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Moyen Orient et Monde - Conflit

Une nouvelle épidémie de choléra fait des ravages au Yémen

Selon une source autorisée au sein de l'OMS, aucun plan à moyen ou long terme ne peut être envisagé.

Une infirmière soignant un petit garçon atteint de choléra à Hodeida, le 14 mai 2017. Photo Reuters

Sur les vingt-trois provinces yéménites, dix-huit seraient touchées par une importante crise humanitaire, dont une épidémie de choléra. La capitale Sanaa serait également atteinte par cette nouvelle vague, après une première attaque, en septembre dernier.

Cette rapide propagation a été extrêmement alarmante, affirme une source médicale au sein de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à L'Orient-Le Jour. L'organisation a recensé 360 morts jusqu'à présent, et ce en un mois à peine. L'OMS explique également que près de 41 000 personnes sont suspectées d'être contaminées, avec 3 000 nouveaux cas par jour. Ces chiffres sont largement supérieurs au taux dit « habituel » et à ceux de la crise précédente : à l'époque, environ 25 000 cas avaient été recensés, rappelle cette source médicale qui s'est rendue récemment sur place et qui désire rester anonyme pour des raisons de sécurité.

Une telle hausse serait notamment due à une augmentation des précipitations et de la chaleur, ainsi qu'à la détérioration des réseaux sanitaires. Les sources d'eau potable ont également été affectées par les égouts et la pluie. Une large partie de la population n'a, par conséquent, pas accès à l'eau potable. Pour ceux qui ont cette chance, il est difficile d'assurer la qualité du précieux liquide.

Le secteur de la santé et l'organisation WASH (Water Sanitation and Hygiene) de l'Unicef tentent de contrôler la situation tant bien que mal, grâce à l'aide d'associations internationales. Ces dernières ont mis en place dans la mesure du possible des centres de traitement où des kits de décontamination ont été distribués aux familles avec un mode d'emploi strict. Il a aussi été conseillé aux habitants de boire uniquement de l'eau saine et de laver très régulièrement leurs mains avec du savon pour se prémunir contre l'infection.

 

(Lire aussi : Près de 23 500 cas de choléra au Yémen)

 

Quel corps médical ?
Le choléra est la conséquence de la contamination du corps par une bactérie qui provoque une diarrhée aiguë et une déshydratation intense. Cette bactérie s'installe dans l'intestin grêle par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés par celle-ci.

La maladie se soigne en général facilement grâce à une importante réhydratation. Mais le Yémen étant en pénurie grave d'eau potable, le nombre de cas augmente chaque jour davantage. Les hôpitaux ont été, de ce fait, rapidement saturés, sans compter que le corps médical yéménite est aujourd'hui en déliquescence, à cause des violences, certes, mais aussi en raison du non-payement des salaires.

Il faut également compter que, dans ce contexte, près de 280 centres de santé ont été détruits ou ont beaucoup de difficultés à fonctionner normalement : plus de 45 % des structures de santé ont été déclarées fonctionnelles, mais 55 % ne le sont que partiellement ou pas du tout.

 

(Lire aussi : Choléra : les rebelles appellent à l’aide internationale)

 

Depuis deux ans déjà, le Yémen est déchiré par un conflit qui oppose les forces loyalistes soutenues par une coalition arabe, menée par l'Arabie saoudite, et les milices houthies. La population civile reste la première victime des violences. Sur près de 30 millions d'habitants, environ deux tiers ont un besoin urgent d'aide humanitaire. C'est l'ouest du pays qui en pâtit le plus, comme les villes de Sanaa, de Hajjah, d'Amran, toujours selon la source médicale.

Les prévisions pour les mois à venir sont mauvaises. De manière générale, 10,3 millions d'habitants sont dans le besoin immédiat d'assistance médicale. Trois millions ont été forcés de fuir le pays et 2 millions se retrouvent avec le statut de réfugié. Pour ce qui est de l'eau potable, 14,3 millions d'habitants n'y ont pas un accès régulier, et encore moins à des installations sanitaires correctes. De plus, le pays est au bord de la famine. D'autres maladies comme le diabète et l'hypertension artérielle ont également touché la population yéménite. Les aides internationales que le pays a reçues pour l'instant ne sont clairement pas suffisantes. D'après l'OMS, seuls 17 % des fonds qui avaient été promis à WASH leur sont parvenus.

Dans ce contexte, il est à craindre que la situation empire davantage. Malheureusement, avance la source de l'OMS à L'OLJ, la situation ne peut être appréhendée qu'au jour le jour, sans aucune possibilité d'établir un plan à moyen ou long terme.

 

 

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