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Économie

CNSS : Les syndicats manifestent, l’État temporise

Social

Les employés de la CNSS demandent le retrait de deux mesures du projet de budget qui menacent selon eux la stabilité financière de l'institution.

26/04/2017

Quelques centaines de personnes répondant à l'appel du syndicat des employés de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) et de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL) se sont rassemblées hier place Riad el-Solh, au centre-ville de Beyrouth, tandis que plusieurs antennes de l'institution ont fermé dans tout le pays. Appuyés par la direction de la CNSS ainsi que par certaines organisations syndicales – dont l'Union nationale des syndicats des travailleurs (Fenasol) –, les manifestants ont dénoncé l'introduction dans le projet de budget 2017 de deux mesures qui portent, selon eux, préjudice à la stabilité financière de l'institution.

« La première (article 53) de ces mesures limite la liste des démarches administratives pour lesquelles les assurés sont obligés d'obtenir un quitus de la CNSS, ce qui nous prive de notre principal outil pour contrôler que les assurés sont à jour dans le paiement de leurs cotisations », rappelle à L'Orient-Le Jour le directeur de l'institution, Mohammad Karaki. « La seconde (article 67) veut supprimer les intérêts de retard sur les créances de la CNSS vis-à-vis de l'État », poursuit-il. Selon lui, l'État doit près de 2 000 milliards de livres d'arriérés de cotisations (1,3 milliard de dollars) à la CNSS à fin décembre, tandis que l'institution est obligée d'emprunter à un taux d'intérêt annuel d'environ 5 % pour pouvoir continuer d'assurer ses prestations. Un effort qui lui coûte environ « 100 milliards de livres (66,1 millions de dollars) en intérêts chaque année », selon lui.

 

(Lire aussi : Le projet de budget table sur une légère baisse du déficit en 2017)

 

« Menaces sur l'équilibre financier »
Pour rappel, le syndicat des employés de la CNSS avait déjà critiqué, dans un communiqué publié le 5 avril, les deux mesures détaillées par M. Karaki. Ces dernières ont été introduites respectivement par les articles 53 et 67 dans la dernière mouture du projet de budget pour 2017. Finalisé le 27 mars par le Conseil des ministres, le texte a été transmis le 12 avril au Parlement et est examiné depuis hier par la commission des Finances et du Budget.

Selon M. Karaki, l'adoption des deux dispositions menacerait « l'équilibre financier de l'ensemble de la CNSS », toutes branches confondues (indemnités de fin de service, allocations familiales, assurance-maladie). Il note cependant que malgré la situation actuelle, « l'institution est toujours en mesure de continuer à verser ses prestations à près de 1,4 million de bénéficiaires », et appelle l'État à accélérer le paiement de ses arriérés.

Un constat qui est partagé par les organisations syndicales. « Ces deux articles ne passeront pas », a ainsi prévenu le président de la CGTL, Béchara Asmar, qui a participé à la manifestation à Beyrouth. « Nous avons informé l'ensemble des parties concernées que nous envisageons toutes les possibilités, même une grève générale », a-t-il ajouté. M. Asmar a également déclaré avoir envoyé un courrier lundi au président de la République, Michel Aoun, au président du Parlement, Nabih Berry, ainsi qu'au Premier ministre, Saad Hariri, afin d'exposer les critiques des manifestants vis-à vis de ces mesures, soulignant que « la stabilité sociale était aussi importante que la stabilité économique ou monétaire ». Selon lui, le courrier aurait été « relayé par M. Berry » aux parties impliquées dans l'examen du projet de budget.

De fait, le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, et le président de la commission parlementaire des Finances, Ibrahim Kanaan, ont tous les deux tenté de calmer les inquiétudes des manifestants. M. Khalil s'est engagé à « reconsidérer l'article 53 » et a assuré que « les droits (de l'institution) seraient garantis », à travers deux messages publiés sur son compte Twitter. M. Kanaan a, lui, déclaré à l'issue de la réunion de la commission des Finances que les droits des assurés étaient « sacrés ».

Des déclarations rassurantes, estiment les représentant syndicaux à l'origine de la manifestation. « La mobilisation est suspendue jusqu'à nouvel ordre, le temps de voir si les deux articles vont vraiment être supprimés du projet de budget », confirme à L'Orient-Le Jour le secrétaire adjoint du syndicat des employés de la CNSS, Sadek Alaouiyé.

 

Pour mémoire 

La CNSS et ses employés dénoncent deux articles du projet de budget 2017

Le projet de budget enfin au Parlement

« Pourquoi ne pas consacrer les budgets des barrages au financement de l’échelle des salaires ? »

 

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