Donald Trump et Paul Ryan, le speaker de la Chambre des représentants, ont subi une lourde défaite politique la semaine dernière quand ils ont dû admettre que leur projet de réforme du système de santé buterait sur l'hostilité d'une majorité de parlementaires, parmi lesquels un nombre non négligeable de républicains. Le projet n'a même pas été soumis au vote. Cela semble très étonnant car le Parti républicain a une majorité confortable (237 sur 430). Ce résultat montre l'influence des caucus, ces groupes de parlementaires qui s'assemblent en fonction de leurs affinités idéologiques.
Pour faire simple, chaque parti a un caucus majoritaire qui est au centre de son spectre idéologique et deux autres caucus, l'un à droite, l'autre à gauche.
Dernièrement, les caucus les plus influents ont été ceux associés au Tea Party, la frange droitière du Parti républicain (Liberty Caucus et Freedom Caucus). Ils comptent une quarantaine de membres, un nombre suffisant pour remettre en cause la majorité républicaine. C'est leur opposition qui a causé le retrait de la réforme de la santé.
Après sa défaite, Trump a suggéré qu'il pourrait à l'avenir chercher à obtenir l'alliance de démocrates pour passer outre à l'opposition du Freedom Caucus. Malheureusement, l'arithmétique n'est pas en faveur de cette stratégie. La polarisation des circonscriptions assure aux républicains la majorité à la Chambre, mais la contrepartie est qu'il n'y a qu'un faible nombre de démocrates centristes (les Blue Dogs) qui seraient prêts à des alliances bipartisanes. Une alliance entre républicains hors Tea Party et Blue Dogs ne réunirait que 213 membres, au-dessous de la majorité absolue. Au Sénat, il semble que les possibilités d'alliance soient plus prometteuses.
Si Trump et Ryan ne peuvent finalement pas se passer de l'appui du Freedom Caucus, cela signifie que tous les futurs projets de loi devront tenir compte pour partie des valeurs centrales de ces élus, dont la rigueur fiscale et l'anti-étatisme. Cela compromet en partie certains des éléments des Trumponomics, tels que la relance budgétaire.
Baisser les impôts, c'est possible, mais s'il faut pour faire voter ces baisses envisager des mesures compensatrices, l'effet net sur l'économie risque de s'en trouver dilué.
Cet article est réalisé par Fidus


