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Liban

À Tyr, Chebaa et Marjeyoun, l’ONU étudie l’impact sur les communautés hôtes

Réfugiés syriens

« Si le Libanais se porte bien, le déplacé syrien se portera bien aussi », souligne Mouïn Merhebi, en tournée avec Philippe Lazzarini.

17/05/2017

Les régions de Tyr, du Arkoub et de Marjeyoun ont été au cœur d'une visite conjointe hier du ministre d'État pour les Affaires des réfugiés, Mouïn Merhebi, et du coordonnateur spécial adjoint de l'ONU au Liban, Philippe Lazzarini. Avec, au menu de ce périple au Liban-Sud, des rencontres avec des dignitaires locaux et des visites de sites. L'objectif étant d'observer les problèmes des communautés locales hébergeant les réfugiés syriens.

« Si le Libanais se porte bien, alors les gens qui vivent avec lui, les réfugiés syriens, se porteront bien. » À chaque étape de sa tournée, Mouïn Merhebi répète inlassablement cette phrase aux nombreux élus locaux venus recevoir l'enfant du Akkar. Pour que le pays du Cèdre continue à mener à bien sa mission auprès des réfugiés syriens, la communauté internationale doit l'aider à développer ses infrastructures locales. Cela « créera des emplois », « fera tourner la roue économique » et « profitera aussi bien aux communautés hôtes que réfugiées ». Chose qu'avait réclamée le Premier ministre, Saad Hariri, à Bruxelles, en avril dernier, lors de la conférence internationale sur la crise syrienne.

Les propos du ministre sont religieusement écoutés, ceux du représentant onusien aussi. La région met tous ses espoirs dans cette visite.

 

(Pour mémoire : La ministre italienne de la Défense appelle à éviter une escalade au Sud)

 

Une infrastructure déjà chancelante
Tyr, première étape de la journée. Dans les locaux du regroupement des municipalités du caza, Hassan Dabbouk, le président, et des élus de villages avoisinants, parmi lesquels le député Abdelmajid Saleh, du bloc berryste, font part de leurs doléances. Le nombre important de réfugiés syriens met à mal l'infrastructure chancelante de tout le caza. Non seulement les crises de l'eau, de l'électricité et des ordures sont exacerbées par la présence des déplacés, vu le manque criant d'équipements, mais les réseaux d'égouts sont souvent insuffisants ou inadéquats. Et puis l'argent manque pour engager des projets de développement. « Aidez-nous à trouver des solutions », lance un notable. Ces solutions passent certes par « le respect de l'hospitalité envers les frères syriens ». Toutefois, le chômage fait rage au sein de la population locale et la main-d'œuvre syrienne représente une sérieuse concurrence. « S'ils pratiquent un travail illégalement, la loi vous autorise à les empêcher d'exercer. Utilisez vos pouvoirs », soutient M. Merhebi. Le débat enfle et se politise. Le député berryste, qui craint une « explosion sociale », se prononce pour « un retour des réfugiés dans les zones sûres de Syrie ».

Chebaa, deuxième étape. Dans l'école publique du village, l'arrivée du ministre et de la délégation qui l'accompagne perturbe les classes. Avec l'aide de l'Unicef, l'école a relevé un pari de taille. Depuis l'arrivée des réfugiés, elle a doublé sa capacité d'accueil et reçoit 1 100 élèves parmi lesquels 640 petits Syriens. Mais elle manque cruellement d'équipements et d'infrastructures. « Les locaux doivent être retapés, une aide des autorités serait la bienvenue », observe le directeur, Hatem Ghanem. La ville est aussi mal desservie et sa municipalité tente de percer une route alternative, avec l'aide des autorités espagnoles. Les fonds demeurent toutefois insuffisants. Cerise sur le gâteau, Chebaa est riche en eau de source, mais elle ne parvient pas à la stocker.

Jdeidet Marjeyoun, troisième étape, à l'issue d'une courte visite d'observation des collines de Kfarchouba. Sur un terrain municipal, un camp informel de réfugiés syriens abrite un millier de personnes. Des enfants non scolarisés jouent, indifférents aux relents nauséabonds. Aucun réseau d'eau usée n'y a été installé. Les réfugiés font leurs besoins dans la nature et leurs conditions de vie sont particulièrement dures. La municipalité de Marjeyoun craint, elle, que les nappes phréatiques ne soient contaminées, d'autant qu'elle distribue l'eau de ses trois puits à sept villages environnants.

Face à cet état des lieux, les solutions ne sont pas toujours simples. Les organisations onusiennes, HCR, Unicef et Finul en tête, redoublent d'efforts, de même que l'ESFD étatique. Philippe Lazzarini salue « la volonté du nouveau gouvernement » de trouver des solutions. Il ne reste plus qu'à mobiliser la communauté internationale...

 

Pour mémoire 

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NAUFAL SORAYA

1- Le Libanais se portera encore mieux si le réfugié syrien s'en va...
2- Il ne s'agit pas de déplacés mais de réfugiés!!! Il me semble que notre gouvernement lutte suffisamment sur ce point auprès de la communauté internationale !!!

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