La Dernière

Karim Bibi, la cuisine qui sort du cœur

Papilles
20/04/2017


« J'ai toujours su, même quand j'étais encore étudiant en histoire à l'Université américaine de Beyrouth (AUB), que je ferais un jour une autre spécialisation », raconte Karim Bibi, chef et food consultant.
Tous les samedis, depuis plus de six mois, on peut retrouver Karim Bibi à Souk el-Tayeb, au centre-ville de Beyrouth, où il propose deux plats aux champignons, dont des ravioles qu'il fait revenir dans de l'huile d'olive.
« Pour moi, les champignons sont beaucoup plus un produit animal que végétal et toute ma vie j'ai aimé cuisiner des pâtes. Elles ressemblent, quand elles sont sur le feu, aux cheveux des femmes blondes », estime-t-il.
Karim Bibi rêvait de devenir écrivain. Après sa licence d'histoire, il travaille dans le domaine de la publicité et du copywriting. Il passe ainsi cinq ans à Dubaï et c'est là qu'il découvre son amour pour la cuisine. « Les jours de congé, tous mes amis se retrouvaient chez moi. Je me levais dès 5 heures du matin pour préparer. Tout le monde était content. Avec la cuisine, on ne peut jamais faire d'erreurs. La cuisine sort du cœur et tout dépend de l'intention qu'on a. Et quand on est bien intentionné, c'est impossible d'avoir de mauvais résultats », dit-il.
Après Dubaï, il retourne pour un bout de temps au Liban, décroche un contrat en Arabie saoudite, y reste sept ans.
« C'est en partant en Arabie que j'ai su que je deviendrais chef, que je plaquerais tout pour réaliser mon rêve. D'ailleurs, le salaire qu'on m'offrait me permettait de suivre des cours auprès de la plus importante école de cuisine de New York, l'International Culinary Center », dit-il.
Lors de son séjour dans le royaume des Saoud, Karim continue à cuisiner pour ses amis. Il s'imprègne de saveurs, goûts et parfums en effectuant des voyages culinaires en France, en Italie et en Californie. « La Californie est synonyme de fraîcheur et l'Italie m'a appris que le goût délicieux d'un plat vient de la simplicité de sa préparation », raconte-t-il.
Le rêve a dû attendre sept ans, le temps que Karim Bibi achète une maison au Liban, assure en quelque sorte son avenir dans son pays natal. Il passe un an aux États-Unis, retourne au bercail et entame sa carrière de chef et de food consultant. Durant un an, il est chef de partie au restaurant La petite maison, à l'hôtel Vendôme. Il enchaîne les postes de responsabilité dans des entreprises culinaires dont Meat the Fish et, en même temps, il devient chef privé et prend des consultations pour plusieurs restaurants. « Je ne fais pas du catering, les clients m'appellent pour des événements et je prépare la moitié du menu dans leur cuisine », explique-t-il.
Aujourd'hui, Karim Bibi se prépare à ouvrir son propre restaurant, qu'il baptisera Beroe, du nom d'une nymphe phénicienne, fille d'Adonis et d'Aphrodite, qui, à l'époque hellénistique, était la nymphe de Beyrouth.
Pour le jeune chef, sa Beyrouth natale reste sa ville préférée. En cuisine aussi, son plat libanais préféré est un plat beyrouthin par excellence, la kebbé arnabiyé. « J'aime le chaos poétique de cette ville... Et, avec mes voyages, mon sentiment d'appartenance à Beyrouth n'a fait que grandir », souligne-t-il en conclusion.

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