Bientôt, les ressources fossiles – le pétrole, le charbon, le gaz naturel – brûleraient leur flamme finale sur terre. Et, bientôt, l'homme ferait face à un traumatisme économique, technologique et social énorme, car le défi énergétique ne peut surtout pas être un enjeu négligé. Cependant, les scientifiques, depuis la nuit des temps, viennent toujours réveiller l'oreille aveugle de la société. Aujourd'hui, leur seuil de recherche dépasse les mers et les océans. Pourquoi ? Pour leurs algues...
Le potentiel énergétique des algues étant assez large, l'idée consiste à les cultiver soigneusement afin d'en extraire leur huile. Nous nommerons donc cette dernière « algocarburant », notre troisième génération de diesel, après le pétrole et le biocarburant. Mais l'idée porte des horizons surprenants, d'autant que les algues se reproduisent trente fois plus rapidement que les autres plantes, et que leurs rendements sont beaucoup plus importants.
Une usine d'algocarburant n'est pas toujours nécessaire, car, si nous souhaitons produire en masse, nous pouvons cultiver les algues en plein air. Tel est le cas de Chiclana, la ville espagnole, là où tous les camions circulent grâce à l'énergie de ces végétaux. Et le prix ? Moins qu'un euro le litre ! Les frais ne demeurent plus vraiment, à ce stade, un obstacle.
Alors a-t-on besoin de se déplacer en camion pour profiter des ressources algales ? Pas vraiment, car les firmes Toyota et Saphirre Energy ont considéré la création d'une voiture à l'exemple de ces camions : l'Algaeus. Sa faible consommation de 63,7 km/L lui permit en septembre 2009 de traverser les États-Unis d'Amérique (5 150 km environ) ne consommant que 95 litres d'algocarburant ! L'automobile joint alors l'élégance d'une voiture moderne à l'intelligence environnementale fondamentale.
En gros, en optimisant les besoins des cultures, nous serons capables de fabriquer de grandes quantités d'algocarburant dont le prix ne devrait pas être élevé, et dont, en parallèle, l'efficacité pourrait être remarquable. Imaginons donc, peut-être, l'Algaeus placée à Chiclana ? Probablement serait-ce une porte vers la troisième révolution énergétique, pouvant éliminer le risque que les stocks de pétrole se vident, et celui lié à la pollution induite par les hydrocarbures. Franchement, il est temps de repenser notre avenir, car si, dans le futur proche, nous ne voyons pas une technologie de voitures alimentées par les algues, pouvant effectuer le tour des États-Unis en ne payant que 95 €, ou du Liban ne consommant que 4 €, nous saurons que nous n'avons plus le droit de blâmer les ressources – supposées insuffisantes – de mère Nature.
Jean-Paul KHAIRALLAH
– La Mission du futur


"La Mission du Futur", celle de l'ex-Naccache ?
12 h 41, le 11 mars 2017