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La Dernière

La cuisine, retour aux sources de Yasmina Alami

Papilles
25/05/2017

De la gentillesse, du calme et de la douceur. Yasmina Alami, diplômée en 2016 de l'institut Le Cordon bleu à Londres, a tenté plusieurs filières avant de se lancer dans la cuisine, un art qu'elle maîtrise pourtant depuis longtemps.
« J'ai toujours aimé faire la cuisine. Toute petite déjà, je restais avec ma mère et ma grand-mère paternelle derrière les fourneaux. J'ai appris toutes les recettes. On dit même dans ma famille que je maîtrise désormais mieux que ma mère la technique de la sfiha tripolitaine !... Une recette que j'ai apprise de ma grand-mère », confie-t-elle.
Il n'a pas été facile pour cette jeune femme dynamique, qui vient d'une famille de médecins et d'ingénieurs, de trouver sa voie. « Je me suis inscrite à l'Université américaine de Beyrouth, j'ai fait un semestre de génie et puis j'ai changé de direction pour obtenir un double diplôme en psychologie et en sociologie », raconte-t-elle. Yasmina Alami travaille alors auprès d'organisations non gouvernementales mais elle est rapidement déçue. Car il ne s'agit pas seulement d'être solidaires des personnes qui bénéficient du soutien des ONG. Il faut lever des fonds et, souvent, les politiques adoptées sont celles de donateurs qui ne prennent pas suffisamment en compte les véritables besoins sur le terrain.
Changement de cap, alors. Elle s'envole pour Belfast, prépare durant deux ans un diplôme en psychologie politique qui la mène en Égypte pour la rédaction de sa thèse. « C'était peu après la révolution de janvier 2011. Il régnait une magnifique effervescence... Et puis plus rien. Là aussi, j'ai ressenti une grande déception. Je pensais que la révolution dépendait uniquement du peuple. Or, il existe toujours des facteurs extérieurs », souligne cette incorrigible idéaliste.
Elle décide alors de rentrer au Liban, cherchant encore une inspiration, un déclic, un chemin à suivre... « J'ai alors réalisé à quel point j'aimais la nourriture. C'est une manière de rassembler les gens. Un véhicule d'histoire et de culture ». Les idées et les objectifs plus clairs, elle s'envole pour Londres et s'inscrit à l'école Le Cordon bleu, où lui sont enseignées les techniques de la cuisine et de la pâtisserie.
« Je ne suis pas particulièrement férue de cuisine française, mais quand on maîtrise la technique, on peut tout cuisiner », dit-elle. La chef confectionne des plats libanais, asiatiques, italiens... Des pâtisseries aussi, bien évidemment. Méticuleuse, elle ne rechigne pas aux tâches difficiles, comme celle d'enrouler les feuilles de vigne farcies au riz. Au contraire, c'est un exercice qu'elle affectionne.
« La nourriture est également une identité, un terroir qui nous accompagnent partout. À Belfast, les feuilles de chou farcies de ma grand-mère me manquaient tellement que j'en ai fait avec les moyens et les ingrédients de bord ! » se souvient-elle en riant.
Yasmina Alami, qu'on peut retrouver sur sa page Instagram sous le nom de Chef_Yasmina, a deux projets pour la rentrée. Elle compte ouvrir un restaurant spécialisé dans la cuisine des produits de saison et de terroir à Achrafieh. Elle entamera également l'écriture d'un livre de recettes palestiniennes.
Pour cette jeune femme dont les parents sont originaires de Palestine, il s'agit d'un retour aux sources. Dans les camps du Liban qu'elle va écumer, elle ne compte pas uniquement recueillir les vieilles recettes du pays mais aussi les histoires qui gravitent autour. « Je sais que l'idée n'est pas nouvelle, que d'autres l'ont faite. Mais pour moi, c'est une façon de me plonger dans ma culture et de la présenter aux autres d'une façon originale. Une manière aussi de raconter l'histoire autrement. »

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