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Économie

Imbroglio au sujet de l’accord commercial libano-égyptien

Liban - Agriculture
S.Ro. | OLJ
16/03/2017

Le président de l'Association des agriculteurs (AA), Antoine Hoyek, a dénoncé hier dans un communiqué l'annulation de l'accord commercial libano-égyptien de 1998 qui limite l'importation de nombreux produits égyptiens. Une information que le ministère de l'Économie a ensuite démentie auprès de L'Orient-Le Jour.
« Durant une réunion organisée par le ministère de l'Agriculture avant-hier, la direction générale du ministère de l'Économie et le ministre (Raed Khoury) lui-même ont confirmé qu'ils étaient d'accord avec la demande égyptienne d'annuler l'accord d'échange commercial entre le Liban et l'Égypte », indique le communiqué de l'Association des agriculteurs.
Cet accord interdit l'importation de nombreux produits agricoles égyptiens, dont la pomme ou l'huile d'olive, et limite à des périodes précises de l'année l'importation d'autres produits (oignons, pommes de terre...). Il s'applique également à plusieurs produits libanais exportés vers l'Égypte.
Problème : selon une source au sein du ministère de l'Économie, l'accord est caduc aux yeux des Égyptiens depuis plus de six ans. Le 19 juillet 2010, une lettre que L'Orient-Le Jour a pu consulter a été envoyée au ministre de l'Économie et du Commerce de l'époque, Mohammad Safadi, par le ministre égyptien du Commerce et de l'Industrie, Rachid Mohammad Rachid. « La commission mixte libano-égyptienne, lors de sa réunion de janvier 2010 à Beyrouth, a recommandé l'annulation de l'accord de soutien aux échanges commerciaux entre les deux pays signé le 10/9/1998, et cela à partir du 1/1/2011 », précise le document. À cette date, les dispositions de l'accord de libre-échange arabe (Gafta), entré en vigueur en 2005, devaient être substituées à l'accord annulé.
« Les deux parties avaient le droit de se retirer de l'accord avec six mois de préavis, ce qui l'annule de fait », explique la source ministérielle. Selon elle, « le gouvernement cherche aujourd'hui à trouver d'autres moyens pour protéger son agriculture dans le cadre du Gafta, qui permet la mise en place de mesures protectionnistes en cas de déséquilibres des échanges ». En 2016, le Liban a enregistré un déficit commercial bilatéral de 716 millions de dollars, d'après les chiffres des douanes. La protection de l'agriculture libanaise sera d'ailleurs discutée la semaine prochaine au Caire, lors de la prochaine réunion de la commission mixte libano-égyptienne, en présence du Premier ministre Saad Hariri.
Pourtant, dans les faits, l'accord commercial libano-égyptien est toujours appliqué, rappelle M. Hoyek : « Par exemple, le ministre de l'Agriculture, Ghazi Zeaïter, a affirmé mi-février que les autorités égyptiennes allaient limiter les exportations de pommes de terre vers le Liban à 50 000 tonnes entre février et mars, ce qui correspond à la période spécifiée par l'accord. » « Les importations de pommes de terre sont aujourd'hui régies par accords verbaux entre l'Égypte et le Liban, et non par l'accord de 1998 », assure cependant la source du ministère de l'Économie. L'Association des agriculteurs n'est pas convaincue : « Nous ferons descendre tous les agriculteurs et éleveurs dans la rue pour manifester si l'accord original est annulé dans les faits », soutient M. Hoyek.

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George Khoury

Accord verbal?!?!? Je me marre
L'accord quand il est signe, on nous dis d'aller le tremper et boire son jus....
On nage en pleine bananeraie, ensuite y'a un precipice et la bas il y aura une plus grande bananeraie...ahla balad bel 3alam

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