routière, aux risques de la vitesse ou à l'importance du port de la ceinture de sécurité », note M. Khoury. Son obligation première, enchaîne M. Akl, « est de faire appliquer la loi de manière plus rigoureuse », et non seulement de se contenter de dresser des contraventions qui ont récemment décuplé. « D'ailleurs, commente M. Khoury, le problème avec le système des procès-verbaux est que ces derniers ne sont payés par le conducteur qu'un mois ou plus après l'infraction. D'où les phénomènes d'oubli de l'endroit même où l'excès de vitesse a eu lieu. S'il ne s'acquitte pas immédiatement et à chaud de sa dette, le contrevenant ne prendra jamais conscience de la lourdeur de sa faute. » Le responsable de l'ONG évoque l'époque où la sanction consistait à saisir le véhicule pendant plusieurs semaines, rendant sa récupération par le propriétaire des plus ardues.

 

 

 

 

En dépit du matraquage médiatique fait autour du nouveau code de la route qui est entré en vigueur en 2014, l'application du texte fait encore largement défaut.

La nouvelle loi prévoyait notamment la mise en place d'un conseil national et d'une commission ad hoc pour la sécurité routière, chargée de définir un plan. À ce jour, le conseil et la commission se sont réunis deux fois seulement en 2016 sans jamais avoir réussi à mettre sur pied un plan d'action, souligne le président de Kunhadi.
« La sensibilisation ne suffit pas », dit M. Akl. Il faut absolument faire appliquer la loi, notamment dans les zones rurales où les accidents sont tout aussi mortels. Une fois de plus, l'effort doit être multisectoriel et doit impliquer la participation d'un ensemble d'acteurs, dont les municipalités, conclut le président de la YASA.

 

 

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Remy Martin

EDUCATION, EDUCATION, EDUCATION. DES LE BERCEAU ... EN FAMILLE ... AU JARDIN ... EN MATERNELLE ... DANS LES ECOLES ... A L'UNIVERSITE ... DANS TOUTE LA PRESSE 365/365 ... A LA TELE ET LA RADIO IDEM ... SUR TOUS LES RESEAUX SOCIAUX ... RIEN DE MOINS !!!! On peut rever, non ?

yves kerlidou

Que dire de plus, honnêtement plus rien ne me choque dans ce domaine.Bientôt 50 ans de permis et si je devais repasser le code en France je ne l'obtiendrai pas, alors que dire au Liban ou les conducteurs ne savent même pas ce que c'est que la priorité à droite ! et j'en passe.
Tant que l'on donnera un permis dans une pochette surprise on ne peut pas s'attendre à mieux.
Souvent effectivement se sont des jeunes et comme dans tous les pays mais quand on est parent au Liban et que on leur confie une voiture puissante tant qu'à faire donnez leur une Kalachnikov le résultat sera le même! Parents vous êtes irresponsables !!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DOMMAGE ! ET DEPLORABLE !

George Khoury

nohad machnouk, lors d'une interview avec marcel ghanem, qui lui demande en toute fin d'emission apres avoir passé en revue toute la geostrategie mondiale et intergalactique, lui pose la question suivante: le traffic routier? et la reponse laconique: je suis trop occupe pour m'en occuper...bravo nohad! les croques-morts vont te decerner la medaille de l'employe de l'annee

NAUFAL SORAYA

Certaines personnes n'ont visiblement toujours pas compris...

La vitesse, et les petits enfants qui se penchent des fenëtres, etc...

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