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Économie - Commerce

Trump veut mettre la pression sur les pays « tricheurs »

« Nous allons défendre notre industrie et créer, enfin, des conditions équitables pour les travailleurs américains », lance le président US en présentant deux décrets visant à désigner les causes et les responsables du déficit américain.

« Nous allons défendre notre industrie et créer, enfin, des conditions équitables pour les travailleurs américains », a déclaré le président américain Donald Trump, depuis le bureau Ovale, en présentant deux décrets visant à désigner les causes et les responsables du déficit américain. Photo AFP / SAUL LOEB

Affichant sa volonté de s'attaquer au déficit commercial des États-Unis, Donald Trump a demandé hier à son administration de recenser les pays qui « trichent » avec les règles en place mais aussi de proposer toutes les évolutions nécessaires pour « protéger » l'industrie américaine.

« Nous allons défendre notre industrie et créer, enfin, des conditions équitables pour les travailleurs américains », a-t-il déclaré depuis le bureau Ovale en présentant deux décrets visant à désigner les causes et les responsables du déficit américain.
« Année après année, décennie après décennie, déficits commerciaux après déficits commerciaux (...) des milliers d'usines ont été volées de notre pays », a-t-il ajouté.

L'administration Trump a opté pour un changement radical en matière commerciale, envisageant de dénoncer plusieurs accords de libre-échange, aussi bien régionaux comme l'Alena que mondiaux, ou de réformer l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la structure multilatérale chargée de libéraliser les échanges commerciaux. « Nous allons corriger ces mauvais accords de libre-échange, il est temps », a déclaré M. Trump depuis le bureau Ovale.

Pour le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, chargé de ce vaste réexamen, ces décrets marquent « le début d'un chapitre complètement nouveau dans les relations commerciales avec nos partenaires à travers le monde ». Selon ce dernier, l'objectif est d'aboutir, d'ici à 90 jours, à une liste « pays par pays, produit par produit » qui devra identifier les cas de « triche », mais aussi d'accords de libre-échange qui n'ont pas tenu leurs promesses ou encore des règlements non respectés. Toujours selon lui, les pays potentiellement visés sont la Chine, l'Allemagne, le Japon, le Mexique, l'Irlande, le Vietnam, l'Italie, la Corée du Sud, la Malaisie, l'Inde, la Thaïlande, la France, la Suisse, Taïwan, l'Indonésie, le Mexique ou le Canada.

Mais être désigné ne signifie pas nécessairement que des mesures de représailles seront prises. « Dans certains cas, cela sera simplement qu'ils sont meilleurs que nous pour produire tel ou tel produit ou qu'ils peuvent le produire moins cher », a-t-il expliqué.

Ces décrets ont été présentés à quelques jours de la première rencontre très attendue entre M. Trump et son homologue chinois Xi Jinping, en Floride. D'un tweet jeudi soir, M. Trump a prévenu que la rencontre serait « très difficile ». « Nous ne pouvons plus avoir d'énormes déficits commerciaux (...) et des pertes d'emplois », a-t-il mis en garde.

 

(Lire aussi : Comment le monde a changé au G20 de Baden-Baden ?)

 

« Guerre à la Vespa »
Illustrant cette ligne américaine dure sur le commerce, la Maison-Blanche a donné l'exemple du secteur de la sidérurgie dans lequel, selon elle, des groupes européens ou asiatiques pratiquent du dumping, ce qui est nuisible pour l'industrie américaine. L'administration Obama avait entamé une procédure pour instaurer des droits antidumping sur certaines importations d'acier en 2016.

L'Allemagne a très vivement réagi : « Je ne peux que prendre connaissance avec une grande incompréhension de la décision du ministère américain de l'Économie d'une procédure antidumping contre Salzgitter et Dillinger Hütte », deux sidérurgistes allemands, a dit le ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, parlant d'une « étape dangereuse ».

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a souligné hier « l'extrême importance » de travailler avec l'administration Trump sur le dossier commercial en évitant de dramatiser les dernières annonces américaines. « Nous allons travailler ensemble pour améliorer ce qui est notre objectif fondamental et commun », c'est-à-dire dégager de la croissance « pour la classe moyenne », a-t-il dit.

Le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni s'est aussi ému hier matin, déclarant qu'il fallait « réaffirmer notre confiance dans des économies et des sociétés ouvertes, sur laquelle nous avons bâti des décennies de prospérité », alors que la presse italienne s'indignait que « Trump déclare la guerre à la Vespa », selon les mots du journal Il Messaggero. Il faudra « prendre une position claire sur un sujet sur lequel il ne peut pas y avoir d'ambiguïté », lors d'une réunion du G7 fin mai en Italie, a déclaré M. Gentiloni.

Lors de la réunion des ministres des Finances du G20 mi-mars à Baden-Baden (Allemagne), les États-Unis ont ainsi imposé un virage historique à ce groupe des pays les plus puissants du monde en bloquant toute condamnation du protectionnisme dans le communiqué final.

 

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DU FIL A RETORDRE POUR TOUT LE MONDE...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

07 h 36, le 01 avril 2017

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  • DU FIL A RETORDRE POUR TOUT LE MONDE...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    07 h 36, le 01 avril 2017

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