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Chronique/ Sur un air de campagne

Dans le sens du vent

Les affiches de campagne du second tour d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, hier, près de Lyon. Robert Pratta/Reuters

Boum... Après la déflagration, le séisme du 23 avril dernier, on tousse. Ça pique. On se frotte les yeux. On découvre l'ampleur des dégâts. La France de demain : Macron ou Le Pen. Les Républicains sont fracassés. Les socialistes éparpillés façon puzzle. Les uns comme les autres ne sont pas encore plus rien. Les uns et les autres sont déjà presque plus grand-chose. « Les gens », comme dirait Mélenchon, ne veulent plus entendre parler du PS et de LR. De clivage gauche-droite. La réalité électorale oppose désormais en France : celle d'en bas, qui souffre et veut être protégée, à celle d'en haut, qui s'en sort et veut plus de liberté. Le FN est aux portes de l'Élysée... La faute à qui? Aux partis de gouvernement. Il y a 15 ans déjà... un Le Pen se pointait au second tour de l'élection présidentielle. Grand frisson. Il y a 15 ans déjà, on évoquait l'insécurité, le chômage, l'explosion des banlieues, l'immigration incontrôlée. Depuis 2002, les plaies ont-elles été auscultées ? Soignées ? Mieux, cautérisées ? Non. Au contraire, elles sont plus à vif que jamais. La faute à qui ? À la gauche et au PS, en particulier, qui a abandonné le peuple. À la droite en général qui n'a rien à lui envier. L'UMP puis Les Républicains n'ont fait que parler aux élites. Depuis des décennies, leurs responsables, incapables de fixer une ligne politique claire, se sont fait la guerre. Et à défaut d'être un pare-feu face au FN, ils sont devenus de vraies girouettes, changeant d'opinion, de camp, prestement et de manière intéressée. Camille Desmoulins, et non Edgar Faure, comme on le dit à tort, écrivait déjà en 1791 : « J'ai pris avec Mirabeau tantôt la trompette et tantôt le fouet (...) Ce n'est pas la girouette qui change, c'est le vent. »

Le girouettisme politique se cultive donc en France depuis des siècles. Pour s'en convaincre, il suffit de se replonger dans Le dictionnaire des girouettes paru en 1815, après l'abdication de l'Empereur et l'accession au trône de Louis XVIII. Cet ouvrage conçu tel le Guide Michelin présente les personnalités qui ont le plus changé d'avis, de doctrine ou d'engagement au cours de leur carrière politique... Les vedettes de l'époque sont, sans contredit, Fouché et Talleyrand. Comme leurs prédécesseurs, les Bayrou et Dupont-Aignan ont donc toutes leurs chances de s'inscrire dans l'histoire. Les Juppé, Baroin, Raffarin ou Estrosi aussi. Car si ces derniers croient à la revanche lors des législatives des 11 et 18 juin, comment expliqueront-ils aux électeurs, alors qu'ils appellent aujourd'hui à voter Macron, tout le mal qu'ils pensent de lui au matin du 8 mai ? Soit ils prennent les électeurs pour des girouettes. Soit ils pensent, comme le disait un certain Jacques Chirac, qu'« il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... ».

 

 

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Boum... Après la déflagration, le séisme du 23 avril dernier, on tousse. Ça pique. On se frotte les yeux. On découvre l'ampleur des dégâts. La France de demain : Macron ou Le Pen. Les Républicains sont fracassés. Les socialistes éparpillés façon puzzle. Les uns comme les autres ne sont pas encore plus rien. Les uns et les autres sont déjà presque plus grand-chose. « Les...

commentaires (1)

Confondre le politique avec le père Noël ( là pour répondre aux attentes) et la politique avec l'esprit des girouettes illustre la faiblesse d'une analyse critique qui prospère loin de la nature politique qui se façonne dans les débats et les disputes à l'œuvre, au risque d'une guerre civile qui affleure toujours en France!

Beauchard Jacques

12 h 23, le 02 mai 2017

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Commentaires (1)

  • Confondre le politique avec le père Noël ( là pour répondre aux attentes) et la politique avec l'esprit des girouettes illustre la faiblesse d'une analyse critique qui prospère loin de la nature politique qui se façonne dans les débats et les disputes à l'œuvre, au risque d'une guerre civile qui affleure toujours en France!

    Beauchard Jacques

    12 h 23, le 02 mai 2017